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Critique du Film : Sleepy Hollow

Avis critique rédigé par Gil P. le mardi 15 avril 2003 à 00:00

Un cavalier sans tête pour une leçon de cinéma...

Un gothisme viscéral
Chez Tim Burton, ce qui frappe en premier, c'est la noirceur des idées. Longtemps déconsidéré chez Disney, car ses inspirations ne pouvaient servir à créer des dessins animés pour enfants, le réalisateur a trouvé sa place dans un cinéma inspiré, très emporté et noir. Un gothisme évident, presque naïf qui semble l'avoir longtemps éloigné du succès aux Etats-Unis, tandis que son talent a tout de suite été reconnu en Europe, ce qui lui vaut une juste renommée.
Les studios n'ont d'abord pas su quoi lui confier. Puis Beetlejuice a été un choix évident. Dans Sleepy Hollow, Tim Burton s'en donne à coeur joie dans le ténébreux, la sorcellerie mais aussi l'enquête de police "scientifique". Le film entièrement tourné en studio (comme à son habitude) est une réussite visuelle et rythmique dans une ambiance noire reprenant bien l'obscurantisme de la fin du 19ème siècle. Les tons choisis pour l'image, principalement noirs et délavés sombre accompagnent ce thème à la perfection. Les thèmatiques habituelles, détournées
Le héros, figure pale, cheveux et yeux noirs, est un jeune enquêteur inexpérimenté qui a des idées novatrices sur la manière de mener les enquêtes (investigations, faits scientifiques...). Son arrivée au village de Sleepy Hollow est pour ses supérieurs une manière de l'éloigner de New York, de le punir. On est assez loin des enquêtes confiées dans les thrillers à de jeunes prodiges, bien que la couardise et les idées bien scientifiques du personnage soient bouleversées par l'arrivée du fantastique dans sa sphère de pensée.
La conspiration imaginée en premier lieu bien qu'existante, n'est pas le moteur des meurtres perpétrés. Le pouvoir de ce village est entièrement vérolé mais c'est l'argent, toujours lui, qui provoque tout ce remue-ménage. Si vous ajoutez à cela que l'héroïne se révèle être une sorcière, que le cavalier élimine des familles entières (femmes et enfants inclus), vous vous retrouvez avec une romance bancale (un policier et une sorcière ?), une double conspiration dont l'un des membres en sait plus que tous les autres, un film violent sans l'être à outrance. D'une série de faits très hollywoodiens, on transforme en deux idées visuelles et trois détails morbides un blockbuster ultra-classique en merveilleux film d'auteur à très gros budget.Les stars et le cinéma au service de Tim Burton.
De Christopher Lee (Dracula) à Martin Landau (Ed Wood) en passant par Christina Ricci (La Famille Addams) et Johnny Depp (Edward aux mains d'argent, Ed Wood), tous les acteurs ont collaboré à divers niveaux (de l'apparition au rôle majeur). L'ensemble des acteurs (Ian McDarmid, Richard..., Christopher Walken) sont issu d'un cinéma différent, des films fantastiques bien sûr mais pas seulement.
Hollywood a été à la fois le bienfaiteur et le couperet de l'ensemble de ce casting. Lorsque Tim Burton ne faisait pas assez américain (au sens assez exploitable aux Etats-Unis), ces films étaient déconsidérés. Ce n'est pas sa faute s'il ne peut voir le public comme une entité vide de toute réflexion et consommant du pop corn entre les scènes d'action... Il l'a pu et l'a montré dans La Planète des Singes : sans âme, le film est assez vide hors de l'action qui marche tout de même très bien.
Avant cela, l'auteur a fait Sleepy Hollow, un film dont le thème est décidément à double tonalité. Si le spectateur imagine Burton en lieu et place de son jeune héros et voit le village comme le Hollywood moderne, la critique au système est évidente. Il y a quelque chose de pourri dans cette organisation de studio qui ne met pas son argent au service de l'art mais trouve de bon metteurs qui rapporteront efficacement de l'argent. Le cinéma marketting tue le cinéma et Tim Burton proposait de le renouveler (Edward aux mains d'argent), devant tant de refus et l'impossibilité de gagner suffisamment pour être reconnu par le système Tim Burton trouve avec Sleepy Hollow le moyen de tronçonner dans le vif, le film a été un franc succès mais les critiques adressées aux studios n'ont jamais été comprises par le public américain. Une fronde inutile ? Pas tant que cela. Le cinéma de ces dernières années et particulièrement le cinéma fantastique a quitté pour une bonne part la voie d'Armageddon pour s'engager dans les double sens et les questions métaphysiques (Cube, Matrix...).

75

Plein du gothisme sur lequel Tim Burton a bâti son imaginaire, le film illustre la virtuosité en frôlant les thèmes hollywoodiens comme jamais l'auteur ne l'avait fait. Peut-être est-ce une explication de son succès.

Critique de publiée le 15 avril 2003.

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