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Critique du Film : Sleepy Hollow
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Critique du Film : Sleepy Hollow

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 27 janvier 2006 à 0944

Burton résuscite la Hammer Films

Dans la petite communauté d’origine batave de Sleepy Hollow, une série de meurtres inexpliqués mettent la population en émoi. Par superstition, les habitants attribuent ces crimes au fantôme d’un mercenaire allemand qui a écumé la région une vingtaine d’année auparavant. Arrivé fraîchement de New-York, l’inspecteur Ichabod Crane entend bien mettre un terme à ces stupides croyances et démasquer le véritable coupable.
Récupérant la Légende du cavalier sans tête de l’écrivain Irving Washington (1783-1859), Tim Burton transporte l’intrigue des terres hollandaises à la région new-yorkaise et s’attribue complètement l’histoire en la transformant - avec le soutien à l’écriture d’un homme spécialisé dans l’horreur, Kevin Yagher, un réputé créateur d’effets spéciaux sanguinolents - en une œuvre plus personnelle. En choisissant tout d’abord d’abandonner le personnage sec et calculateur de la nouvelle originelle pour le remplacer par un jeune homme sympathique et farfelu. Puis en donnant à sa réalisation un cachet tout particulier, mélange savant entre un vieux film de la Hammer et une comédie romantique de Harold Lloyd.

Ichabod Crane, un inspecteur avant-gardiste et farfelu

Pour ce faire, il prend comme gageure de remettre au goût du jour les choix chromatiques de Terence Fisher, réalisateur fétiche de la Hammer Films durant plus d’une trentaine d’année. Innovateur génial, le cinéaste britannique avait réussit à convaincre des millions de spectateurs que l’horreur gothique ne se déclinait pas qu’en noir et blanc. Bien au contraire, en appuyant les contrastes et les couleurs primaire, il parvint à donner à ses œuvres un cachet impressionniste qui mettait en exergue l’aspect horrifique de ses films, tout en épargnant leur aspect onirique. Une véritable révolution qui relança un genre en perte de crédibilité suite à des excès de digression et d’irrévérence.
Dés le début du métrage, Tim Burton revendique cette influence, ou plutôt cet hommage conscient, en mettant en avant cette couleur rouge, reine de l’univers de Fisher, avec ce plan sur de la cire chaude, facilement assimilable à du sang frais. Puis par le choix de deux acteurs iconographiques des années 60-70, Martin Landau – qui ne participa pas aux œuvres de la Hammer, mais qui pourrait parfaitement entrer dans ce cadre - Michael GoughDracula, Crime au Musée des Horreurs, le Fantome de l’Opéra - et surtout Christopher Lee, ancien pilier de la compagnie de cinéma britannique. Les bases référentielles sont posées dés les premières minutes, avec ces cachots nous rappelant l’asile d’aliéné de la série des Dracula et ce tribunal inquisiteur renvoyant sans hésitation au cinéma gothique britannique, comme plus tard, ces plans sur un moulin en flamme sorti presque directement de Frankenstein. Le tout étant appuyé par une composition ‘’vintage’’ du vieux complice Danny Elfman, qui peut se permettre, à cette occasion, de s’éloigner quelque peu de son style habituel en restituant une bande originale rappelant les score de James Bernard.
Le cavalier sans tête, pour le moment assoupi

Pour la photographie, avec l’aide du chef opérateur Emmanuel LubezskiLe Chat Chapeauté -, il assombrie légèrement les contrastes afin de se diriger avec une ambiance plus lugubre que fantastique, une petite entorse aux choix techniques de Fisher qui diminue grandement le coté horrifique mais contribue à accentuer plus encore la composante ‘’poésie macabre’’, un terrain qu’il apprécie particulièrement. Le film prend alors la texture, par ces choix, d’un véritable cauchemar éveillé, entrecoupé de moments plus lumineux mais tout aussi cruels, qui sont les véritables rêves du pragmatique Ichabod Crane, personnage romantique, idéaliste et mélancolique, en un mot ; Burtonien.
Sleepy Hollow ne serait pas un film de Burton s’il n’était également empli d’un humour toujours subtil, parfois acide et moqueur, qui met à mal des protagonistes fragiles ou ingénus. Car bâti comme un véritable conte pour enfant, l’œuvre est cruelle et brutale ; le cavalier sans tête n’épargne personne, ni les jeunes mères, et encore moins les enfants – même si, dans ce cas, les exécutions sont commises hors cadre. Normal, après tout, car il n’y a rien de plus cruel que les contes de Perrault ou des frères Grimm, non ? Burton choisit cependant de ne pas pousser trop loin le bouchon, et malgré la présence aux fx de KYP Studios – la compagnie de Kevin Yagher -, le film ne déborde pas sur le gore, ni même dans des excès de plan d’exposition ; les têtes sautent comme le feraient celles de mannequins et les seules gerbes d’hémoglobine présentes voient leur horreur désamorcée par des effets comiques.
Katrina, la gentille sorcière amoureuse

Dans le rôle principal, on n’est pas surpris de voir un excellent numéro de Johnny Depp, un des acteurs fétiche de Tim Burton. En parfaite harmonie avec son metteur en scène, très à l’aise dans les rôles romantiques et doté d’un jeu très varié, mariant l’esprit loufoque et la geste romanesque à la perfection. Il est le parfait amoureux, coincé par ses préjugés et ses principes, de la jolie ingénue – mais sorcière – Christina Ricci, transformée en blonde à l’occasion, et qui délivre une prestation pleine de charme et de poésie sans se vautrer dans l’eau de rose. Bref, deux acteurs pour deux excellents rôles. Et que dire de Christopher Walken, complètement hallucinant dans ses brèves, mais marquantes, apparitions dans la peau du cavalier hollandais dément et de la talentueuse Miranda Richardson qui passe avec aisance du personnage de l’ange à celui du démon.
Car, au final, le monstre qui hante Sleepy Hollow, n’est finalement pas celui que l’on pourrait croire. Non, car plus que les Enfers, l’ennemi de cette communauté est la haine et la cupidité matérialisée par la maléfique et machiavélique sorcière Mary - Miranda Richardson – qui voit en ses malheurs d’enfance un justificatif à ses crimes. Finalement, le Cavalier sans Tête est, lui aussi, la victime d’une machination beaucoup plus ‘’humaine’’ et malsaine que la simple cruauté bestiale. Manipulé par cette femme déjà responsable de sa perte vingt ans auparavant, il se venge à l’occasion d’une noce funèbre. Lorsque, après un vigoureux et sanglant baiser, il emmène sa nouvelle épouse en sa demeure infernale, tous deux montés sur un magnifique destrier…noir.

La conclusion de

Sleepy Hollow, véritable conte macabre saupoudré d’humour et de poésie, n’est peut-être pas le film le plus personnel de Tim Burton, mais il compte, peut-être à cause de ce bel hommage qu’il rend à un de mes réalisateurs favoris, parmi mes préférés au sein de sa superbe filmographie. Un œuvre que j’ai personnellement vu de nombreuses fois, chaque nouvelle vision étant une nouvelle expérience.

Que faut-il en retenir ?

  • Ambiance gothique parfaitement réussie
  • Des acteurs charismatiques et attachants
  • Un humour tout Burtonien

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario somme toute assez classique
  • L’humour un peu loufoque de Burton, qui peut ne pas plaire

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