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Critique du Roman : L'Ainé
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Critique du Roman : L'Ainé

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 3 avril 2006 à 0904

Eragon… Je suis ton frère !...

Bien que je ne lui avais pas trouvé d’énormes qualités d’écriture ni une originalité digne d’être remarquée , le premier tome du triptyque l’Héritage, intitulé Eragon, a connu, et connaît encore, un énorme succès auprès du lectorat adolescent – un film est même en cours de tournage. C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé, en ce mois de mars, dans la lecture de l’Aîné, qui est la suite directe des aventures du jeune dragonnier Eragon.
Tout d’abord, au risque de devoir subir l’ire des fans, je tiens à signaler que je compte bien donner mon avis sur l’œuvre, au niveau intrinsèque, sans ne tenir aucun compte de la relative jeunesse de l’auteur – quoiqu’à 19 ans, Rimbaud avait déjà écrit son Bateau Ivre et, pour rester dans la Fantasy, Michael Moorcock avait depuis longtemps entamé son cycle d’ Elric de Melnibonée – ni de la publicité qui a entouré la sortie du livre. En gardant bien à l’idée, cependant, que l’œuvre s’adresse à un jeune lectorat.
Des influences majeures à peine dissimulées
Vers l’est, une ombre se détacha sur l’horizon, masquant les étoiles. Elle dériva dans le ciel à la manière d’une voile déchirée, puis elle couvrit la Lune et resta suspendue, ses contours illuminés par derrière. Roran reconnu alors les ailes translucides d’une des monture des Ra’zacs. La noire créature ouvrit son bec et lança un long cri, aigu, perçant. Le jeune homme grimaça douloureusement. C’était un cri à vous déchirez les tympans, à vous glacer le sang ; un cri anéantissant toute joie, toute confiance, pour vous laisser dans le désespoir. Ce hululement réveilla la forêt. Les oiseaux, les bêtes sauvages, mais aussi – à l’effroi de Roran – les animaux rescapés du troupeau, firent entendre un concert de piaulements et de glapissements affolés …/… (page 505)
On s’aperçoit rapidement que pour bâtir son oeuvre, de la même manière que lors du premier tome, Christopher Paolini s’est approprié de nombreux concepts et canevas dramatiques déjà usités, issus des grands classiques de la littérature fantasy et des contes populaires. On y retrouve les valeurs manichéennes américaines avec une justification de la lutte assez réactionnaire que ne nierait pas un George W. Bush, mélangées à des idées plus ‘’hippies’’ – voire bouddhistes – issues de différents ouvrages appréciés par l’auteur. Les deux principales composantes de son texte sont tirées du Seigneur des Anneaux de Tolkien, de part ses identifications anthropologiques et philosophiques volontaires, et de la saga de la Guerre des Etoiles, le déroulement de cet opus étant très – trop ? - proche de celui de l’épisode l’ Empire Contre-attaque. D’autres composantes ne se résument qu’à quelques influences, moins gênantes, parce mieux récupérées et assimilés par le cadre général – le cycle de Terremer, le Trône de Fer, la Ballade de Pern
Une triple narration, un recoupement
Dans l’Aîné, Christopher Paolini prend un peu plus de risques en choisissant le chemin de la triple narration. Même s’il effectue le travail de la manière la plus brute possible – il ne veut probablement pas égaré son jeune lectorat par une narration croisée -, je dois dire que c’est une excellente idée ; les aventures de Roran étant nettement plus intéressantes que la formation idéologique et spirituelles de Eragon dans les bois de cette Lorien un peu fade. Les carences de cette partie ‘’elfique’’ qui se veut féerique et profondément philosophique découlent du manque de support mythologique de ce monde sans dieux ni personnalité, et de la pénible amourette adolescente qui plombe ce descriptif sans saveur.
Aussi, les tribulations du cousin Roran, même si elles sont bourrées d’incohérences et remplies de situations d’une naïveté déconcertante, sont nettement plus agréables à suivre, car le jeune auteur se sent nettement plus à l’aise dans le style épique que dans celui de la métaphysique. Même si j’ai parfois souri de la manière cavalière avec laquelle se tire de nombreux tracas ce jeune fermier devenu super-héros, j’ai bien apprécié ces passages mettant en scène l’exode de ces villageois à travers un pays dominé par les troupes bien naïves d’un Galbatorix peu visionnaire. Au moins, il y a originalité et on y trouve même quelques petites pointes d’un humour bienvenu.
La troisième narration, plus auxiliaire, mais qui servira également de point d’ancrage final au deux autres, est le récit des prises de fonction de Nasuada, de ses offices en temps que reine des Vardens et leader de la résistance humaine. Là, on replonge encore un peu plus dans le naïf, remplis de clichés et de stéréotypes, avec de longs passages qui ne servent pas à grand-chose et qui ralentissent trop un récit qui se voudrait héroïque.
Un style rustre mais un ensemble homogène
Le style d’écriture n’a pas réellement progressé et reste très basique, voir primaire, avec de nombreuses lourdeurs et une multitude de redondances. Christopher Paolini n’a aucun style littéraire et n’en aura jamais, c’est certain. Par contre, un réel souci est nettement visible, pour ce qui est le cas de l’homogénéité de l’œuvre dans sa globalité et pour donner au récit une cohérence générale. Il n’y a pas d’errances, ni de contradictions, et on assiste à un recoupement de personnages bien travaillé, même si pris séparément, les protagonistes ne sont guère originaux, et leur réaction vraiment trop prévisibles.

La conclusion de

L’Ainé est légèrement supérieur à Eragon, car il est plus varié et fait preuve d’un peu plus de maturité. On sent bien les ‘’influences’’ qui hantent l’esprit de Paolini, mais le roman dans son ensemble n’est pas trop rébarbatif à suivre, grâce au choix judicieux de la narration multiple et une bonne cohésion de l’ensemble. Cependant, il est vraiment d’un niveau littéraire trop pauvre et d’un style trop lourd pour être considéré comme autre chose qu’un simple divertissement pour ados, au même titre qu’un tome des Lancedragons ou des Royaumes Oubliés.

Que faut-il en retenir ?

  • Facile à lire
  • Passages épiques divertissants
  • Bonne cohésion de l’ensemble

Que faut-il oublier ?

  • Style souvent très pauvre
  • Beaucoup de naïveté et d’incohérences
  • Références beaucoup trop marquées

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