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Critique du Film : Eragon

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 24 décembre 2006 à 15:10

Un film de dragon qui ne vole pas bien haut

Eragon est un jeune adolescent. Fils adoptif de fermier, il semble voué à rester éternellement dans son petit village de montagne malgré ses étonnantes capacités de chasseur. Seulement voilà, le destin en a décidé autrement et, par l’intermédiaire de la découverte d’un œuf géant qui va donner naissance à la ‘’dragonne’’ Saphira, il va se découvrir un tout autre avenir que celui qu’il appréhendait…


Bon, tout le monde (enfin presque, il faut pas exagéré tout de même, disons le lectorat de moins de 15 ans pour faire large) a eu ouïe dire de l’œuvre du jeune Christopher Paolini. Empruntant ses concepts dans la littérature high fantasy classique plus adulte (Ursula LeGuin, Raymond Feist mais surtout Tolkien) et en les édulcorant au maximum - à la manière d’un George Lucas pour le cinéma par exemple - le jeune auteur ne pouvait guère rater sa cible. Sans nous étendre plus longtemps sur le sujet, je dirais que l’école Rowling a porté ses fruits, et je ne vais pas dans cette chronique chercher plus avant les clés du succès de ces livres (je l’ai déjà fait par ailleurs) qui connaissent une popularité bien plus importante que d’autre ouvrages jeunesse de meilleure qualité (comme les Royaumes du Nord, par exemple)…
Non, je suis bien décidé à vous parler de ce film que j’ai vu, hier soir, en compagnie de mon fiston de 10 ans, passionné d’Heroic-Fantasy, joueur de D&D (le jeu de rôle) et de WoW (le machin de masse), et qui a également lu les deux premiers tomes de la saga d’Eragon. Ensemble, bien calés dans nos fauteuils, nous avons essayé de faire abstraction de tout préjugé et de juger sur pièce.
Sensé reporter à l’écran les évènements du premier tome, l’œuvre du spécialiste des effets spéciaux Stefen Fangmeier démarre plutôt pas mal et continue ensuite à bien rester dans les principes du livre. On y retrouve les principaux personnages, même si certains (comme Angela) sont plus ou moins occultés par le script (film de moins de deux heures oblige). Le déroulement de l’histoire est très linéaire, très fluide, et hélas très prévisible, mais l’on ne peut réellement en vouloir au cinéaste tant le bouquin est composé d’une accumulation de clichés et de stéréotypes.
Bref, sans matière pour développer des personnages privés de profondeur psychologique, Fangmeier se contente de narrer l’histoire de cet adolescent qui va d’un point A à un point B par le plus court des chemins : la ligne droite. Bien sur, sur son chemin, tel un jeu vidéo, il va devoir surmonter des obstacles et mettre son émotivité d’enfant à rude épreuve, mais grâce à la protection de Saphira (qui joue ici, encore plus que dans le livre, le rôle de la mère qu’il n’a jamais eu) il va s’en sortir et être reconnu comme un homme (un héros) par ses proches (ah ! Ce thème chéri par les pédopsychologues). Il va bien sûr, en cours de route, se détacher de son père spirituel, le vieux dragonnier Brom, au cours d’une séquence où le mentor se sacrifie pour sauver la vie de son adepte (qui a dit padawan ?). Bref, c’est gentil, un peu mièvre certes, mais guère honteux si l’on se réfère aux immondices qui noient nos écrans dans le domaine du cinéma de divertissement.
Au niveau de la réalisation, il faut bien admettre que l’on ne ressent guère les largesses du budget alloué par la Fox sur le projet. L’ensemble manque cruellement d’ambition, presque tous les plans sont pompés sur la trilogie du Seigneur des Anneaux, en nettement moins épique. Les plans d’expositions sont très naïfs et la photographie un peu trop neutre du débutant Hugh Johnson (Les Chroniques de Riddick, qui souffre d’ailleurs des mêmes défauts de mise en lumière) plombe tous les effets dramatiques que le réalisateur tente d’introduire au cours de la narration. Bien ballots sur le coup, l’équipe technique ne parvient pas à éviter l’effet ‘’carte postale’’. Le moment paroxysmique du métrage, c'est-à-dire l’attaque de la cité de Tronjheim est quand à lui plutôt confus, en raison d’un montage brouillon qui laisse même apparaître quelques erreurs de raccords. .Quand à la bande musicale, Patrick Doyle, que l’on a connu plus inspiré, pourrait se voir intenter un procès en plagiat par Howard Shore tant son travail est copié sur le Seigneur des Anneaux.
Au milieu de tout ça, les interprètes s’en sortent plutôt bien. Contrairement à beaucoup de monde, je n’ai pas trouvé le jeune Edward Speelers pitoyable. Il suffit de se rappeler la ‘’peformance’’ de Ewan McGregor dans Star Wars épisode 1 pour réaliser ce que ce qualificatif veut dire. Il manque de charisme, c’est certains, mais il faut bien dire que son rôle ne prête guère à marquer les esprits. Il est cependant indiscutable de dire que Garrett Hedlund, en seulement deux ou trois plans dans le rôle de Murtagh, lui pique la vedette. (comme dans le roman en fait !). Dans le rôle de Brom, Jeremy Irons s’en sort très bien, sans forcer son talent. En tout cas, il interprète son rôle de sorcier de manière bien plus convaincante que dans Donjons & Dragons (j’en rigole encore, remarquez, se nommer Profion, ça démotive un peu !..) et apporte au métrage un semblant de crédibilité.
Dans la peau de Galbatorix (mais où Paolini a été cherché ce nom ridicule qui a fait pouffer la moitié du public adulte de la salle), on trouve non pas Christophe Lambert mais John Malkovich. Peu exposée à l’écran, la star n’impose pas son image. Il va pour cela attendre le deuxième volet (s’il y a !..) pour en profiter, le personnage du roi y étant beaucoup plus présent. En réalité, le super-vilain de ce film est Durza, incarné par Robert Carlyle. Et là, même si j’ai le plus grand respect pour ce comédien touche-à-tout, je dois dire que j’ai été un peu déçu par son interprétation cabotine. Croissement disgracieux entre un roi-sorcier et un Sith, le personnage est vraiment trop exubérant et grimaçant et manque par trop de retenu et de charisme pour impressionner. Il en est même parfois ridicule. Enfin, pour en finir avec le casting, je citerais la jolie Sienna Guillory (la sexy Valentine du nanar Resident Evil : Apocalypse), qui interprète Arya. Elle est malheureusement desservie par une réalisation qui se contente de la représenter sous la forme d’un ersatz d’Arwen, en moins bien sapé !
Reste les effets spéciaux visuels, et notamment la fameuse modélisation de Saphira. Là, rien à dire, la Weta Workshop de Joe Literi a fait un superbe travail. Le dragon femelle (excusez-moi, mais dragonne, ça fait trop nul) est vraiment superbe et les incrustations parfaites donnent à l’ensemble des plans un rendu naturel et très immersif. Pour le reste, rien de remarquable mais rien de catastrophique non plus. On se demande juste parfois où est passé le fric de la production…

55

Alors que dire de ce film ? C’est un spectacle pour enfant plutôt agréable, dans l’esprit du livre. Le principal défaut vient du manque de profondeur des personnages. Une lacune déjà présente dans le roman mais compensée largement par les capacités d’extrapolation de l’imagination enfantine et pré-adolescente. Là devant l’image et la vision de ces êtres sans relief, le processus d’identification est délicat. Notamment pour les fans. Pour le reste, le travail de Stefen Fangmeier est assez fidèle (il prend beaucoup moins de liberté par exemple que Peter jackson ne l’a fait pour sa trilogie), l’histoire se laisse couler comme un Walt Disney, et les effets spéciaux sont réussis. Bref, certainement pas un chef d’œuvre, mais pas de quoi non plus crier au loup. Quand à mon fiston ? Bien, il a trouvé ça pas mal…

Critique de publiée le 24 décembre 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Histoire très accessible
  • Effets visuels réussis
  • Assez fidèle à l’œuvre originale

Que faut-il oublier ?

  • Réservé à un jeune public
  • Manque évident d’ambition
  • Quelques carences dans la réalisation

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