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Critique du Film : Sin City

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 19 août 2005 à 17:58

Bogart égaré dans la cité du péché

Lors de sa sortie avant-première à Cannes, Sin City avait fait sensation, il faut dire que cette cohorte de stars montant les marches, accompagnée du grand maître des comics books, avait de la gueule. Première surprise, le film a plu, il a choqué par sa violence gratuite et exacerbée, mais il a laissé aux festivaliers un souvenir positif, de la même manière qu’avait pu le faire il y a quelques années Pulp Fiction, le chef d’œuvre de Quentin Tarentino. A croire que la Croisette est devenue fan de pulps. On ne lui en voudra pas, les trois réalisateurs (Robert Rodriguez, Quentin Tarentino et Frank Miller) n’ont pas raté leur coup.

Le film me rappelle fortement le film noir de Jules Dassin, les Forbans de la Nuit, et toute cette série de polars glauques en noir et blanc qui firent en leur temps, dans les années 50, le succès d'Humphrey Bogart ou de Richard Widmark, avec leur lot de gueules cassées, de destinées brisées et de plantureuses femmes fatales, et où tous les contentieux se réglaient à coup de calibres et de matraques (ce que l'on nomme communément aux USA le genre hardboiled, dur à cuire). Ce n’est certainement pas par hasard lorsque l’on connaît la terrible cinéphilie de Tarentino, et même si sa participation se résume au tournage de quelques scènes, on sent qu’il a une grande influence sur l’ambiance d’ensemble.

Cependant, on le sait, le principal architecte de ce petit bijou morbide est Robert Rodriguez, un spécialiste des films d’action qui déménagent sévère mais que j’ai toujours trouvé un peu surévalué. Pour le coup, je dois admettre que, encadré par son ami Tarentino (comme pour Une Nuit en Enfer) et le créateur du comics (Franck Miller), il s’en sort haut la main. Le film, séparé en trois sketches qui se recoupent parfois, bénéficie, en dépit d’un scénario assez convenu, d’un montage et d’une mise en scène efficace et traumatisante. Sur une excellent musique créée par ses soins, Rodriguez enchaîne, de manière chaotique et dérangeante, gros plans sanguinolents et panos vertigineux, entraînant une sensible sensation de malaise mais en même temps une sorte de fascination morbide qui nous pousse à vouloir en savoir plus.

Bien sur, on peut ajouter à cela l’effet esthétisant par l’utilisation du noir et blanc, ravivé de-ci delà par des couleurs (notamment le rouge, un peu comme dans les films de Kurosawa) destinées à appuyer certains effets. Simple et efficace, et même si cela n’est pas nouveau, il fallait y penser. Cependant, sous la surdose de violence, le métrage entraîne par moment une légère lassitude par abondance de surenchère un peu gratuite. Sensation qui ne dure jamais bien longtemps, sauvé par un montage habile, mais aussi grâce à la prestation sans faille des différents comédiens, Mickey Rourke, en grosse brute amoureuse écrasant tout sur son passage, en tête. Je le cite en premier, pour rendre hommage à cet excellent acteur sous-estimé, mais tous les autres s’en sortent avec les honneurs (même Bruce Willis). Il était en effet très difficile de donner une âme à toutes ces caricatures stéréotypées. Je ne connais pas le comic book, mais ce film m’a donné envie d’en feuilleter un ou deux épisodes. La preuve, que malgré ma petite grimace de scepticisme à la sortie de la salle obscure, le film avait atteint le petit coté sadique de ma personnalité. D’autres n’ont pas aimé, je le conçois aisément.

80

Un film hyper violent et gore dans le pur style des films Bis, avec l’esthétisme en plus, un casting de rêve et une réalisation sans faille. Sin City est une œuvre majeure dans le grand cercle des adaptations de comics, au moins pour ses qualités filmiques. Les autres devraient en prendre de la graine. Réservé cependant à un public averti.

Critique de publiée le 19 août 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • La réalisation
  • Le casting
  • Ambiance glauque bien restituée
  • La musique

Que faut-il oublier ?

  • La violence très démonstrative peut déranger les ames sensibles

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