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Audi Talents Awards : le Festival des musiques à l'image

Publié il y a 3 ans par Jonathan C.

Audi Talents Awards : le Festival des musiques à l'image : Un weekend dans la musique au cinéma

Un weekend dans la musique au cinéma

Un festival annuel autour de la musique au cinéma, voilà qui manquait en France, surtout pour les adeptes de la musique de films. C’est étonnement par le biais de la marque Audi que ce manque est désormais comblé, avec les Audi Talents Awards. A la base, les Audi Talents Awards récompensent chaque année de jeunes talents dans les domaines de l’art contemporain, de la musique, du design et du court-métrage. Les lauréats bénéficient alors des moyens nécessaires pour réaliser leur projet, dont Audi assure aussi bien la production que la communication. Ce programme permet ainsi de lancer de jeunes artistes (par exemple Patrick Jean, le réalisateur du célèbre court métrage Pixels). C’est ainsi dans le cadre de ces Audi Talents Awards qu’a lieu le Festival des musiques à l'image, le temps d'un weekend. Une initiative qu’on ne peut que saluer. Et forcément, nous y étions.

L’année précédente, Audi avait ramené Ludovic Bource (les OSS 117, The Artist), Marco Beltrami (accompagné de Bertrand Tavernier) et Hans Zimmer pour trois masterclass passionnantes animées par Stéphane Lerouge (comme cette année). Pour cette deuxième édition du Festival des musiques à l'image, ce sont Bruno Coulais, Harry Gregson-Williams et Jean-Pierre Jeunet qui ont fait le déplacement à la Gaîté Lyrique pour parler de la musique de film et de ce métier très peu médiatisé qu’est compositeur pour le cinéma : trois témoignages très différents et complémentaires, chacun ayant sa propre manière de travailler (un fossé sépare les méthodes d’un Bruno Coulais et celles d’un Gregson-Williams) et son point de vue sur ce que doit être la musique de film (Jeunet dit par exemple préférer les compositeurs atypiques à la musique de film « illustrative » qui, selon lui, n’a aucun intérêt ; on peut donc supposer qu’il n’a pas assisté à la masterclass Harry Gregson-Williams). Ce festival est l’une des rares occasions en France de laisser la parole aux compositeurs de musique de films.

 James Huth et Bruno Coulais débattent sur la musique

Bruno Coulais est donc venu parler de son métier et de sa carrière, lors d’une rencontre posée et agrémentée d’extraits judicieusement choisis (de Microcosmos aux Rivières Pourpres). Comme Tavernier et Beltrami l’année précédente, Bruno Coulais a été rejoint par James Huth, réalisateur des génialement atypiques Serial Lover et Hellphone mais aussi des plus populaires (mais toujours originaux) Brice de Nice et Lucky Luke avec Jean Dujardin, quatre films dont Bruno Coulais a composé la musique. Les deux proches collaborateurs ont ainsi parlé, non sans émotions, de la relation entre un réalisateur et son compositeur, commentant notamment des extraits de leur collaboration.

Bruno Coulais au piano

La masterclass Harry Gregson-Williams était complètement différente et plus « spectaculaire ». En effet, le compositeur anglais, élève d’Hans Zimmer ayant roulé sa bosse sur un paquet de gros titres plus ou moins prestigieux, a livré une véritable démonstration de 90 minutes sur sa façon de travailler, bidouillant en live sur son logiciel dans un débit de paroles impressionnant, triturant des extraits des Shrek, de Mission : Noël, de Kingdom of Heaven, de Veronica Guerin (l'anecdote sur le gamin qui chante en Irlande est savoureuse), de Man on Fire ou de Unstoppable, sans oublier Team America en guise de surprise (pour Gregson-Williams il s’agit là d’une de ses meilleures expériences). Gregson-Williams a l’habitude de ce type d’exercice puisqu’il a animé régulièrement des conférences en Angleterre pour des étudiants. C’est une méthode de travail particulière que les puristes de la musique de film n’apprécient généralement pas du tout, mais il faut avouer que Gregson-Williams est à fond dans ce qu’il fait et a un sacré talent ainsi qu’une énergie emballante (et un humour très anglais). Gregson-Williams a par ailleurs rendu hommage à Tony Scott, dont il était particulièrement fier d’être devenu le compositeur attitré, et a raconté sa rencontre avec Ben Affleck, avec lequel il a travaillé sur Gone baby gone et The Town.

Masterclass Harry Gregson-Williams

Enfin, Jean-Pierre Jeunet est venu parler de ses collaborations (souvent atypiques) avec ses différents compositeurs, la musique ayant une place essentielle dans l’univers du réalisateur de Delicatessen, La Cité des Enfants Perdus, Alien la Résurrection, Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Un Long Dimanche de Fiançailles et L'Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, films dont des extraits ont été projetés lors de cette rencontre. En guise de surprise, une intervention enregistrée d’Angelo Badalamenti et un medley au piano de la filmographie de Jeunet.

Les trois invités se sont également prêté au jeu des dédicaces, ce qui a permis aux fans d’échanger quelques mots avec eux ; de quoi consoler un peu que les questions-réponses avec les spectateurs à la fin des masterclass soient toujours un peu expédiées par manque de temps.

Le lendemain, toujours dans le cadre du festival, la mythique salle du Grand Rex abritait un concert orchestral centré sur la collaboration légendaire entre Steven Spielberg et John Williams. Programme alléchant, bel accueil du cinéma (coupe de champagne offerte) et une salle qui se prête parfaitement à l’exercice.

Après une présentation de Michel Denisot, la première partie du concert était consacré à l’œuvre de Bruno Coulais (des morceaux de Microcosmos, Dom Juan, Au Fond des bois et Coraline furent joués) et à celle d’Harry Gregson-Williams (avec des morceaux issus de Shrek, Shrek 2, Bridget Jones 2 et Prince of Persia, des choix assez surprenant mais très agréables à l’écoute, mention particulière à l’interprétation de Shrek 2) qui, fait assez rare selon lui-même, s’est amusé à diriger l’orchestre avec fougue alors qu’il est plutôt habitué à composer sa musique devant des ordinateurs.

Concert

Après entracte, on passe à la vitesse supérieure pour un grand moment d’émotion. Le chef d’orchestre allemand Frank Strobel et le prestigieux Paris Symphonic Orchestra ont dirigé de nombreux morceaux issus de la collaboration entre Steven Spielberg et John Williams, avec parfois des images des films projetées en fond sur grand écran. Des musiques mythiques qui ont mis la foule en délire : Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Indiana Jones, Rencontres du troisième type ou E.T., L'extra-terrestre (un summum d’émotion), mais aussi des morceaux moins évidents de Arrête-moi si tu peux, La Liste de Schindler, La Guerre des Mondes, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, Hook (film aussi sous-estimé que le superbe score de Williams), Munich (accueilli plus froidement) ou 1941. Quelques titres importants manquaient à l’appel : Il faut sauver le Soldat Ryan, Sugarland Express, Empire du Soleil (pourtant l’un des plus beaux scores de John Williams)…On en aurait voulu plus, d’autant plus qu’on ne voit pas le temps passer devant un tel spectacle, mais l’essentiel était là. Et, bonus hors-sujet mais non négligeable, l’orchestre a joué le thème de Star Wars en guise de finale. Parfaite exécution, aucune fausse note, un souffle romanesque à donner des frissons, une multitude de souvenirs ravivés en quelques puissantes notes, et l’occasion de rappeler, si besoin est, le génie de ces deux hommes dont la collaboration aura marqué l’Histoire du Cinéma.

On ne loupera donc pas le prochain Festival des musiques à l'image qui, logiquement, devrait se dérouler en octobre 2014. Vivement.

Rédaction : Jonathan C. / Vidéos : Richard B.

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