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Critique du film : Simetierre [2019], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 16 mai 2020 à 09h00

Une adaptation correcte...

Le succès planétaire de Ça - Chapitre 1 a visiblement réouvert la mode des adaptations de romans de Stephen King. Certes, le cinéma a toujours fait honneur au "maître de l'horreur", mais en seulement trois ans, les projets tirés de ses écrits se sont multipliés comme des petits pains : Docteur SleepJessie, 1922Dans les hautes herbes sans compter les séries The Mist, Castle Rock ou le récent The Outsider. C'est dans ce contexte que la nouvelle adaptation de Simetierre, arlésienne en projet depuis des années, a enfin trouvé une concrétisation devant la caméra de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer. Outre la manne commerciale évidente, on se demandait quel pouvait être l'intérêt de proposer une nouvelle adaptation de ce roman, le film de Mary Lambert (sorti en 1989) proposant déjà une version très proche du livre, qui avait en plus contenté une majorité de fans.

Afin de contextualiser les choses, je dois bien avouer que ne suis pas un immense adorateur de Simetierre, qu'il s'agisse du roman ou de sa première adaptation cinéma. En fait, j'ai un souci avec cette histoire : je n'y crois pas. Je ne comprend pas le personnage principal, je ne saisis pas ce qui le fait agir ainsi, je trouve que son comportement n'a aucun sens. Et si j'apprécie l'ambiance du roman, si je trouve son ouverture réussie, sa séquence centrale incroyablement bien amenée, l'histoire racontée finit par me perdre. Je ne me pose pas ici en paragon du bon goût, et par bien des aspects je comprends pourquoi ce roman a connu ce succès, mais il me semblait important, en ouverture de cette chronique, d'indiquer dans quel état d'esprit j'ai abordé cette nouvelle adaptation : je me demandais si, cette fois, j'allais réussir à entrer dans l'histoire et à être en résonnance avec le destin ô combien tragique de cette famille. En somme, j'étais simplement curieux...

Et au final, je suis malheureusement ressorti de cette nouvelle adaptation avec le même sentiment. Je n'arrive toujours pas à croire à cette histoire, et je ne parviens toujours pas à ressentir quoi que ce soit pour ces personnages. Bien que le scénario prenne son temps pour poser les enjeux, tente d'inscrire le personnage du père dans un contexte réaliste, développe la psychologie de la mère pour lui donner plus d'épaisseur (via un arc narratif inédit), justifie mieux certains aspects de l'histoire, bref, essaie de donner plus de substance à l'ensemble, je reste bloqué. Le retour du chat annihile à mon sens la crédibilité du reste du récit, et les efforts faits par le scénariste (Matt Greenberg, qui avait travaillé sur d'autres adaptations de Stephen King comme MercyChambre 1408 ou Les démons du maïs 3) n'ont pas payé. Malgré tout, je pense que celles et ceux qui avaient accroché au roman devraient réussir à trouver leur compte devant ce film.

Il y a en effet dans cette version une volonté appréciable de réinventer le roman. Ainsi, si l'on va retrouver la trame de l'histoire, quelques ajouts et quelques changement vont tout de même permettre d'apporter un vent de fraicheur appréciable. Certaines de ces nouveautés ont été méchamment spoilées par les bandes-annonces (que j'avais heureusement évitées), mais pour peu que vous soyez passé à côté de ces campagnes de pub, vous pourriez bien avoir quelques petites surprises. Ces transformations étant fidèles, dans l'esprit, à la tonalité de Simetierre, ce nouveau film s'avère ma foi plutôt réussi : pas une adaptation littérale trop fidèle pour être véritablement intéressante, mais pas non plus une trahison pervertissant l'ambiance mortifère du récit de King. Par bien des aspects, on sent que le projet a été fait en pensant aux fans : comment leur proposer une expérience sensiblement différente tout en respectant le matériau de base.

Malgré ces qualités, le scénario souffre tout de même de gros défauts, au rang desquel se trouve notamment un vrai déséquilibre narratif entre la première et la deuxième partie. Ainsi, si le récit prend son temps pour débuter (ce qui lui permet de poser ses personnages, ses enjeux et sa mythologie), il déroule ensuite les évènements presque trop vite. Une fois la machine lancée, tout va à cent à l'heure. Cela permet au long-métrage d'embarquer le spectateur (qui n'a dès lors plus le temps de se poser pour réfléchir), mais cela se fait au détriment de la progression psychologique de l'histoire, qui tend à finalement devenir un bête film de zombies. Et si les acteurs mènent leur barque avec professionnalisme - il faut dire qu'entre Jason Clarke, Amy Seimetz et John Lithgow, le casting est bon - on sent qu'ils finissent par se perdre dans ce dernier acte (un peu comme si certaines de ces scènes avaient été réécrites en cours de route).

Ce scénario inégal s'avère toutefois plutôt bien mis en scène par Kevin Kolsch et Dennis Widmyer. Remarqués, mais dans le mauvais sens du terme, avec leur tout pourri Starry Eyes, les deux artistes ont pris le parti d'éviter de trop multiplier les effets de train fantômes (il y a quelques jump scare, mais ils n'envahissent pas le récit) pour mettre en place une ambiance délétère. Aidés par une belle photographie (signée par Laurie Rose à qui l'on doit notamment la photo de tous les films de Ben Wheatley), des décors très soignés et des effets spéciaux tangible (les CGI, s'il y en a, sont très discrets), Kolsch et Widmyer jouent un bon numéro d'équilibriste, évitant nombre de poncifs tout en s'inscrivant dans un genre hyper codifié (rappelons que Simetierre a presque "inventé" le canon du film de cimetière indien). C'est là incontestablement l'ingrédient le plus réussi de ce long-métrage qui parvient ainsi à poser une angoisse sourde servant bien le récit.

La conclusion de à propos du Film : Simetierre [2019]

Auteur Vincent L.
65

Si cette nouvelle version ne révolutionne pas le récit de Stephen King, elle s'avère tout de même correcte. Entre un scénario proposant quelques changements judicieux, une mise en scène appliquée et une vraie solidité technique, Simetierre se place sans mal aux côtés des adaptations réussie du maître de l'horreur. Il n'y a certes rien de véritablement remarquable, rien qui puisse marquer durablement les esprits, mais en l'état, les fans du roman devraient aisément y trouver leur compte.

On a aimé

  • La mise en scène qui privilégie l'ambiance,
  • Techniquement très solide,
  • Un scénario qui tente de réinventer le roman sans pour autant le trahir.

On a moins bien aimé

  • Une deuxième partie beaucoup trop rapide,
  • Des personnages plutôt faibles.

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