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Critique du film : Zero Theorem [2014], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 1 mai 2019 à 09h00

Du Gilliam pur jus

Terry Gilliam a la réputation méritée d'être un réalisateur à part dans le paysage cinématographique depuis quelques décennies. Un auteur très créatif souvent adulé ayant une relation amour-haine intense avec le système hollywoodien. De plus, il entretient un côté grande-gueule et une poisse qui forge la légende d'un artiste complet à l'imagination débridée comme le prouve Zero Theorem.

Quand le projet fut dévoilé, il ne faisait aucun doute pour beaucoup que cela correspondait à 100% à l'univers de Gilliam. Pourtant, le scénario est l'œuvre du néophyte Pat Rushin traînant dans les bureaux du producteur Dean Zanuck (Charlie et la chocolaterie, Sweeney Todd...) depuis le début des années 2000 avant que le projet soit confié à Gilliam tant il correspond à l'univers du réalisateur de Brazil dont il s'agit ici d'une sorte de suite spirituelle. Alors que la production devait commencer en 2009, Gilliam dû mettre en pause le projet afin de terminer L'Imaginarium du Docteur Parnassus et tenter de relance sa fameuse adaptation de Don Quichotte... Après un nouvel échec face à ce projet maudit, Gilliam et Zanuck trouvent les financements nécessaires auprès du producteur français basé à Los Angeles Nicolas Chartier (Démineurs, Killer Joe...) et d'une compagnie roumaine où fut tourné l'intégralité du film. Durant ce projet au long-cours, pourtant tourné très vite, une pléiade d'acteurs fut annoncée avant qu'un casting international soit choisi emmené par Christoph Waltz, aussi co-producteur du film.

L'histoire du film prend place à Londres dans un futur plus ou moins proche et met en scène le génie de l'informatique Qohen Leth (Christoph Waltz) vivant reclus dans sa demeure, une ancienne église, dans l'attente d'un appel téléphonique pouvant lui donner un sens à sa vie. Il ne sort de chez lui que pour aller travailler chez Mancom en tant que programmeur. Complètement misanthrope, Qohen parle de lui à la première personne du pluriel, n'éprouve aucune joie, énonce sa mort imminente et ne souhaite qu'une chose : pouvoir travailler chez lui afin de ne surtout pas manquer l'appel. Grâce à son superviseur Joby (David Thewlis), Qohen réussit à avoir un entretient avec son grand patron, Management (Matt Damon) qui lui accorde ce qu'il veut à condition qu'il travaille sur le Théorème Zero dont le but est de prouver si l'existence à un sens... Cette tâche réputée impossible pour une société omnipotente qui le surveille sans cesse, va encore plus pousser Qohen dans son enfermement. A moins qu'il ne réussisse à s'ouvrir aux côté de la magnifique Bainsley (Mélanie Thierry) s'intéressant à lui  ou de l'adolescent génie en informatique Bob (Lucas Hedges) chargé de l'aider sans sa tâche...

A la lecture du synopsis, on ne peut que comprendre pourquoi Terry Gilliam fut choisit pour un tel film. L'histoire de Zero Theorem renvoi à d'autres œuvres du cinéaste britannique à commencer pas Le Sens de la Vie mais surtout Brazil ainsi que L'armée des 12 singes... Une histoire qui porte aussi son empreinte en ce qui concerne une certaine folie douce proche de l'absurde (on pense aussi à Les aventures du baron de Münchausen) et un sens de l'esthétique bien particulier qu'on retrouve dans tous ses films. En gros les fans du réalisateur sont en terrain conquis et ses détracteurs seront une nouvelle fois laissés sur la touche. Zero Theorem est un pur film de science-fiction qui ne s'embarrasse pas d'explications et qui adopte plusieurs tons entre le drame et la comédie si bien que le spectateur ne sait pas toujours où se situer. Cela entraîne malheureusement un manque d'impact de certains aspects comiques comme dramatiques... Pourtant le monde dépeint par Gilliam dans son film est fascinant et on se laisse porter par son univers qui est toujours intéressant à découvrir. On peut ne pas aimer ce film, on reste obligé de reconnaître que le cinéaste à une imagination débordante et sait vraiment nous proposer des choses nouvelles tant du point de vue des intrigues que des atmosphères qu'il crée.

On peut quand même reprocher à Terry Gilliam de partir à un peu trop dans tous les sens et de ne pas avoir assez canalisé son imagination au service d'une histoire plus passionnante. La quête de Qohen volontairement obscure n'est finalement pas ce qui nous passionne le plus tout en étant très importante au début et à la fin du film. Entre-temps, Gilliam s'intéresse plus à son héros et ses rencontres. Son aspect mordant et ses critiques de la société actuelle (les réseaux sociaux et Internet en tête) sont bien présents mais restent finalement assez sages. Ce qui est mieux réussit en revanche c'est le traitement de la folie de Qohen qui n'arrive pas à trouver sa place dans la société et s'interroge souvent sur sa propre existence. Cette partie du film parle à tous et les différents personnages deviennent des miroirs de notre identité à travers des idées comme l'amour, l'amitié, le travail, la médecine ou la science... Même si tout n'est pas parfait, loin de là, Zero Theorem est une film intéressant sur l'âme humaine et ce qui nous pousse à simplement exister.

En ce qui concerne la direction artistique du film, c'est encore une fois un peu casse-gueule. On retrouve cette idée de créativité folle de la part de Gilliam qui nous propose un monde très coloré avec des costumes et des décors très flashys dès qu'on sort de la demeure de Qohen. Une sorte de mise en avant volontaire de mauvais goût dont l'effet est évidemment à double tranchant sur le spectateur. La vision de l'informatique dans le film est aussi très singulière avec un monde hyper-connecté (jusqu'aux humains) présentant ainsi des programmes servant de psychiatre, de la programmation ressemblant beaucoup à du jeu vidéo et des univers virtuels que Qohen parcourt avec Bainsley. Une nouvelle fois, si les idées sont originales sont intéressantes (comme le serveur principal de Mancom), elles ne sont pas toujours esthétiquement probantes... Cela peut aussi s'expliquer par la modestie de la production qui est loin de bénéficier de ce qui se faisait de mieux niveau effet-spéciaux lors de la préparation du film. On a aussi le sentiment que Gilliam règle une nouvelle fois ses comptes avec Hollywood. Comme si, consciemment ou pas, il faisait tout pour que du ton du film jusqu'à sa direction artistique, en passant par le scénario et son aspect absurde, le métrage soit un coup de pied dans la fourmilière. Une façon de montrer qu'on peut faire des films autrement que les blockbuster et autres comédies consensuels. Cela permet d'avoir un film original et rafraîchissant certes mais ça lui cause aussi du tort malheureusement...

Heureusement, l'expérimenté cinéaste démontre une nouvelle fois qu'il met en scène avec brio et qu'il dispose une pâte reconnaissable. Il réussit aisément à magnifier son imagination et rendre honneur à sa direction artistique. Sa caméra filme toujours correctement l'action et reste toujours en mouvement histoire qu'on profite au mieux des décors. Malgré le mélange qu'il y a entre la réalité, les univers virtuels comme les écrans d'ordinateurs, on est jamais perdu. Mais surtout, le cinéaste sait admirablement faire cohabiter son univers particulier avec ses comédiens qui sont aussi excellents. A commencer par Christoph Waltz (Inglorious Basters, Django Unchained...) qui est une nouvelle fois époustouflant disparaissant complètement derrière son personnage taciturne et pessimiste, étant plutôt à contre-emploi de son registre qui l'a fait connaître au monde entier. A ses côtés, la sublime Mélanie Thierry (Babylon A.D., Comme des Frères...) démontre une nouvelle fois que c'est une grande actrice sachant tout autant jouer de son charme indéniable comme être touchante. On apprécie aussi la révélation Lucas Hedges dans le rôle de Bob en adolescent surdoué mal dans sa peau. Le reste du casting est au diapason que cela soit le toujours excellent David Thewlis (le Remus Lupin de la saga Harry Potter) où les stars confirmés que sont Matt Damon (retrouvant ainsi Gilliam après Les Frères Grimm) et Tilda Swinton (avec un aspect physique étonnamment très proche de son rôle dans Snowpiercer) en psychiatre/programme.

La conclusion de à propos du Film : Zero Theorem [2014]

Bastien L.
63

Zero Theorem est un film singulier qui a logiquement divisé la critique et les spectateurs à sa sortie. On apprécie son originalité à tous les niveaux comme le fait d'avoir un film de science-fiction bien plus profond que la moyenne et excellemment interprété. Néanmoins, si Terry Gilliam a sans aucun doute été très généreux, il n'a pas réussit à canaliser son imagination et son propos donnant un film partant trop souvent dans tous les sens ne réussissant pas toujours à bien nous concerner sur ses propos et son histoire... Un Gilliam mineur mais un Gilliam quand même.

On a aimé

  • L'imagination débordante de Terry Gilliam
  • Une réflexion intéressante sur l'identité définit par ce qui nous entoure
  • Un excellent casting

On a moins bien aimé

  • Ca part vraiment dans tous les sens
  • Des ruptures de ton mal gérées
  • Une direction artistique parfois discutable

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