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Critique du livre : Satanachias [2016], par Nathalie Z.

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le mardi 19 février 2019 à 14h00

De la poésie macabre et sublime pour des nouvelles philosphiques

Il est des livres qui nous arrivent par hasard entre les mains, et des livres qu’on n’oublie pas. Satanachias est de ceux-là. Cet ouvrage de Christophe Lartas, édité par la maison l’Abat-jour à qui l’on doit également Fanstamagories, est d’une finesse et d’un langage superbe. Il regroupe plusieurs nouvelles et un vibrant hommage à Howard Phillips Lovecraft.

Untel traversait des pays de sel et de feu, de neige et de lave; des déserts miroitants et grisants, des steppes fantomales et des mers de tourmente. 
Il apprenait à vivre au jour le jour, que ce fût sur des cimes de glace ou dans des gouffres de sable; sous des soleils de plomb ou des pluies de déluge.
Il avançait encore et encore, et toujours plus loin, au travers des marécages glaucescents et tièdes ou des bois calcinés aux branches charbonneuses et sournoises.
Il ne comptait plus les heures ni les jours, les mois ni les années; il ignorait le Temps. Il ne songeait que très rarement à son âge, à sa vie passée ou à la femme qu'il aimait et qu'il avait pourtant quittée…
Il allait de l'avant, tout simplement.
Il allait au bout du monde, à la recherche du Diable…

Satanachias suit le voyage initiatique de cet homme qui souhaite poser une question au démon mais est-il prêt à recevoir la réponse… Cette nouvelle philosophique est portée par une langue d’une puissance évocatrice sans précédent. Sans la mesquinerie de certains ouvrages métaphysiques ni l’aspect pompeux mais avec un peu de misanthropie, Christophe Lartas décrit les travers de notre société tout au long du voyage de l’individu mais aussi dans les nouvelles suivantes. Son regard acéré est dur, cruel parfois mais réaliste et assumé. Il fait appel à notre conscience, nous force à réfléchir sur notre mode de vie et nous remue profondément en créant un malaise par la virtuosité de son langage. Certains passages vous donneront envie de poser le livre quelques instants pour reprendre votre souffle. Son usage des listes donnent le vertige avec des mots scandés sans fin. Son lexique suranné semble sans limite. Le rythme est lancinant et vous emporte…

Le monde n'était plus du tout tel que nous l'avions connu - et, hélas ! tant aimé... Le monde n'était plus qu'une marée montante d’irrationalité malveillante et malsaine qui nous noyait sous ses vagues de délires surgies droit de l'hostile nuit des temps et de nos cauchemars les plus tabous.

Un cycle dénonce cette humanité qui pullule, trop nombreuse et trop gourmande des ressources terrestres. Mais la planète n’en peut plus de ce parasite infâme et elle prend sa revanche lentement, inexorablement. La Nature se soulèvee alors contre le genre humain. Un texte dérangeant aux thèmes écologistes forts qui condamne l’ignominie de ce monde. Mégalopolis reprend des idées proches mais insiste sur les inégalités et la folie absurde de la vie dans les mégalopoles urbanisées à outrance, où l’on entasse dans des cages à poules pour pouvoir consommer plus. Les ordures entassées, la noirceur et la tristesse, la violence aussi, toutes donnent envie de fuir à la campagne dans cette nouvelle. Marssygnac évoque une quête insensée, d’une tour immense qui n’apparait que quelques fois par siècles. Une nouvelle pleine de poésie qui pourrait être porteuse d’espoir et d’optimisme mais son héros n’est qu’un homme. A part cette dernière nouvelle, les histoires se déroulent dans un futur très noir, cyberpunk malsain, proche d’un K. Dick. Les loisirs sont brillants par leur abjecte bêtise ou leur violence. La vie telle qu’on pourrait l’imaginer dans les scénarios les plus sombres. Avec son vocabulaire cinglant, son humour noir, Christophe Lartas, nihiliste, ne fait aucune concession aux humains qu’ils condamnent pour leur choix de vie. Pourtant jamais le lecteur ne culpabilise, il est plongé dans cette vision atroce pour le faire réagir, dans un chaos poétique de mots bien choisis. Rares sont les ouvrages à la beauté vénéneuse qui prennent au ventre pourtant.

La deuxième partie du recueil est un hommage poétique au maitre de Providence. Bloc d’éternité est une lettre d’amour à l’univers de Lovecraft. Cthulhu et les autres Grands Anciens ont droits à des poèmes en prose. Tel un mantra, cette poésie macabre joue sur les répétitions et ravira les amateurs de l’auteur américain. Vous y trouverez même des fragments oublié du Necronomicon écrit par le poète fou Abdul al-Hazred… Le dernier texte n’est pas sur les créatures mais sur le créateur lui-même et dévoile toute l’admiration de Lartas pour Howard Phillips Lovecraft.

La conclusion de à propos du Livre : Satanachias [2016]

Nathalie Z.
93

Satanachias est un recueil de textes surprenants, sombres, poétiques, parfois nihilistes : des nouvelles philosophiques, écologistes, si bien écrites qu'elles vous remueront physiquement. Et cerise sur le gâteau, la deuxième partie de l'anthologie est un vibrant hommage au maitre de Providence et à ses créatures impies. Ces écrits raviront les fans d'Howard Phillips Lovecraft. Avec un style intense et vertigineux, Christophe Lartas se place dans le sillage noir d'Edgar Allan Poe et de Kafka. 

On a aimé

  • Une poésie macabre et raffinée
  • Un fantastique imagé, sombre et immersif
  • Un très bel hommage à Lovecraft en deuxièmee partie d'ouvrage

On a moins bien aimé

  • Un langage riche, soutenu et parfois désuet, difficile d'accès

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