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Critique du film d'animation : Les Trois Caballeros [1948], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 10 mars 2019 à 09h00

Donald & Cie.

Quoiqu'on en pense, les films d'animation Disney ont bercé tellement de générations que la firme fait parti du panthéon de la pop culture mondiale. Des œuvres qui représentent de véritables madeleines de Proust tant elles symbolisent pour beaucoup les premiers émois cinématographiques et sont synonymes de partage en famille. Depuis 1937 et Blanche-Neige et les sept nains, Disney a produit une pléthore de films d'animation dont de grands classiques et d'autres plus secondaires, comme Les Trois Caballeros.

Le début des années 1940 sont paradoxales pour Walt Disney et ses studios pourtant portés par le succès de Blanche-Neige et les sept nains. La guerre faisant rage dans le monde, les films ont du mal à être exportés et s'avèrent souvent des échecs financiers. Pourtant la folie créatrice du grand patron visionnaire s'accompagne d'un rythme de production soutenu qui se calmera les deux décennies suivantes. Ainsi entre 1940 et 1944 sortent Pinocchio, Fantasia, Le Dragon Récalcitrant (film mélangeant documentaire sur les studios Disney et courts-métrages d'animation), Dumbo, Bambi, Saludos Amigos, Victoire dans les Airs et Les Trois Caballeros... Les trois derniers s'avèrent être des productions soutenant l'effort de guerre américain. Saludos Amigos et Les Trois Caballeros partagent ainsi le fait d'être produits surtout en direction des pays de l'Amérique latine afin de leur demander de rejoindre le camp des Alliés. Non pas que les films parlent de la guerre mais plutôt qu'ils caressent dans le sens du poil ces peuples en s'intéressant à leur culture et en y faisant visiter à Mickey, Pluto, Dingo ou Donald ces pays. Si Saludos Amigos est avant-tout un documentaire dont les courts-métrages se veulent éducatifs, Les Trois Caballeros offre une histoire. Pour ce film, Walt Disney (ici producteur) confie la supervision du projet au réalisateur Norman Ferguson, ayant déjà officié sur les films cités plus haut où il est accompagné par des animateurs chevronnés responsables de différentes séquences comme Clyde Geronimi ou Jack Kinney.

Véritable promotion de la culture de l'Amérique latine, le film sort d'abord en 1944 au Mexique puis dans le reste des Amériques avant de sortir en France en 1947. Ce métrage d'environ soixante dix minutes met en scène Donald qui fête seul son anniversaire mais reçoit quand même des cadeaux de ses amis d'Amérique du Sud. Il découvre ainsi un projecteur cinématographique avec des bobines mais aussi un livre et un disque qui font apparaître ses amis le perroquet brésilien José Carioca (créé pour Saludos Amigos) et le coq mexicain Panchito Pistoles. Ces cadeaux et ces rencontres vont être l'occasion pour Donald de visionner d'abord deux courts-métrages : le premier nous conte l'histoire d'un manchot de l'Antarctique rêvant de vivre au soleil puis celle d'un jeune gaucho découvrant une sorte d'âne volant sorti tout droit de Fantasia... Par la suite, Donald part découvrir le Brésil (surtout la ville de Baia) puis le Mexique se concentrant sur quelques traditions du pays. Le tout se faisant et se terminant avec un bon nombre de chansons et la volonté de mélanger prises de vues réelles et animation.

Vous l'aurez compris, Les Trois Caballeros ne propose pas vraiment de scénario, d'où un véritable côté fourre-tout qui prédomine. Le film commence comme une anthologie pour enchaîner avec des aventures assez éducatives nous montrant la culture et la beauté du Brésil comme du Mexique pour terminer en comédie musicale avec numéros de danses et de chants... Le tout est entrecoupé par les dialogues entre Donald et ses amis qui ne sont pas toujours très claires vu la diction approximative du célèbre canard et des accents très prononcés des autres volatiles. On a quand même du mal à véritablement suivre le métrag,  qui enchaîne finalement les scènes n'ayant pas vraiment de rapports les unes avec les autres que cela soit dans le ton, dans le style graphique ou les méthodes d'animation. L'ensemble s'avère moyen, même si les deux courts-métrages sont de bonne qualité (même si le premier est un peu hors-sujet), mais plus le film avance moins il n'a de sens partant dans de véritables délires. Si Disney s'est fait plaisir montrant son savoir-faire technique à de nombreuses reprises, on ne peut s'empêcher de penser que l'on a affaire à un film de seconde zone de la part du géant de l'animation. Et puis il faut avouer que les scènes chantées et filmées ont pris un sacré coup de vieux, avec nos héros se comportant même comme de sacrés obsédés devant les charmes de chanteuses brésiliennes ou de vacancières mexicaines à la plage... Enfin le final, vraiment très psychédélique avant l'heure, rappelle l'incroyable rêve des éléphants de Dumbo mais en moins bien... Le film a au moins le mérite de mettre le patriotisme de côté se concentrant plus sur la célébration de la culture latine qu'une volonté de forcer ces voisins du Sud à se battre...

Malgré une histoire très peu développée et un aspect décousu, on ne peut pas reprocher à Disney d'avoir voulu bâcler son travail d'animation. Le studio passe ici en revue tout son savoir-faire et ses techniques, un peu trop peut-être. On garde quand même la sensation qu'on est loin de la qualité de titres comme Pinocchio, Fantasia, Dumbo et Bambi sortis juste avant. Le comique renvoie bien plus sur les courts-métrages qui ont fait la gloire des studios avec beaucoup de gags visuels. Le film propose ainsi de jolis séquences assez différentes notamment basées sur des aquarelles tout étant plus classiques lors des courts-métrages au début. On peut aussi voir des mélanges entre animation et prises de vues réelles augurant Mary Poppins, même si on sent que les techniques étaient moins au point, surtout quand les acteurs sont devant un écran projetant le cartoon. Cela donne quelques séquences maladroites qui fonctionnent bien mieux quand on sent que les héros animés ont été intégrés différemment. Malgré tout, ces scénettes musicales sont vraiment loin d'être intéressantes et font parfois penser à une vielle émission de variété mise en scène de manière rigolote... Quant au final, il divise carrément tant il s'avère partir dans tous les sens un peu inutilement... Si vous vous êtes déjà demandés si Disney est déjà allé plus loin dans le délire psychédélique pour la scène des visions alcoolisées de Dumbo ou pour de nombreux passages de Alice au pays des merveilles alors le final des Trois Caballeros va vous répondre que oui... Le délire est complet et peut s'avérer amusant si on rentre dans l'ambiance... Mais beaucoup risquent de décrocher si ce n'est pas déjà fait.

La conclusion de à propos du Film d'animation : Les Trois Caballeros [1948]

Bastien L.
48

Les Trois Caballeros est une véritable curiosité pour les fans des productions Disney ou les amateurs de films d'animation. Véritable fourre-tout des techniques d'animations et dépourvu de cohérence scénaristique comme stylistique, le film a mal vieilli. On sent clairement que les studios ont vu ce projet comme étant secondaire malgré le travail honnête des animateurs. On retrouve tout de même l'esprit de la firme aux grandes oreilles qui est plus à chercher dans sa pléthore de courts-métrage et sa grande maîtrise technique. Ceux qui sont allergiques au trop grand nombre de chansons dans les films d'animation peuvent aussi passer leur chemin...

On a aimé

  • Une bonne humeur généreuse
  • Une animation très variée de qualité
  • L'histoire derrière cette production

On a moins bien aimé

  • Très décousu
  • Les séquences avec des prises de vue réelles
  • Des dialogues pas toujours compréhensibles

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