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Critique du roman : Pug, l'apprenti #1 [1997], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 11 octobre 2005 à 09h45

Les premiers exploits de Raymond Feist, l’apprenti écrivain

Pug est un jeune orphelin élevé par la famille du maître cuisinier d’un châtelain, le duc Boric de Cydree. En compagnie de Tomas, son demi-frère adoptif, ils passent une enfance heureuse, partageant leurs moments en corvées et loisirs, comme tous les gamins de leur age.
Dans la culture de ce pays, lorsque l’enfant arrive à l’age de 13 ans, vient ce que l’on appelle traditionnellement l’heure du choix. Lors de cette cérémonie, les différentes maîtres de métier de la région choisissent des apprentis qui devront les aider dans leur tache, en attendant le moment de prendre la relève des anciens. Si Tomas trouve rapidement asile auprès du maître d’arme responsable de la formation de la garde, Pug doit attendre le dernier moment avant d’être choisi par un étrange personnage, le magicien Kurgan, que le jeune garçon avait déjà rencontré lors d’une nuit d’orage, en pleine forêt.
Lentement et laborieusement, Pug commence sa formation d’apprenti magicien. Un jour, il est désigné pour escorter Carline, la fille cadette du duc, une superbe adolescente un peu bêcheuse. Lors de la promenade, Pug sauve Carline d’une attaque de trolls, en utilisant de manière inconsciente des pouvoirs magiques puissants, et il est récompensé par le duc qui l’anoblit généreusement.
La destinée de Pug et de ses amis va cependant suivre une trajectoire dramatique lorsque le monde de Midkemia subit la soudaine attaque des Tsurani, une étrange peuplade venue d’une autre dimension par le biais de portails magiques. Ensuite Tomas s’égare dans les grottes lors d’une expédition vers la ville de Krondor - il sera cependant recueilli par les membres d’un clan de nains, après avoir rencontré dans des mines un vieux dragon débonnaire (oui, oui, dés le début !). Puis, c’est au tour de Pug de disparaître, capturé par les Tsurani lors d’un raid, alors que dans le même temps la cité de Cydree est assiégée par l’ennemi – évènement qui met en valeur les qualités du second fils du duc, le noble et impétueux Arutha.
Dans un dense récit de plus de 500 pages, l’auteur nous expose de manière agréable et dynamique trois années d’existence du Royaume de Midkemia. On apprend ainsi que le monde imaginé par Feist est un monde d’héroïc-fantasy somme toute assez classique, se rapprochant fortement des Royaumes Oubliés – un des univers de Dungeons & Dragons – avec ses stéréotypes raciaux. On croisera donc au fil des aventures de Pug et de ses amis, des elfes noirs (Merendhels), des elfes, des nains, des trolls et des gobelins, tous ayant approximativement les mêmes caractéristiques que leurs équivalents dans le jeu de rôle créé par Gary Gigax au milieu des années 70. Ce n’est donc pas une surprise d’apprendre que Feist est un grand amateur de jeux de rôle, et il me plait même à savoir que certaines de ses parties ont grandement influencé la genèse de cette œuvre – de la même manière que Froideval avec ses Chroniques de la Lune Noire.
L’avantage de cet aspect, malgré le fait que cela prive le roman d’une partie de son originalité, est que le lecteur accoutumé à la fantasy marche en terrain reconnu et même balisé. Soulagé d’un décryptage culturel et ethnique qu’il est parfois nécessaire d’opérer dans les ouvrages plus personnels, il peut se concentrer essentiellement sur l’aventure à proprement parlée (je ne ferais non plus l’hypocrite en affirmant que l’auteur n’a, à aucun moment, songé à profiter de la vague d’enthousiasme que connaissait AD&D au début des années 80).
De toute façon, on se moque un peu des raisons premières qui ont conduit l’auteur a récupérer autant d’ingrédients de la célèbre saga. Le plus important reste de savoir si, à partir de cette matière, il a construit quelque chose de solide. Et là, je le dit haut et fort, je suis intimement persuadé que oui. Car ce premier tome, même s’il démarre très mollement, monte lentement en puissance pour finalement arriver, à partir de sa moitié, à une véritable geste épique qui ne se consacre plus uniquement qu’au jeune Pug, mais aussi aux personnages secondaires qui prennent énormément de volume. Ils dépassent peut-être même en intérêt le héros lui-même. On prend part alors aux tribulations de Tomas, Carline, Roland, Arutha, et Martin l’Archer avec le plus grand plaisir, ces personnages bénéficiant de leur propre personnalité et devenant par la même très attachants. D’ailleurs, le sort de Pug nous est inconnu au moment de sa capture et durant le reste du récit – un bon quart du livre – on n’en entend plus parler.
L’épilogue du livre est encore plus enthousiasmant, car Raymond E. Feist passe un bref moment dans le camp de l’ennemi mystérieux, cette sorte de peuplade asiatique dirigée par une caste de samouraïs, non pas par le regard voyeuriste d’un éclaireur Midkemien, mais directement en nous permettant d’accompagner durant quelques moments un des principaux officiers Tsuraniens dans ses actions et ses pensées, ce qui ne manque de nous réserver quelques intéressantes surprises.
Le seul reproche que l’on pourrait faire à Pug l’Astucieux est sa relative pauvreté technique, défaut amplifié par un vocabulaire assez primaire. On a parfois l’impression, surtout lorsque l’action est ralentie, de lire un ouvrage de la Bibiothèque Rose, impression qui s’estompe cependant petit à petit au fil des lignes, pour atteindre un niveau convenable lorsque le roman bascule dans l’épique. Cependant, même à ce moment, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’est pas de la grande écriture. On est très loin des niveaux narratifs de Tolkien, Vance ou Eddings, malgré les qualificatifs flatteurs du quatrième de couverture. Heureusement, l’enthousiasme et l’imagination de l’écrivain ainsi qu’une grande richesse de personnages et de situations compensent largement cette relative médiocrité littéraire.
En positivant, on pourrait toutefois dire que ce type très simple d’écriture a le mérite d’en permettre l’accès à un jeune lectorat, qui de plus se reconnaîtra facilement dans les personnages les plus jeunes (Pug, Carline, Roland ou Tomas).

La conclusion de à propos du Roman : Pug, l'apprenti #1 [1997]

Nicolas L.
78

Au moyen d’une écriture très (trop ?) légère, Feist nous amène dans son monde de Midkemia, - qui ressemble comme deux gouttes d’eaux aux célèbres Royaumes Oubliés - pour nous y faire vivre des trépidantes est excitantes aventures épiques, en compagnie de héros attachants et intéressants. Faussement puéril, mais restant facile d’accès, Pug l’Astucieux est le premier ouvrage d’un auteur débutant (mais qu’il fut âgé de près de 40 ans) débordant d’imagination et doté d’un enthousiasme sacrément communicatif. Si bénéfique qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale.

Que faut-il en retenir ?

  • Terrain connu et balisé
  • Très accessible (et recommandé) au jeune public
  • Des personnages attachants
  • Très distrayant
  • Deuxième partie joliment épique

Que faut-il oublier ?

  • Air de déjà vu pour les vieux briscards de AD&D
  • Première partie un peu puérile
  • Niveau d’écriture assez faible

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