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Critique du roman : Le mystérieux docteur Fu Manchu [1913], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 26 février 2008 à 15h14

La naissance d’un mythe pulp

« Imaginez-vous donc un individu long, maigre, félin, les épaules hautes ; donnez-lui le front de Shakespeare et le visage de Satan, un crâne soigneusement rasé et des yeux verts – verts comme ceux des chats. Mettez à sa disposition toute la cruauté d’un vaste peuple de l’Asie, concentrée en un esprit géant… » Le docteur Fu Manchu !
Quelle brillante initiative ont eu là les responsables éditoriaux des éditions Zulma – dont les parutions se consacrent en général aux ouvrages en langues étrangères et aux rééditions de textes classiques ! En effet, je ne peux qu’applaudir leur décision de rééditer les romans de Sax Rohmer, consacrés au célèbre, et à la fois méconnu, docteur Fu Manchu. Car, en effet, si le personnage est désormais solidement ancré dans l’imagerie populaire comme l’incarnation de la Menace Jaune, peu de gens connaissent en réalité sa véritable origine.
La naissance de Fu Manchu se produit en 1913, de la plume de Sax Rohmer, un écrivain populaire d’origine sociale modeste qui tire son style narratif de l’esthétisme post-victorien, notamment de la littérature de sir Arthur Conan Doyle. Néanmoins, on se rend rapidement compte que Sax Rohmer était également un homme de son temps, à la recherche de nouvelles expérimentations, de celles qui ont permis la naissance du style pulp et du roman noir. Ainsi, si Le Mystérieux docteur Fu Manchu est de structure classique, conçu sous la forme d’un mémoire, le roman présente également des aspects aventureux, un ton résolument horrifique, et jette fréquemment des regards vers l’affriolant irréalisme de la science-fiction.
Les principaux personnages du roman sont l’agent Nayland Smith et le docteur Petrie. Etant donné que Sax Rohmer tisse le fil de leurs aventures en alternant des situations d’enquête policière avec d’autres plus axées sur la traque, on ne manquera pas donc de faire le rapprochement avec un autre célèbre duo anglais ; à savoir Sherlock Holmes et son cher docteur Watson. Oui, mais l’on aurait tort de résumer la nature du binôme Smith / Petrie à un simple succédané. Car ces personnages s’éloignent finalement assez souvent de l’imagerie classique des enquêteurs de Scotland Yard pour pénétrer sur le terrain de l’aventure effrénée. Finalement, les héros du mystérieux docteur Fu Manchu sont autant des archétypes victoriens que les géniteurs de ces aventuriers-investigateurs qui fleuriront dans la littérature pulp américaine et les krimi allemands quelques années plus tard.
Venons-en maintenant à l’essentiel : le docteur Fu Manchu! Et là, il va falloir se remettre dans le contexte de ce début du vingtième siècle, faute d’entamer un véritable festival de grincement de dents qui n'aura lieu de cesser jusqu'à la dernière page. Difficile en effet de rester de marbre devant le portrait dressé de ce personnage, matérialisation exacerbée de la xénophobie qui imprégnait ces esprits occidentaux de la période issus de la révolution industrielle. Fu Manchu est en effet le catalyseur de toutes ces « tares » que l’on incombait en général à la culture et à la civilisation asiatique. Sax Rohmer ne lui enlève pas le bénéfice d’une brillante intelligence, mais mise au service du Mal, ce qui est finalement encore plus abject. Sadique, fourbe, vil, lâche, un maître assassin qui met en exergue tout ce que la rigide éducation anglicane réprouve, avec un unique but : la destruction de la civilisation occidentale. Si, dans les années 50, les maccarthistes masquaient leurs préjugés sous des épidermes verdâtres et des antennes martiennes, Sax Rohmer, lui, ne cache pas l’aversion qu’il éprouve à la vision de ces «peuples décadents, pervers et cruels». Le tout avec une totale absence de second degré (contrairement aux films et aux œuvres plus tardives qui récupèreront le personnage) qui peut, de toute évidence, mettre mal à l’aise.
Et l’histoire ?, me direz-vous. Hé bien, pour peu que l’on arrive à supporter la répétitions de ces nombreux passages à caractère raciste, je pense qu’elle est très agréable à suivre. Ce fut du moins mon ressenti. Le style est simple, certes, et le coté théâtral sonne un peu comme désuet, mais le rythme est bien soutenu, l’aspect exotique (avec l’improbable et lascive esclave arabe ; encore un sacré cliché !) très amusant, et l’on prend un certains plaisir à deviner à l’avance les fourberies de Fu Manchu – tout comme on sourit souvent à la naïveté et l’héroïsme "so british" de nos deux enquêteurs.

La conclusion de à propos du Roman : Le mystérieux docteur Fu Manchu [1913]

Nicolas L.
75

Si vous désirez avoir un aperçu de ce que lisait nos grands-parents amateurs de SF dans les gares - ou dans les station de tramway et de métro -, jetez un œil sur ce Mystérieux docteur Fu Manchu, je suis sûr que vous ne serez pas déçu. Vous découvrirez aussi la genèse de l’un des plus grands « vilains » du vingtième siècle. Un personnage exotique qui deviendra au fil des années, dans la culture populaire, la principale incarnation de la Menace Jaune ; un mandarin maléfique, qui voue toute son incroyable intelligence à atteindre un seul objectif : la destruction de la race blanche !

Que faut-il en retenir ?

  • La naissance d’une icône pulp
  • Un récit très divertissant
  • Une écriture simple, au charme désuet

Que faut-il oublier ?

  • Une atmosphère xénophobe assez gênante

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