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C'est quoi ce truc ? Hidden
Quand Kyle MacLachlan chassait de l'alien...

C’est quoi ce truc ? est une petite rubrique apériodique (n’attendez donc pas le prochain article avec impatience) qui met en lumière quelques films méconnus. Nanars, séries B ou chef d’œuvre inconnus, nous vous présentons ici une sélection de longs-métrages sélectionnés avec amour !

Ca parle de quoi ce truc ?

D’honnêtes citoyens se transforment du jour au lendemain en criminels assoiffés de sang. En fait, c’est parce qu’ils sont possédés par un extra-terrestre nihiliste qui aime l’argent, les belles voitures, mais aussi la violence, tuer des gens et écouter du hard rock. L’agent spécial Gallagher – qui est lui aussi un extra-terrestre contrôlant un humain – et le lieutenant Beck – qui est juste un humain à la con - vont devoir faire équipe pour tenter d’éliminer l’alien avant qu’il n’atteigne sa cible finale : le futur président des Etats-Unis d’Amérique !


« Ce gars écoutait du hard rock avec le volume à fond ! La ville est en danger mec ! »​

C’est pas du gros d’importe-nawak ce truc ?

Complètement. Si le concept de base de Hidden est dans la droite lignée des Maîtres du Monde et de L'invasion des profanateurs de sépultures (c'est à dire avec des aliens qui copient/possèdent des humains pour conquérir notre monde), le traitement, lui, s’avère étonnamment régressif. Ici, les extra-terrestres aiment les grosses voitures, le pognon, les boites de strip-tease et les gros flingues, ils écoutent du rock, pètent à table, conduisent vite et mal, tuent et massacrent sans véritable raison. Enfin, en réalité, il y a tout de même une raison qui motive leurs actes : ils font tout ça parce qu’ils en ont envie. On a dès lors bien du mal à comprendre comment cette espèce supposément plus évoluée que nous peut avoir un comportement à peine digne du premier ado attardé venu.

Toutefois, dès lors que l’on fait l’effort d’accepter ce concept un brin idiot, Hidden s’avère assez cohérent dans sa bêtise. C’est par exemple justement parce qu’il a un comportement impulsif que l’alien s’avère si difficile à attraper, ou qu’il va commettre ici et là les erreurs qui vont finalement le mener à sa perte. Bref, contrairement aux clones habituels de L'invasion des profanateurs de sépultures, nous sommes ici en présence d’une espèce extra-terrestre finalement pas si différente de nous autres humains. Et du coup, cela signifie que Hidden fait partie des déclinaisons les plus originales étant donné que d'ordinaire, ce type d'alien est supérieurement intelligent et que son invasion est parfaitement planifiée.

Alors oui, c’est effectivement du n’importe-nawak, mais c’est du bon n’importe-nawak qui mélange habilement plusieurs registres (le film ressort à la fois de l'action, de l'enquête policière, de la science-fiction et de la comédie noire).

Mais qui a fait ce truc ?

Hidden est le deuxième film de Jack Sholder, qui avait fait ses premières armes comme monteur sur le slasher Carnage (auquel on a consacré un C’est quoi ce truc ? que vous pouvez lire ICI). Deux ans plus tôt, il mettait en boite La revanche de Freddy, première suite aux aventures de tueur des rêves. Plutôt mal reçue par les fans à l’époque, cette séquelle possédait tout de même quelques qualités indéniables, notamment un traitement qui tranchait avec celui de Wes Craven. Jack Sholder n’a par la suite jamais transformé le succès de Hidden puisqu’il ne fera plus rien vraiment intéressant après, alternant entre téléfilms anecdotiques, séries Z sans intérêt et séries B à peine potables (tout au plus pourra t-on recommander aux fans de films de monstres Arachnid). Sholder n’a plus rien tourné depuis 2004.

Le script est quant à lui signé par Jim Kouf, scénariste qui a une carrière des plus hétéroclite puisqu’il est l’auteur de trucs vraiment bien (Etroite surveillance, Money Monster) de trucs sympas (le premier Benjamin Gates, la série Grimm), de trucs moyens (Rush Hour, Opération Dumbo Drop) et de gros étrons (New york Taxi). La production est quant à elle l'oeuvre de Robert Shaye, qui a financé quelques incontournables du cinéma d'horreur comme Les griffes de la nuit ou Critters, et qui a fini par travailler avec Peter Jackson sur les trois volets du Seigneur des Anneaux.

Devant la caméra, on retrouve l’immense Kyle MacLachlan, dont c’est le troisième long-métrage après Dune et de Blue Velvet. À ses côtés, le flic bourru "à-qui-on-ne-la-fait-pas" est interprété par Michael Nouri, l’amoureux transit de Jennifer Beals dans Flashdance (malgré plus de cent films au compteur, ce petit rôle quelque peu anecdotique reste tout de même son plus célèbre). Autour d’eux, le casting est composé d’éternel seconds rôles du cinéma des années 80, d’Ed O'Ross à Claudia Christian en passant par Chris Mulkey. On notera également des apparitions de Danny Trejo et de Branscombe Richmond (l’éternel Bobby Sixkiller du Rebelle).

Et ça a marché ce truc ?

Ça a marché oui, plutôt pas mal. Déjà, le film a reçu le Grand Prix du Festival d’Avoriaz, devant Robocop de Paul Verhoeven, Aux frontières de l'aube de Kathryn Bigelow, Prince des Ténèbres de John Carpenter, Princess Bride de Rob Reiner, Histoires de fantomes chinois de Siu-Tung Ching ou Prison de Renny Harlin, Le méritait-il ? Clairement non. Le jury, présidé par Sydnet Lumet, a clairement remis le prix à l’un des films les plus mineurs de la sélection (mais quelle sélection !).

Ceci dit, ce prix lui a donné une vraie visibilité puisqu’en France, il a réalisé plus de 670 000 entrées. Aux Etats-Unis, il a rapporté 10 millions de dollars, soit le double de son budget. Donc Hidden n’a pas tout défoncé au box-office, mais il est rentré dans ses frais.

Mais c’est bien ce truc ?

Et bien vous savez quoi ? C’est vraiment super cool ! J’avais vu ce film quand j’avais une dizaine d'années, et j’avais beaucoup aimé. Cependant, avec le temps, j’avais fini par me dire que les yeux de l’innocence avaient dû me rendre très indulgent. Mais quand je l’ai revu pour faire cette chronique, je me suis rendu compte qu’il était assez proche de ce que j’avais gardé en mémoire, et j’ai une nouvelle fois passé un super bon moment !

Hidden, c’est tout simplement une série B dopée à l’adrénaline. Efficace de bout en bout, elle accroche le spectateur dès les premières minutes (la course-poursuite qui ouvre le film en est l’un des meilleurs moments) et tient sa tension jusqu'à la fin. Certes, le film n’a intrinsèquement rien de génial, mais toutes ses composantes sont bien faites : une mise en scène solide, un scénario sans temps mort, des comédiens charismatiques, un humour bien dosé et des effets spéciaux tout à fait corrects. On devine que le budget ne fut pas grandiose, mais on a vraiment l’impression de voir chaque centime dépensé à l’écran : il y a certes une économie de moyens, mais rien ne fait vraiment cheap.

Débarrassé de toute logique commerciale qui l’aurait forcé à être propret, Hidden peut tout se permettre et pousse son concept jusqu’au bout. Les choses sont posées dès la course-poursuite d’introduction dans laquelle le méchant écrase tout ceux qui ont le malheur de croiser son chemin. Le film ne tombe cependant jamais dans la violence gratuite, et parvient d'ailleurs à se moquer de ses défauts grâce à un humour bien dosé, correctement intégré à l’intrigue et parfaitement maîtrisé par les comédiens (le duo Kyle MacLachlan / Michael Nouri fonctionne très bien).

En plus, vous savez quoi ? On peut voir dans ce film un certain symbolisme qui lui donne une lecture sous-jacente assez intéressante. Hidden propose ainsi en sous-texte une vraie critique de la société de consommation et des années Reagan. Oui, je l'admets volontier, c’est loin d’être subtil, mais on ne peut nier que Jack Sholder a tout de même voulu dire quelque chose avec son film. Rien que pour ça, on ne peut pas juste rabaisser Hidden au rang de simple série B bourrine et décérébrée.

Alors certes, Hidden n’est pas dénué de défauts. Déjà, comme je le disais plus haut, son concept WTF implique que le spectateur fasse un petit effort pour y croire. En plus, le film est d’un manichéisme total : la lutte du bien contre le mal oppose ainsi un méchant alien noir tout visqueux à une forme d’énergie blanche et pure, une créature répugnante qui veut satisfaire tous ses désirs à un boyscout angélique présent pour protéger son prochain. Et puis, globalement, le tout manque tout de même un peu d’enjeux dramatique : on a en effet bien du mal à croire qu’une telle créature puisse vraiment représenter un danger pour notre monde.

Bref, sans être un chef d’œuvre absolu du cinéma, Hidden n'en demeure pas moins très recommandable. Le film cherche à clouer le spectateur à son fauteuil pendant 90 minutes, et il y parvient avec succès. C'est un long-métrage énergique, sans temps morts, pas trop typé années 80 (un peu, mais ça passe), bénéficiant d'une interprétation de qualité. C'est déjà pas mal non ?

Et on peut le voir où ce truc ?

Le film est disponible en DVD et Blu-ray dans toutes les bonnes crèmeries (attention toutefois à ne pas confondre avec un autre Hidden, sorti en 2015 et réalisé par les frères Duffer). Les supports sont de bonne facture et disposent de quelques bonus intéressants, notamment un commentaire audio de Jack Sholder, malheureusement non sous-titré (ce qui est d’autant plus dommage qu’il reprend le film point par point et parle de ce qui a été abandonné faute de budget.

Auteur : Vincent L.
Publié le lundi 3 décembre 2018 à 14h00

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