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Critique du Film : John Carter
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Critique du Film : John Carter

Avis critique rédigé par Richard B. le vendredi 2 mars 2012 à 0031

Bienvenue sur Mars.

John Carter, originaire de l'état de Virginie, anciennement capitaine de cavalerie dans l'armée confédérée, las des guerres qui ravage les États-Unis et de la présence humaine en général, n’a plus comme ambition que de faire route vers l’ouest pour y chercher de l'or. Alors qu’il fuit une bande d’indiens, il trouve refuge dans une caverne où il doit combattre un mystérieux inconnu, apparu brusquement. À l'issue de l'affrontement, John Carter se trouve, sans qu'il sache vraiment comment, projeté dans un lieu désertique, étrange et, comme il le constatera très vite, non dénué de danger.

Avant de se mettre dans le bain, un film comme John Carter impose un postulat de départ qu'il faut accepter. Pour faciliter le processus, il est bon de revenir aux origines du personnage. John Carter est le fruit d'une époque où l'homme n'avait pas encore marché sur la lune et il ne connaissait que peu de choses, voire rien, de Mars. Un temps dans lequel des personnes comme Jules Verne imaginaient un Voyage au centre de la terre (1864) ou encore un voyage de la Terre à la Lune (1865). C'est en 1912, dans le magazine All-Story Magazine, via une histoire à épisodes intitulée Under the Moons of Mars, qu'Edgar Rice Burroughs crée le personnage de John Carter (l'auteur imagina la même année le personnage emblématique de Tarzan). Nous sommes aux débuts de l'esprit « PULP », une époque salutaire où l'homme laissait libre court à son imagination, et n'était pas encore ralenti par les côtés pragmatique et scientifique d'aujourd'hui. Alors, oui, dans John Carter, il y a de la vie sur Mars. Oui, il y est possible de respirer. A coté de cela, il y a déjà quelques notions de faible pesanteur, transformant le personnage en une sorte de Superman terrien. Donc, par pitié, avant de voir John Carter, si vous avez l'intention de faire le voyage, écartez votre coté rationnel, vous êtes dans un univers « PULP », un univers dans lequel c'est l'imagination et non la science qui règne. Si vous vous y refusez, il est certain que vous passerez à côté du film.

Image John Carter

Cette petite introduction paraissait essentielle, car la qualité première de cette production est d'avoir respecté cet état d'esprit et d'avoir retranscrit à l’écran une grande partie de la richesse de l'univers qui entoure le personnage. Nous retrouvons dans John Carter un lieu essentiellement désertique, générant l’impression que beaucoup de choses sur cette planète se sont produites et qu’elle est bel et bien en train de mourir. Nous retrouvons, à l'instar de Star Wars, divers peuples (Les Héliumites, les Zodangiens, les Tharks ou encore les Therns) et créatures (les Calos, sortes de gros chiens lézard ou les gorilles blancs géants). Bien entendu, pour rendre les enjeux un peu plus grands, l'adaptation sur grand écran ne transpose pas ici que Princesse de Mars, mais aussi Les Dieux de Mars, Le Seigneur de la Guerre de Mars et même une partie de Thuvia, Reine de Mars (qui ne s'inscrit pourtant pas dans le cycle initiatique de John Carter). On est fasciné par l'univers qui nous est proposé, autant martien que terrien d'ailleurs, il faut reconnaître qu'avoir choisi de conserver le XIXe siècle comme période d'action permet un dépaysement tout aussi accrocheur avec un véritable travail sur les costumes et décors de cette période. De plus, Andrew Stanton, Mark Andrews, Michael Chabon semblent avoir trouvé le bon compromis en terme d'écriture, et ils nous promènent d'un lieu à un autre, et d'un temps à un autre avec une facilité qui rend l'intrigue encore plus ambitieuse. A la vue de ce qu'on découvre, il était difficile d'imaginer mieux en terme d'adaptation d'écriture – il suffit de voir les Chroniques de Mars pour se rendre compte que ce n'était pas gagné (et on ne parle ici que d'écriture, car évidemment le budget ne permet pas d'autres comparaisons).

Image John Carter

De toute évidence, un projet comme John Carter demandait des moyens ambitieux et Disney semble avoir eu assez confiance pour les mettre (on parle d'un budget tournant autour de 250 millions de dollars). Du coup, les effets spéciaux et les décors sont somptueux et on se retrouve dans un monde, visuellement parlant, plus vrai que nature. On est même assez surpris dans le fait que Disney n'ait pas essayé d'infantiliser le produit, car hormis les Calos, représenté ici par une créature portant le nom de Woola, qui pour le coup semble sortir du bestiaire Disneyen, le reste est plutôt sérieux et froid. Bien entendu, il y a quelques notes d'humour dû au sale caractère du personnage principal, mais au demeurant de manière très en retrait, on ne pourra ainsi nullement comparer l'ambiance de John Carter à celui d'un Pirates des Caraïbes. Le ton est ici bien plus sérieux. Un risque que l'on ne peut qu'apprécier, même si la suite des aventure du virginien dépendront de la rencontre entre ce dernier et le public. Heureusement, sur ce point, à l'inverse du dernier maître de l'air de M. Night Shyamalan ou La boussole d'or de  Chris Weitz, le réalisateur de Wall-E, Andrew Stanton, nous propose une fin assez fermée pour ne pas créer la moindre frustration. S'il y a bien une porte ouverte, celle-ci reste légère et ne nuit nullement à la vision du film dans son ensemble.

Image John Carter

Si, jusqu'ici, nous avons évoqué les multiples qualités de John Carter, le film n'est cependant pas dénué de quelques défauts. Pour commencer, Andrew Stanton déçoit en termes de mise en scène. Non pas que la mise en image soit mauvaise, au contraire, celle-ci est très belle - mais en cela on aurait surtout à féliciter le directeur de la photographie Dan Mindel (Star Trek). Le problème est surtout que rien ne semble vraiment original dans les choix de réalisation et qu'on attendait mieux de la part du réalisateur de Wall-E. À l'inverse d'un Brad Bird qui est lui aussi issu du monde de l'animation et qui se montrait particulièrement inspiré sur Mission impossible 4, Andrew Stanton préfère ne pas prendre de risque et aller chercher les idées là où elles ont déjà marchées. Donc,  autant dire que des séquences semblent entièrement calquées sur des Star Wars (en particulier l'attaque des clones), la musique de John Williams en moins. Et justement, côté musique, là aussi, ce n'est pas franchement une réussite. C'est la deuxième fois que Michael Giacchino doit être comparé à ses aîné, et dans les deux cas cela ne lui réussi pas. Après n'avoir jamais su rendre Super 8 poétique quand il le fallait, Michael Giacchino n'arrive jamais à amener un côté épique à John Carter. Croyant qu'il suffit de placer quelques tambours et quelques voix, le compositeur présume pouvoir faire le minimum syndical. Et bien, il se trompe. On se retrouve devant un score paresseux, sans la moindre ampleur, ou seul un passage arrivera vraiment à se distinguer et faire naître un début de battement de cœur. Il est facile à imaginer que John Carter sous les partitions d'un John Williams, du regretté Jerry Goldsmith ou même d'un James Horner ou un Alan Silvestri, nous aurait donné le droit à un score digne de ce nom et, du coup, à un film mille fois plus épique. Le troisième point qui pourrait fâcher se situe dans une conversion relief 3D inutile, semblant là plus pour justifier un supplément de quelques euros, que pour amener un plus côté spectacle. Le seul point positif étant qu'ici la 3D ne gêne pas la vision de film, ce qui est déjà un plus par rapport à d'autres. Mais si l'occasion se présente, la vision en 2D suffira largement.

Image John Carter

Ceux qui pouvaient – en toute légitimité – craindre du choix de Taylor Kitsch (Remy LeBeau dans Wolverine) pour jouer John Carter peuvent se rassurer. Certes il n'a pas un poil au torse, mais malgré tout il arrive à amener un semblant de virilité, et le principal,  une certaine crédibilité à son personnage. Lynn Collins (qui fut-elle aussi dans la distribution de Wolverine en jouant le personnage de Kayla Silverfox), paraît un poil trop effacée et, au final, semble aussi manquer de caractère au vu de son personnage qui se veut justement avoir un tempérament bien trempé. Pour autant, elle assume assez bien le côté sensuel, surtout quand cette dernière porte la robe de la mariée (oui, on l'épouserait volontiers même). On appréciera aussi quelques seconds rôles à forte stature, même si Willem Dafoe dans la peau d'un extraterrestre ça semble un peu du gâchis (son personnage de Tars Tarkas est du reste très attachant). Le centurion Dominic West interprète ainsi le méchant Sab Than, Ciarán Hinds qui a survécu à La dame en noir est le père de la mariée Tardos Mors et James Purefoy, qui en a fini avec Solomon Kane, joue ici un lieutenant de la flotte d'Hélium.

La conclusion de

L’impression globale qui se dégage de ces aventures de John Carter est plus que positive : l’univers, les personnages, l’esprit qui se dégage de l’ensemble est fascinant. Et si, en raison de quelques défauts, on a une légère sensation de regret (celle d’être passé à côté de quelque chose qui aurait pu être encore plus « énorme » si ce même scénario avait atterri entre les mains d'un James Cameron, d’un Spielberg, voire - en allant chercher dans l'écurie de Pixar - d'un Brad Bird), on espère tout de même que le film marchera assez pour donner une suite, car de toute évidence on ferait bien un nouveau voyage sur Mars en compagnie de John Carter.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers passionnant.
  • De la vraie SF pulp !
  • Des effets spéciaux de qualités.
  • Un scénario bien mené.

Que faut-il oublier ?

  • La bande originale sans ampleur.
  • La 3D inutile,
  • Une mise en scène assez fainéante.

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