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John Carter >

Critique du Film : John Carter

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 7 mars 2012 à 12:16

Sympathique, sans plus...

Seconde adaptation du Cycle de Mars d'Edgar Rice Burroughs - la première, Les Chroniques de Mars, ayant été produite par la très opportuniste firme low-cost Asylum - John Carter est l'aboutissement d'un fantasme cinématographique vieux de près de quatre-vingt ans. En effet, l'industrie cinématographique a longtemps tenté d'adapter les romans de Burroughs, que ce soit en film d'animation (dans les années 30, où il aurait pu être le premier film d'animation de l'histoire du cinéma) comme en film live (à partir des années 80, où de nombreux réalisateurs se sont cassés les dents) ; mais les coûts très importants de ces projets auront eu tôt fait de faire avorter les nombreux chantiers mis en oeuvre. Ainsi, depuis la parution du premier roman, il aura fallu atteindre un siècle complet pour que les moyens technologiques permettent de donner vie à Barsoom, la planète Mars telle que l'avait imaginé Burroughs.

Le principal souci d'une adaptation si tardive tient au fait que si les romans d'Edgar Rice Burroughs ont clairement influencés nombre d'oeuvres de la SF moderne (Star Wars et Avatar, pour citer les deux plus célèbres), il est aujourd'hui en total décalage avec les attentes du grand public vis à vis de ce style de production. La planète Mars peuplée de grands hommes verts et de petites hommes rouges, doté d'une atmosphère permettant de respirer (d'ailleurs le film, contrairement au livre, n'explique pas du tout les raisons de l'oxygène marsien), voilà qui risque de rebuter des spectateurs à qui l'on tend à servir des spectacles qui se cherchent une légitimité en se voulant un minimum crédibles. John Carter, c'est en effet du pulp pur et dur, aspect sur lequel le film a étrangement assez peu communiqué, laissant le spectateur circonspect devant un trailer qui leur vend un spectacle aux antipodes de ce qu'on leur vend régulièrement.

Les fans de l'oeuvre de Burroughs seront ainsi heureux de constater qu'Andrew Stanton et son coscénariste (le romancier Michael Chabon) ont conservé ce qui fait la particularité des romans, et ce sans tenter une modernisation qui aurait clairement été une faute de mauvais goût. En ce sens, le film s'apparente à une bonne transposition, conservant l'âme du roman (tant au niveau de l'ambiance qu'à celui de l'histoire) tout en se permettant quelques modifications destinées soit à l'adapter au format cinématograhique, soit à introduire les futures suites (on relèvera notamment l'apparition prématurée des Therns, qui n'arrivent normalement que dès le deuxième volet). Tout cela tend à donner à John Carter un aspect aventureux très agréable, tout en lui conférant une ambiance rétro qui réjouira les amateurs des romans.

De plus, John Carter bénéficie de qualités visuelles remarquables. La planète mars, ses habitants, sa technologie et ses spécificités prennent vie sous nos yeux sans qu'une seule fausse note ne vienne gâcher le résultat final. De la direction artistique aux effets spéciaux en passant par la photographie de Daniel Mindel, toute l'équipe du film a réussi à récréer la planète Mars telle qu'issue de l'imagination de Edgar Rice Burroughs. Esthétiquement, le film est donc un enchantement de tous les instants, donnant sans cesse quelque chose à voir pour tendre à rendre la planète aussi crédible que possible. On reconnait ici le savoir faire d'Andrew Stanton, réalisateur issu du cinéma d'animation, pour mettre en valeur sans insister trop lourdement dessus les différents éléments visuels, et ainsi conférer à son film un certain caractère.

Cependant, au delà de cette partaite mise en valeur son décorum, Andrew Stanton ne réussit malheureusement pas à doter le film d'une mise en scène à la hauteur de son ambition. Non pas que son travail soit catastrophique - le film est d'ailleurs parfaitement rythmé, Stanton ayant impeccablement géré ses deux heures vingt de film - il manque simplement de panache, de bravoure et de souffle héroïque. De fait, en dépit de ses nombreuses qualités, John Carter est plat, et l'on ne vibre que trop rarement vis à vis de ce qui est montré à l'écran. De plus, en sophistiquant un beau trop son long-métrage, Stanton en est arrivé - volontairement ? - à mettre de côté l'aspect pulp, pourtant au coeur de l'oeuvre adaptée par le film. John Carter manque ainsi singulièrement de folie et, à moindre niveau, d'humour (les touches comiques sont réussies, mais trop rares).

Enfin, niveau casting, la réussite n'est pas non plus de mise, et tend également à faire baisser le niveau qualitatif du film. Dans le rôle principal, Taylor Kitsch ne fait pas un très bon John Carter : trop jeune et trop minet, il n'est physiquement pas très crédible, trop premier degré dans son interprétation, il offre au spectateur un personnage plutôt fade. A ses côtés, la très jolie Lynn Collins campe une princesse-potiche sans grand intérêt. Les autres acteurs, quant à eux, font le minimum syndical dans leur registre habituel : le sage pour Ciarán Hinds, le méchant théâtral pour Dominic West, le méchant classieux pour Mark Strong. Dans le lot, on retiendra la prestation de James Purefoy, malheureusement peu mis en avant, mais qui parvient à emporter l'adhésion l'espace de quelques séquences sympathiques. A leur décharge, reconnaissons qu'ils n'avaient pas grand chose à jouer...

55

John Carter est un blockbuster sympathique qui parvient à transposer assez fidèlement le premier roman du Cycle de Mars d'Edgar Rice Burroughs. Esthétiquement magnifique, doté d'une ambiance aventureuse particulièrement plaisante, le film ne dépasse malheureusement jamais son statut de spectacle basique, faute à une mise en scène manquant de panache (au sens "héroïque" du terme) ainsi qu'à un acteur principal assez fade. Au final, le résultat s'avère somme toute plaisant, mais on ne peut s'empêcher de se demander ce que serait devenu cette histoire dans les mains d'un réalisateur de plus grande envergure...

Critique de publiée le 7 mars 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Une adaptation correcte,
  • Ambiance sympathique,
  • Rythmé et dynamique,
  • Très belle direction artistique,
  • Visuellement soigné,
  • Des effets spéciaux impeccables.

Que faut-il oublier ?

  • Manque de souffle épique,
  • Aspect pulp mal mis en avant,
  • Un casting fade,
  • Des personnages peu consistants.

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