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Critique du Film : Splice

Avis critique rédigé par Gil P. le vendredi 2 juillet 2010 à 15:10

Splice up your Life !

Deux scientifiques, amants à la ville, aidé de leur équipe réussissent la synthèse par clonage de deux organismes issus d'un cocktail de gênes de plusieurs animaux. Les portées médicales sont sans précédent car une protéine des organismes ainsi créés permet de soigner une maladie du boeuf à moindre coût. La société qui les emploie se réjouit de pouvoir enfin industrialiser le processus... Mais les deux génies ne l'entendent pas de cette oreille et tentent une expérience interdite afin d'aller encore plus loin, pouvoir mixer une partie de l'ADN humain... Au début uniquement comme un jeu pour voir s'ils y arriveraient, ils finissent par devoir prendre en charge le résultat de leur étrange expérience, une petite fille hybride...

Diffusé en pleine fête du cinéma, Splice a été une surprise pour la partie la plus jeune de la salle. Le public se partageait entre des geeks parfaitement dans le trip d'un nouveau Vincenzo Natali et attendant donc un film SF à la portée "philosophique" pour cacher le manque usuel de budget alors que les autres venaient voir un Alien la Résurrection et ont été pour certains agréablement bercé et pour les autres relativement ennuyé. Le film a ceci d'étonnant qu'il cache de grosses qualités sous quelques défauts assez criants qui peuvent empêcher une séduction pourtant thématique du film.

Le film tourne principalement autour du couple et de leur rapport à la créature. Alors que Sarah Polley incarne génialement une mère, tour à tour aimante, possessive et parfois agressive avec sa "progéniture", Adrien Brody a été engagé pour incarner un "père" indigne, assez distant au début mais qui s'impliquera au fur et à mesure que la petite "fille" devient femme... Le casting est réduit à son maximum (sept acteurs, une vingtaine de figurants) et pourtant Splice fait bonne figure parmi les productions de film de monstres, d'hybrides qui ne tournent pas exactement comme on voudrait. Car ne nous y trompons pas, le film sorti massivement aux US (2500 salles) n'est pourtant qu'une production infinitésimale. Comme si la distribution avait complètement manqué la cible pourtant claire de Natali au travers de cette fable sur la famille, la science (et particulièrement la génétique), l'industrie pharmaceutique... bref un quasi huis-clos sur des sujets pourtant très modernes et globaux.

La première bande du film a failli m'achever dès le début. Le film parlait de génétique, il fallait donc qu'outre les images, les noms affichés des techniciens et producteurs aient des lettres qui se floutent à la manière de la présentation de Bienvenue à Gattaca dont le film semble crier qu'il veut faire aussi bien même si le sujet est différent. Mais voilà, on ne touche pas toujours au sublime dans Splice. Et si le film se place régulièrement dans la catégorie de ses modèles (Bienvenue à Gattaca, La Mouche) et s'il emprunte même une partie assez conséquente de l'intrigue d'une séquelle pas si moche de La Mouche (La mouche 2 pour ne pas la nommer ;) ), il choisit d'apporter la vue toujours très novatrice de son réalisateur. Car Natali révolutionne ce qu'il touche, du Huis-Clos oppressant au film d'espionnage futuriste en refusant systématiquement les règles américaines : les bons sentiments et l'optimisme, la naïveté. Les personnages sont des adultes, ils agissent en tant que tels, se manipulent, s'aiment, se déchirent, répondent à des stimulis etc.

Par contre tout comme certains éléments du film font un peu "trop évidents", l'histoire a des rebondissements pas assez amenés et mal servi par un Adrien Brody en voie de 'Keanu-Reevation'. L'acteur est mou, n'affiche pas plus de trois sentiments de tous le film alors qu'il a une part importante dans l'histoire, de manipulé et peu envieux de la situation à tout autre chose ensuite. Remarquons que trois expressions, c'est toujours deux de plus que Keanu Reeves. Ca marche sur certains films mais ici, avec aussi peu d'acteurs, ils fallaient qu'il supportent tous le film sinon on ne pouvait croire aux évolutions scénaristiques.

J'avoue pourtant avoir été très séduit et pardonner en conséquence toutes ces imperfections. Notamment parce que Delphine Chanéac, actrice de télé française relativement inconnue livre une interprétation réellement à la hauteur. Au vu du budget, les petites incrustations loupées ou le manque d'action n'en font même pas partie, c'est plutôt une marque de fabrique. Là où un Gattaca choisit de ne rien montrer de ce qu'il ne peut pas absolument maitriser, Natali s'impose un petit plus qui séduit même dans l'amateurisme. Au finish, ceux qui savent ce qu'ils sont venus voir et ceux qui ont été envoutés par toutes les qualités du film ont passé une très bon moment. D'abord on voit la patte du producteur Guillermo Del Toro notamment sur la créature. on sent bien une petite senteur espagnole dans cette histoire notamment les ambiances moites de L'échine du Diable dans la deuxième partie du film. On repère aussi la volonté de jouer sans cesse avec les figures imposées du genre et de les détourner pour en faire des choses plus adultes. Enfin on apprécie que la morale c'est qu'il n'y en a pas. C'est particulièrement succulent quand on parle de génétique et si le postulat de départ du film est déjà dans un futur lointain (mélanger les espèces), il faut quotidiennement se poser la question sur ce que la science fait aujourd'hui pour le bienfait de tous ou pour le simple fait de chercher et de trouver.

80

Splice est un film qui a un charme fou, ce qui fait oublier des défauts qui pourraient paraitre rédhibitoires. Au final, on est une nouvelle fois bercé par un monde adulte et sans pitié tel que les adore Vincenzo Natali et on se prend rapidement au jeu l'identification.

Critique de publiée le 2 juillet 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • La créature assez originale
  • Sarah Polley
  • Delphine Chanéac
  • Les films a petits prix qui ont de grandes idées

Que faut-il oublier ?

  • Adrien Brody
  • Enchainements parfois un peu tirés par les cheveux pour rester sur un rythme relativement rapide

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