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Critique du Film : Godzilla
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Critique du Film : Godzilla

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 21 décembre 2009 à 1533

Godzilla en virée new-yorkaise

Les fêtes de fin d’année étant l’occasion de partager quelques moments télévisuels avec sa progéniture, j’en ai profité pour engager avec mon cadet une discussion concernant ses désidératas cinéphiliques. Au cours de l’échange, j’ai pris connaissance qu’il n’avait pas encore vu le Godzilla de Roland Emmerich. Il est vrai qu’en 1998, date de la sortie de métrage, mon fils était bien jeune. Soucieux de combler cette lacune, je me suis penché sur l’acquisition de la version Blu-ray de ce blockbuster monstrueux.

Et me revoilà de nouveau devant la matérialisation du rêve bourrin de Roland Emmerich, basé sur un script qu’il a co-écrit avec Dean Devlin, autre grand amateur de « boom-badaboom » décérébré. Godzilla nous amène tout d’abord sur Mururoa, où les français polluent de radiations la planète via leurs essais nucléaires. Des expérimentations désastreuses qui vont amenées la naissance spontanée et la croissance hyper rapide d’un reptile géant amateur de poissons frais. Après avoir causé le naufrage d’un navire usine, le monstre entreprend de traverser la moitié du globe pour aller nicher à Manhattan (il a probablement dû trouver une brochure touristique vantant le confort des lieux). On suit ainsi ses traces à travers la Polynésie française et le détroit de Panama (où il laisse d’énormes empreintes de grosse patte) avant de le retrouver en Atlantique Nord, emmêlé dans les filets d’une flottille de chalutiers.

Le biologiste Niko Tatopoulos (détail amusant quand l’on sait que le spécialiste des effets spéciaux, Patrick Tatopoulos, a supervisé la création du monstre) se voit chargé par le gouvernement américain d’étudier le monstre afin de déceler ses faiblesses et ses motivations. Aidé d’une équipe de scientifiques sympathiques et chapeauté par un colonel volontaire mais à l’intellect limité, le docteur Tatopoulos va découvrir que non seulement le monstre est un danger pour la population de Manhattan, mais, de plus, que sa progéniture peut mettre en péril l’avenir de l’humanité. Evidemment, il n’est pas pris au sérieux et il est même remercié pour avoir laissé échapper des informations confidentielles. Et c’est en compagnie des services spéciaux français que le docteur Tatopoulos va continuer son travail…

Bon, le scénario de Godzilla est absolument débile, c’est un fait. Il est bourré d’incohérences et, de plus, ne présente aucune originalité puisqu’il se résume à un assemblage peu harmonieux de divers éléments piqués dans d’autres films. Ainsi, si le film de Roland Emmerich prend sa source, de manière logique, dans le classique de Ishirô Honda, une grande partie de son récit est littéralement pompé sur Jurassic Park (les séquences du Madison Square Garden, qui apparaissent comme un film dans le film tellement l’ensemble est peu homogène). On retrouve aussi, bien entendu, un petit air de King Kong, alter ego américain du monstre radioactif japonais.

Dans le film d’Emmerich, Godzilla ne crache plus du feu radioactif mais son haleine de poisson pourri est aussi dévastatrice. Dans Godzilla, les agents secrets français plongés en pleine observation ne pensent qu’à boire un vrai café et manger un croissant, ils se déguisent en soldats américains en mâchant un chewing-gum et quand ils partent en mission, ils oublient toutes leurs armes lourdes dans leur hangar clandestin. Dans Godzilla, toute la population de Manhattan a été évacuée mais une grande partie a oublié d’éteindre la lumière dans leurs appartements. Dans Godzilla, enfin, l’armée n’est composée que de militaires myopes et bègues qui ratent à chaque fois leur cible pour fracasser les buildings de l’île de Manhattan à travers un feu d’artifice de dégâts collatéraux.  Bref, dans Godzilla, l’humour relou se mélange aux approximations scénaristiques pour accoucher d’un désopilant nanar de luxe.

De toute manière, tout cela n’est prétexte à destruction. Roland Emmerich, enfant, devait prendre un malin plaisir à casser tous ses jouets. Adulte, il continue à le faire avec son job de réalisateur. Pour l’occasion, il met de coté les maquettes et les matte painting et choisit d’utiliser les toutes dernières technologies en matière d’images numériques. Ainsi, comme pour Jurassic Park, Godzilla marie de belle manière CGI et animatronics et, au final, c’est cet aspect qui rend le film digne, encore aujourd’hui, d’être visionné. Il y a dix ans,  Godzilla avait coûté la somme colossale de 130 millions de dollars et l’on ne peut nier que l’investissement se voit à l’écran. Ainsi, par moment, lors des séquences d’action, et même si leur écriture est sans aucune originalité, on oublie la stupidité de l’agent français, le profil stéréotypé de Tatopoulos, les dialogues débiles et les conseils de guerre ridicules pour s’extasier devant le rendu visuel des effets spéciaux.

Pour finir, un petit mot sur l’interprétation.  Il est évident que, se voyant attribuer des personnages aussi subtils que les paroles d’une chanson de Carlos, les comédiens n’ont pas eu la partie facile pour les rendre crédible. Ils n’y sont d’ailleurs pas parvenus. Certains compensent par la mise en avant d’un capital sympathie accumulé au fil des ans, comme Matthew Broderick, d’autres par leur joli minois, comme Maria Pitillo, qui interprète une gentille journaliste. Puis il y a le cas Jean Reno, qui, dans la peau d’un agent secret français, assume le ridicule de la situation et pousse même le concept jusqu’à son paroxysme, comme lors de ce final hallucinant de crétinisme où tournant le dos à la caméra, il s’éloigne  de nous, son devoir accompli. A mourir de rire…

 

La conclusion de

Plus de dix ans après sa sortie en salle, Godzilla n’a pas changé. Les effets spéciaux sont toujours aussi impressionnants (même si aujourd’hui, l’on a vu mieux) et le film est toujours aussi délicieusement con. Cela me conforte sur deux choses. La première, c’est que Roland Emmerich est un technicien d’une grande compétence dans le domaine de la gestion des ateliers d’effets spéciaux (il nous l’a confirmé dernièrement avec 2012). La deuxième, c’est qu’en dehors du fait qu’il est habile dans la destruction des décors (numériques ou pas), il est incapable de nous offrir autre chose que des nanars de luxe (Le jour d’après restant une exception à la règle).

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar de luxe délicieusement con
  • Les effets spéciaux

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario d’un crétinisme absolu
  • Personnages stéréotypes et ridicules
  • Aucune tenue dramatique

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