75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°8 : Dans l'espace publicitaire, personne ne vous entend crier. Surtout si vous le bloquez.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Hostel 2 >

Critique du Film : Hostel 2

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 9 février 2008 à 14:32

Le Club Med’ de l’horreur…

Bon, le phénomène Hostel, le sois- disant shocker irregardable en raison de sa violence et qui n’avait guère eu d’effet sur ma personne, je ne vais pas y revenir. Je pense que tous les cinéphiles ayant un tant soi peu un intérêt pour le genre ont déjà forgé leur opinion. Passons donc, s’il vous le voulez bien, à ce deuxième volet intitulé naturellement Hostel: chapitre II.
Dans cette séquelle, Eli Roth, toujours derrière la caméra, commence par se débarrasser du survivant du premier volet. Refugié chez une copine en Italie, il passe sous la chaine d’une tronçonneuse au bout d’un petit quart d’heure de métrage. On se rend compte à cette occasion que le cinéaste a laissé tomber la technique « cinéma vérité » pour une mise en scène et une photographie nettement plus classique, empruntée aux années 80. La séquence du cauchemar, par exemple, extrêmement prévisible et orienté ciné bis, est un bon exemple de cette rentrée dans le rang. Puis, toujours au cours de cette petite introduction – qui clôture en fait le premier film – on s’étonne aussi de la quasi absence de gore et de la pudeur du réalisateur au niveau du démonstratif. Puis, il nous amène dans les rangs d’une école d’art Italienne…


Là, encore, surprise… Une séquence ou des pétasses peignent en se basant sur un modèle masculin nu… dont les attributs sont régulièrement cachés par une tête, un mur ou une planche à dessin. Idem lorsque se substitue le modèle féminin, que l’on devine immédiatement – à son regard aiguisé – comme étant l’une des rabatteuses. On se rend compte alors du réel objectif de Quentin Tarentino et d’Eli Roth avec ce produit de pure exploitation : ne pas trop choquer pour élargir la base de clientèle et surtout contourner la censure. On a l’impression à ce moment là d’être dans une véritable bouse habituelle produite par Dimension Films avec sa triplette de crétines aux profils archétypaux (la moche introvertie et aussi naïve qu’un enfant de cinq ans, la brune un peu plus lucide et aux penchants lesbiens, la blonde folle du cul) qui cherchent un endroit ou s’encanailler, loin de ces imbéciles d’Italiens (sic) obsédés et vulgaires (pas plus que la blonde d’ailleurs, qui est un parangon de vulgarité).
Ils tombent donc dans le panneau, à savoir sous le charme irrésistible du modèle d’art nommé Axelle qui les jette dans les bras de l’Organisation. Il faut savoir que le cinéaste a cette fois-ci décidé de nous montrer l’envers du décor, avec des séquences consacrées à une exposition plus précise de la clientèle et des dirigeants. Malheureusement, cela reste très superficiel et très bêtifiant, à la limite du « foutage de gueule ». Quelques plans sur une séquence d’enchères, des vues sur un château dirigé par une sorte de roi du porno snuff, le tout très mollement filmé, et c’est tout. Des personnages complètement creux pour un film vain.

Oui, un film vain, car Eli Roth nous ressert en fait la même soupe, mais tiède (des filles remplaçant les garçons). Une heure d’introduction avec des scènes insipides et ennuyeuses puis une demi-heure de séquences de tortures au bout desquelles, encore une fois, l’une des suppliciées parvient à fuir. Le pire, c’est que l’effet de surprise du premier opus passé, les scènes explicites n’ont plus aucun impacts. Pire, elles sont même parfois complètement ridicules. Pour deux raisons. La première est qu’elles ne sont pas si horribles que ça (les plus sympa, à mon avis, sont cet hommage à la comtesse Bathory, à l’occasion du premier meurtre, et le climax d’une très rigolote castration) et la deuxième c’est que Eli Roth a choisi de dédramatiser tout cela en adoptant le ton de la comédie. Car oui, chers lecteurs, Hostel II est une comédie gore. Mais comme le réalisateur ne se montre pas assez outrancier (à la Re-animator ou à la Braindead par exemple), même cet aspect fait long feu.
Le traitement par l’humour, par contre, n’excuse pas certaines attitudes que je trouve assez pourries. En effet, si dans Hostel II, il y a un domaine dans lequel les auteurs vont trop loin, c’est bien dans le registre de la xénophobie. Bon, déjà, les Italiens en prennent pour leur grade, mais quand ces « chiennes d’américaines » arrivent en Slovaquie, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Refuge de la lie de l’humanité, ce pays n’est composé que de vils manipulateurs, de grosses brutes, de vieilles femmes édentées, de blondes sadiques fans de naziploitation, de gangs de gosses sales qui tuent pour un bonbon. Dans ce pays qui n’est composé que de complices criminels, il n’y a en fait que l’idiot du village qui se révèle comme « normal ». Hors, dans un film malsain, je n’aurai pas trouvé cela inopportun, mais dans Hostel II, où Eli Roth n’a même pas le courage de cadrer l’exécution de l’un des enfants et où la plupart des meurtres sont sujets à de bien frileuses elipses, je trouve cet aspect d’un gout assez douteux.

Finalement, le seul truc qui m’a intéressé dans ce film très médiocre, au-delà de la maitrise technique de Eli Roth – que je ne conteste pas – dans le domaine des prises de vues, c’est l’introduction de clins d’œil et de cameo, qui entrent eux aussi dans le registre de la comédie, mais de manière nettement plus référentielle et subtile. L’ouverture amusante avec Luc Merenda de retour dans la peau d’un détective est très sympathique, voir ce coquin de Ruggero Deodato en cannibale m’a fait sourire, de même que retrouver Edwige Fenech (les quadras, comme moi, se rappellerons leurs premiers émois à l’occasion de ses performances dans les séries de films erotico-comiques de La Professeur…) en professeur d’art se révèle assez drôle. Finalement, si je devais me souvenir d’une chose dans cet Hostel II, cela sera cela…

20

Hostel II n’a pas eu les honneurs d’une sortie remarquée. On comprend pourquoi. Non pas, comme pourrait le prétendre ce vieil et sympathique escroc de Quentin Tarentino, parce qu’il se révèle trop dur pour le marché, mais tout simplement parce ce film est mauvais. Pas complètement pourri, car Eli Roth parvient quand même à en tirer quelque chose de regardable, mais tout simplement mauvais dans le sens ou ce film n’apporte rien de plus que le premier et, pire, est nettement moins efficace dans ses séquences de torture. Au final, Hostel II se révèle être une comédie horrifique pas très gore et très vulgaire, par moment assez amusante, mais surtout très vaine dans ses provocations et qui ne pourra choquer que les ménagères peu habituées aux films de genre.

Critique de publiée le 9 février 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Bonne maitrise technique dans la réalisation
  • L’hommage à Erzebeth Bathory
  • Les cameo

Que faut-il oublier ?

  • Scénario réchauffé
  • Absence de rythme dans la narration
  • Manque d’impact des séquences de torture
  • Un humour lourdingue qui désamorce tous les climax
  • Toujours ce regard malsain et plein de clichés sur une culture dont les auteurs ne connaissent rien.

Acheter Hostel 2 en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Hostel 2 sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !