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Critique du Roman : La Première leçon du Sorcier
La Première leçon du Sorcier >

Critique du Roman : La Première leçon du Sorcier

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 mars 2007 à 1506

Une première leçon plutôt convaincante

Avec un rugissement qui fit sursauter Richard, le vieil homme se retourna complètement, son manteau soudain ouvert. Dans le même mouvement, il avait poussé comme un champignon pour atteindre le double de sa taille d’origine. A la place du vieillard se dressait un cauchemar ambulant composé de fourrure, de gris et de crocs. Une bête rugissante et féroce ! Avec une gueule énorme… Quand le monstre bondit, Richard recula de trois pas, l’épée serrée si fort qu’il en avait mal aux phalanges. Les cris sauvages et vicieux de cette horreur sur pattes emplissaient les bois et sa gueule s’ouvrait de plus en plus grand avec chaque hurlement. La créature se pencha vers Richard….
Premier opus du cycle de l’Epée de vérité, La Première leçon du sorcier se consacre essentiellement à poser le décorum de cet univers d’heroic-fantasy - à la légère teinte dark – et à introduire les différents protagonistes susceptibles de perdurer à travers toute la saga. Ainsi, dés les premières pages, l’on croit (à tort) le style et la matière définitivement exposés et, si l’on considère dans son ensemble le monde créé par l’américain Terry Goodkind, l’on ne trouvera rien qui ne semble pas familier au lecteur lambda de littérature médiévale fantastique. On peut donc constater dans mal que l’univers bâti par l’auteur est de construction très classique, avec un gros travail consacré à la conception d’éléments topographiques et sociopolitiques, des aspects qui se veulent résolument crédibles et détaillés. Et on se rend compte que, comme ses aînés - les maîtres de la fantasy anglo-saxonne - l’auteur s’est vraiment attardé à créer un background solide, de manière quasi définitive, avant de lancer ses personnages dans l’aventure.
Des personnages également de facture très classique. Richard Cypher est un jeune garde-forestier qui va se découvrir une destinée héroïque auprès d’un vieux magicien, assisté par un brave militaire protecteur et une mystérieuse et belle jeune femme venue d’une contrée lointaine. L’artefact lui-même, la fameuse épée de vérité, renvoie aux célèbres objets magiques communs au genre, avec cette influence psychologique sur le porteur (engendrant la dualité mais aussi un processus de réflexion sur soi-même) comme, par exemple, l’Anneau unique ou l’épée démon Stormbringer. En bref, rien de bien novateur, ni de remarquable, hormis une écriture riche en détails, mais facile d’accès. Seul, le méchant, le cruel Darken Rahl, se veut un peu plus surprenant avec, en place et lieu de l’habituelle brutalité impérialiste, un coté beaucoup plus manipulateur et perfide (une sorte d'alter ego moyen-ageux du raffiné Fu-manchu).
Je dois donc, avouer, qu’en début de roman, j’ai été très déçu par un manque de puissance dans le récit. On nage en pleine situation de déjà vu, avec de plus, l’omniprésence d’une agaçante amourette, débordant d’une naïveté à la limite du ridicule (notamment les apartés prépubères de Richard Cypher, lorsqu’il voit ses avances refusées par Kahlan) qui plombe complètement le déroulement de cette quête héroïque. Devant tant de mièvrerie, j’aurais du lâcher (je l’ai fait pour bien moins) et mettre ce bouquin au rebus, dans mon honteux carton consacré aux livres inachevés. Hors, pour je ne sais quelle raison, j’ai persévéré. Peut-être en raison du goût que possède Terry Gookind pour mettre en valeur les tribulations de ses personnages secondaires. Avec ce don pour dénicher des petites histoires qui magnifie des individus hauts en couleurs, parfois plus originaux que les personnages principaux. Ainsi, dans La Première Leçon du Sorcier, j’ai notamment apprécié les moments consacrés à la petite Rachel (le personnage le plus attachant du roman) et à Nass, l’âme damnée de Darken Rahl.
Et je suis content de dire aujourd’hui que j’ai bien eu raison de ne pas laisser tomber…
Car à partir du milieu du livre, c’est la gifle ! Presque une autre histoire, un autre style, une nouvelle expérience. Ce changement de cap, très surprenant, se produit au moment où Richard est capturé par une Mord-Sith nommée Denna. Véritable prêtresse de la douleur orgasmique, la femme va s’emparer du corps de l’homme. Elle va alors le déchirer et l’humilier avec un amour pervers sans limite, mais sans toutefois parvenir à le briser totalement. De manière inattendue, il va même contribuer à sauver son âme pervertie. Et - oh joie ! - à ce moment, Terry Gookind décide de mettre son écriture en phase avec son sujet. Le récit devient nettement plus cru, voire violent et vulgaire, avec de nombreux passages dans lequel le sadisme, la souillure physique et morale sont les points centraux de la narration. Un fait étonnant, dotant plus que ce changement déteint même sur les chapitres qui ne traitent pas de ce sujet. Le ton devient plus sombre, plus sale, mais en même temps il donne plus de passion au traitement.
Car même après que se soit achevé l’aventure « amoureuse » de Richard et Denna, la trame narrative ne quittera plus cette couleur sombre et nihiliste, contaminant la psychologie de tous les protagonistes, les rendant plus perceptibles, plus complexes et donc plus humains. Une montée en puissance qui va finalement nous entraîner vers un face à face final rempli de révélations (un peu prévisible tout de même, une chose inévitable vue la structure générale du récit) et de descriptions très cinématographiques. Du coup, je me suis attaqué immédiatement à lecture du tome 2.

La conclusion de

La première Leçon du sorcier est un roman coupé en deux par la nature même de son style et de son contenu. La première est naïve, pas foncièrement mauvaise, mais cruellement banale et plombée par une omniprésente amourette adolescente. La deuxième est nettement plus enlevée, dramatique, adulte, et finalement passionnante. Deux aspects contradictoires qui amènent à un final spectaculaire (avec quelques clichés du style « Je suis ton père, Luke »), un dénouement qui donne vraiment envie de continuer l’aventure.

Que faut-il en retenir ?

  • Lecture facile
  • Une deuxième partie surprenante et exaltante
  • Des personnages secondaires très riches
  • Un univers cohérent et bien réfléchi.

Que faut-il oublier ?

  • Un début laborieux et très naïf
  • Une trame générale somme toute classique.

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