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Avis critique rédigé par Nhaigraoo le vendredi 21 février 2003 à 16:57

Hannibal

Menu de gourmet ou indigestion ?
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à l'instar du livre dont il est tiré, Hannibal fut loin de faire l'unanimité lors de sa sortie. Excellente variation sur le personnage précédemment imposé par Hopkins, ou sombre nanar déguisé en blockbuster auteurisant ? Immédiate et fatale, la comparaison avec le Silence des agneaux n'a pas manqué de réduire Hannibal au rang des séquelles ratées. Prétentieux et grotesque furent des adjectifs également employés assez souvent… En gros les mêmes reproches que ceux formulés au livre de Thomas Harris. D'autant plus surprenant qu'Hannibal est loin de se conformer au cahier des charges de la "séquelle" type. En fait, à aucun moment, il ne cherche à marcher sur les traces du Silence des Agneaux, ou encore moins d'en retrouver le style...
Il est clair que les nombreux détracteurs du roman de Thomas Harris, ne trouveront guère d'excuses au film de Ridley Scott, assez fidèle au matériel de base, encore qu'handicapé par une fin inexplicablement différente. Mais c'est pourtant bien la démarche de Harris que Scott a ici reprise à son compte. Le roman, comme le film, ne joue jamais sur les plates bandes de Dragon Rouge ou du Silence des agneaux. En effet, pour mémoire, Hannibal est bien le troisième roman mettant en scène le psychiatre cannibale (et c'est aussi le troisième film, car on oublie trop souvent le magnifique Manhunter de Michael Mann, réalisé avant le Silence des Agneaux, depuis remaké dans une nouvelle version désespérante). Dans Hannibal, on quitte en effet le genre du thriller, domaine des deux histoires précédentes centrées avant tout sur un chasse au tueur en série, dans lesquelles Lecter faisait office de "mentor" ténébreux. Et si Le silence explorait la relation de fascination entre Clarice et Lecter, ce n'était qu'en contrepoint d'une véritable intrigue policière ou le but était de stopper les agissements du serial killer Jamie Gumb.
Rien de tout cela ici. Avant tout, Hannibal est une histoire d'amour inavouée entre Lecter et Clarice. D'autant plus inavouée donc, que Scott nous pond une fin différente du livre (très explicite quand à la véritable nature de la relation Clarice / Lecter). Vous découvrirez toutefois sur le DVD une fin alternative moins idiote et un peu plus claire… Et le titre même nous en avertit : pour la première fois Harris a décidé de prendre Lecter comme personnage principal, brisant ainsi la distance autrefois établie avec lui. D'autant plus troublant qu'au final, l'auteur semble trouver des excuses à son cannibale de héros. Face à lui, le monde semble en effet bien pourri : flics ripoux, politicard véreux… Quand à Mason Verger, il est lui même présenté comme un monstre pédophile que le docteur n'a finalement fait que punir justement. Fidèle à ses principes et sa conception "raffinée" de la vie, Hannibal se pose presque comme un héros positif, face à une Clarice symbole de la pureté. Harris, et Scott sur ses traces, ont donc cédé au culte de la personnalité.
Du coup, sans surprise, la forme suit le fond. Le suspens est quasiment inexistant dans Hannibal, et vous ne ressentirez jamais la pression de la chasse à l'homme orchestrée dans le silence des agneaux : pas d'enquête haletante ici. Surtout, à mille lieux du thriller naturaliste qu'est le Silence, Hannibal se veut avant tout une œuvre esthétisante, à l'instar des goûts raffinés de son personnage titre. Un poil trop d'ailleurs, puisque si Scott, visiblement très inspiré par Florence, pond de belles images, il tombe quand même dans le cliché et le chichiteux bon marché. On a bien souvent l'impression que le réalisateur collectionne les cartes postales ou tente de nous vendre une voiture. Idem pour des tics de mise en scène immédiatement reconnaissables, comme la fusillade théâtralisée du départ, qu'on dirait issue de l'ouverture de Gladiator. Etrangement cela n'enlève rien au pouvoir de fascination de ce film hybride à plus d'un titre.
Car si Scott abuse ici de son maniérisme visuel, il se révèle un directeur d'acteur époustouflant. Hopkins cabotine à mort, mais fait mouche, en parfaite adéquation avec l'aspect baroque flamboyant du film. Julianne Moore réussit haut la main à s'approprier un rôle définitivement marqué par la prestation de Jodie Foster. Elle est toujours juste. Seul le pourtant excellent Ray Liotta semble ici sous-employé.
Que dire pour terminer cette (trop) longue critique ? Hannibal est clairement un mauvais thriller. Si vous attendiez une suite directe au silence des agneaux, vous serez amèrement déçus. Mais si l'on aborde comme une histoire d'amour déviante, on découvre un film fascinant et obsédant, particulièrement noir sous ses dehors trop léchés et maniérés… Ridley Scott prouve donc après Gladiator qu'il est définitivement de retour, et la période sombre des Lame de Fond et autres G.I Jane est bien révolue.

70

Hannibal est-il un nanar bourré de fric ou un chef d'oeuvre ? Au moins, le film de Ridley Scott ne laisse pas indifférent...

Critique de publiée le 21 février 2003.

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