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Serenity >

Critique du Film : Serenity

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 2 janvier 2006 à 09:55

Leeloo vs les morts-vivants

Dans un monde futur ou l’Alliance impose son pouvoir, le vaisseau de transport Serenity, de la classe Firefly – moi, je dirais plutôt Chicken m’enfin… -, fuit les forces policières de The Operative, un homme de main impitoyable au service du gouvernement. En effet, l’équipage du Serenity est traqué. Non pas pour lui-même mais pour la nature originale de sa cargaison ; la dénommée River Tam, une jeune femme surdouée physiquement, et surtout dotée de pouvoir médiumniques qui l’ont amené à percer d’effroyables secrets. Afin de percer l’aura de mystère qui entoure cette étrange jeune fille silencieuse accompagnée de son frère, le Serenity et ses membres d’équipage sont alors amenés à se rendre dans le territoire des Ravageurs, une bande de corsaires spatiaux sanguinaires et cannibales.

Un poulet spatial baptisé Serenity

Pour ceux qui ne le savent pas, Serenity est une adaptation cinématographique de l’éphémère série télévisée Firefly, qui narrait les exploits de l’équipage d’un astronef se déplaçant de planètes en planètes, lesquelles étaient la plupart du temps doté de civilisations qui mariaient la science-fiction et le western. Un mélange original et étonnant mais trop particulier, qui ne trouva pas son public sur la Fox, une chaîne qui ne su pas non plus, il faut le préciser, mettre le matériel en valeur. L’expérience Firefly fit donc long feu et disparu du câble américain avant même l’achèvement de la première saison.
Depuis, le créateur, Joss Whedon, a fait son chemin, grâce notamment au succès de la célèbre série Buffy qui lui a apporté une certaine cote de confiance auprès des financiers d’Hollywood, ainsi que son spin-off Angel. Il y a deux ans, il décide alors de relancer son projet Serenity tout en profitant de l’occasion pour réaliser son premier film cinématographique. En trouvant un partenaire en la compagnie Universal, il peut enfin laisser libre court à sa créativité, avec un budget final confortable et une totale liberté d’action.
Dés les premières images, on remarque que Whedon a pris grand soin de soigner sa photographie et des prises de vue. Une impression quand même agréable de travail bien fait qui perdure durant tout le film. Si l’on doit s’attarder sur cet aspect, on peut conclure que cet intérêt pour cet effet bien léché est à double tranchant. D’un coté, on ressent vraiment le désir du réalisateur de satisfaire son public et de prouver qu’il est autre chose qu’un simple faiseur de shows TV, mais en raison de cette application excessive, le métrage se retrouve grandement diminué dans sa spontanéité et il subit souvent des chutes de rythme, lors de fréquentes expositions abusives. Finalement, on se trouve devant une œuvre qui suit un parcours sinusoïdal en fonction de la progression de l’intrigue et les rebondissements scénaristiques.
Le scénario est un des points forts du film, même s’il emprunte un peu ses lignes à droite et à gauche. Sorte de cinquième élément junkie, la jeune River est à la fois fragile et mortellement dangereuse, et nécessite autant de protection – l’amour que lui voue son frère – que de méfiance – elle-même est à un moment menottée. Porteuse d’une révélation subliminale qui est enfoui au tréfonds de son esprit, cet icône messianique est entré par erreur dans les arcanes d’une entité omnipotente qui ne supporte aucune mise en doute au sujet de sa légitimité, et elle doit payer de sa vie pour cette indiscrétion. The Operative est d’ailleurs le bras armé de cette organisation impérialiste, une sorte de chevalier Sith qui exécute les tâches confiées sans l’once d’une émotion et avec une efficacité, voir un zèle, exemplaire. Le début du film, lorsqu’il exécute de sang-froid les geôliers défaillant de River, plus pour leur manque de discrétion et de retenue que pour avoir laissé filer la jeune fille, pose les bases de sa façon d’agir et de penser.
River Tam : elle cause pas des masses, mais elle agit

Le secret détenu ; des expériences chimiques destinées à réduire le comportement ‘’anarchique’’ de l’humain est bien évidemment le lien qui relie les différentes composantes du film. On apprend en effet que River sait que le ‘’graal’’ se trouve sur une lointaine planète, nommée Miranda, et qu’il est intimement lié aux Ravageurs, ces créatures violentes et déshumanisées qui croisent la route des héros depuis le début du film. Tout est relativement bien calibré et, au point de vue narratif, cela reste très intéressant. Par contre, j’ai trouvé l’aspect démonstratif assez défaillant. Si l’humour est bien géré et ne tombe jamais dans le piège de la grosse blague de potache ou le jeu de mot bien relou, le film n’est pas avare d’incohérences et d’exagération. La séquence la plus ‘’incroyable’’ est sans hésitation celle ou le bourrin de service – Adam Baldwin – s’agrippe par les main à son vaisseau qui file à toute allure, tout en ayant un harpon planté dans la jambe. Comme ce dernier est relié à un autre vaisseau qui se laisse entraîner à sa suite, le héros fait carrément office de chaîne de remorquage. On peut vraiment dire qu’il les a bien accroché (les jambes…bien sur). Bref, ça décrédibilise le film et prête vraiment à rire.
On peut reprocher, bien évidemment, la construction des personnages, très stéréotypés et passablement développés. Certains personnages secondaires ne sont là que pour faire nombre et semblent souvent empruntés dans leurs actions. Tout cela fait vraiment télévisuel, une impression qui est amplifiée par les carences dramatiques des acteurs. Dans le rôle principal, Nathan Fillion, qui joue une sorte de Han Solo quelque peu jusqu’au-boutiste, ne m’a pas du tout convaincu. Ses séquences de dialogue sont plates et insipides et ses quelques actes d’humeur, où il se plait à jouer avec un colt 45, se signalent uniquement avec de légères crispations de mâchoire. Vraiment pas convaincant. Le pire, c’est qu’il est le comédien le moins médiocre de toute cette distribution qui ressemble vraiment à une réunion d’acteurs jouant un équivalent de Dawson dans l’espace. Tous ces jolis minois vêtus de fringues à la mode manquent cruellement soit de charisme, soit de maturité, mais surtout, ils sont extrêmement mal dirigés. On se croirait dans des repets de la Star Ac’. Dommage, cela plombe vraiment l’ambiance.
Deux autres aspects satisfaisants de Serenity sont les séquences d’effets spéciaux et la chorégraphie des combats. Bien sur, on peut reprocher que tout cela n’a rien de bien innovant ; les combats spatiaux empruntent à Star Wars et les combats de River à du Resident Evil ou même Buffy, mais le tout est vraiment très bien fait. De plus, la montée en puissance se fait de manière assez subtile et la dernière demi-heure est vraiment efficace au niveau de la gestion de l’action et des effets. On peut dire que même si Whedon ne créé rien, il utilise le matériel existant – les Ravageurs sont étrangement proches des créatures de Ghost of Mars - avec habileté et efficacité. Ca défouraille sévère, les morts sont spectaculaires, les jeux de caméra sont dynamiques et le montage est efficace. En quelques mots, on ne s’ennuie pas une seconde et ce n’est pas la quasi-invulnérabilité des héros qui nous gâche le plaisir.

65

Pour conclure, je dirais que malgré de gros défaut d’interprétation et certaines séquences un peu dures à avaler, Serenity est une agréable surprise de la part d’un réalisateur de séries télévisées, surtout lorsqu’il s’agit de Buffy ou de Angel. Doté de bons effets spéciaux et d’un scénario bien travaillé, le film de Whedon ne mérite pas du tout ce dédain subit lors de sa sortie. Un film que je conseille aux amateurs de SF en tout genre.

Critique de publiée le 2 janvier 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intéressant
  • Effets spéciaux réussis
  • Séquences d’actions bien rythmées

Que faut-il oublier ?

  • Interprétation médiocre
  • Séquences d’exposition un peu fades
  • Personnages stéréotypés et peu développés

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