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Critique du Roman : Hypérion

Avis critique rédigé par Manu B. le lundi 2 janvier 2006 à 06:46

Le chef d'oeuvre de la SF (1)

« Le consul de l’Hegemonie, sur le balcon de son vaisseau spatial couleur d’ébène, jouait le Prélude en do dièse mineur de Rachmaninov sur un Steinway âgé mais en bon état tandis que de grands sauriens verts s’ébattaient bruyamment dans les marécages en contrebas… »
Hyperion et John Keats. Les cantos d’Hyperion de Dan Simmons prennent leur inspiration dans ce magnifique poème de John Keats, poète britannique du XIXème siècle. Ce poète quasi inconnu de son vivant avait un génie dans une écriture que l’on compare parfois à celle de Shakespeare. Il est mort comme il a vécu : dans la misère, à 26 ans. Il est comme ces poètes maudits français. Il adorait écrire de longs poèmes sur la mythologie grecque, qu’il n’a souvent pas terminé. Hyperion fait partie de ces poèmes non terminé et qui relate la chute des Titans dont fait partie Hyperion qui est l’équivalent du soleil.
Voici les premiers vers : « DEEP in the shady sadness of a vale Far sunken from the healthy breath of morn, Far from the fiery noon, and eve’s one star, Sat gray-hair’d Saturn, quiet as a stone, Still as the silence round about his lair; Forest on forest hung about his head Like cloud on cloud. No stir of air was there, Not so much life as on a summer’s day Robs not one light seed from the feather’d grass, But where the dead leaf fell, there did it rest. A stream went voiceless by, still deadened more By reason of his fallen divinity Spreading a shade: the Naiad ’mid her reeds Press’d her cold finger closer to her lips. »
On pourra trouver la suite ici : http://www.john-keats.com/gedichte/hyperion_i.htm
Les cantos d’Hyperion. A travers ce roman, Dan Simmons entend bien rendre hommage à ce poète. Au XXVIIIème siècle, la Terre est inhabitable à cause de la grande erreur de Kiev mais les hommes se sont répandus à travers toute la galaxie mais ils sont reliés par les portes distrans qui assurent le passage instantané d’une planète à une autre, des portes dont on ne sait expliquer le fonctionnement, d’ailleurs. D’autres hommes sont partis et ont évolué différemment, adaptant leur corps au mode de vie dans l’espace : les Extros. Dans cet univers où la menace extro gronde aux portes de l’hégémonie, 7 pèlerins sont convoqués sur la planète Hyperion, la planète des tombeaux du temps, pour trouver une solution à la catastrophe imminente. Parmi ceux-ci se trouve Lenar Hoyt, prêtre catholique dont le secret est porté sur son cœur, Fehdman Kassad, colonel appelé aussi le boucher de Bressia, qui chassa les Extros au cours d’une des plus célèbres batailles, Martin Silenus, poète ayant écrit les cantos, qui a vécu sur la défunte Terre et ayant résidé à la cité des poète, sur Hyperion elle-même, Sol Weintraub, universitaire dont la fille rajeunit de jour en jour, Brawnie Lamia, détective privé, qui porte elle aussi un secret en elle, Het Masteen, templier de la voix de l’arbre authentique et un diplomate de l’Hégémonie, ancien consul de la planète Hyperion et diplomate pour la paix entre humains et Extros . Tous sont liés de près ou de loin à cette planète et à ses tombeaux du temps et chacun va faire sa confession aux autres membres de l’expédition…
Le chef d’œuvre de Simmons. Hyperion, suivi de la chute d’Hyperion n’est pas seulement au poète Keats, mais aussi et surtout une synthèse de la science fiction depuis l’âge d’or, soit près d’un demi-siècle de littérature SF, englobant les genres space opera, cyberpunk, le voyage dans le temps, l’immortalité, SF avec des thèmes comme l’armée ou la religion, le tout dans un contexte unique, futuriste et traditionnel, cyberpunk ou écologique. Dan Simmons rend seulement hommage à Keats, mais aussi à tous ces auteurs de l’âge d’or qui ont contribué à amener la science fiction à ce niveau aujourd’hui. Il se plait à y mêler de l’horreur, avec un Gritche effrayant et impassible, mystérieux. C’est un genre qu’il avait déjà visité dans son premier roman le chant de kali où il avait abordé le thème du choc des cultures orientale et occidentale. On peut y voir aussi dans cette horreur une façon de se poser la question de que l’homme est capable d’endurer avec le récit du prêtre. Jusqu’où est-on capable d’aller ? Peut-on se sacrifier pour ses enfants ? Le thème de la souffrance est récurent dans plusieurs des récits des pèlerins, un thème qu’avait abordé Lehman dans aucune étoile aussi lointaine.
La condition du poète pour pondre un chef d’œuvre est d’ailleurs intéressante. Simmons nous montre les difficultés pour un poète à écrire une œuvre qui marquera les générations futures. La mortalité semble être une condition sine qua non. Etre sur le fil de la vie permet-elle au poète, au créateur d’une œuvre d’y puiser toute la création possible ?
Il nous fait réfléchir quant au sens de l’humanité, à nos différences, nos divergences, et pourtant le point commun entre les Extros et les hommes de l’hégémonie est cette humanité lointaine certes, mais cette humanité tout de même. Ayerdal et Dunyach avaient réussi un beau roman sur ce thème dans Etoiles mourantes. La force qui saura briser ces barrières est, bien entendu, l’amour…

100

Hyperion est le premier volet d’une œuvre immense, cosmique, c’est la réunion de genres et la synthèse de la science fiction du XXème siècle. Un chef d’œuvre.
Prix Hugo en 1990 Locus en 1990 Cosmos 2000 en 1992

Critique de publiée le 2 janvier 2006.

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