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La saga de Mme. Atomos - T1 >

Critique du Roman : La saga de Mme. Atomos - T1

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 13 août 2012 à 17:47

Le nouveau péril jaune

La mystérieuse madame Atomos est bien décidée à venger les victimes d’Hiroshima et Nagasaki. Patiemment, au fil des ans, elle a accumulé suffisamment de richesses et de savoir pour se construire une petite armée de serviteurs équipés d’armes extraordinaires. Et en ce début des années 60, Mme Atomos est désormais prête à engager un combat qui ne vise qu’une chose : la destruction des Etats-Unis d’Amérique!..

Créée par le romancier français André Caroff, madame Atomos peut être grossièrement présentée comme l'amalgame entre différents stéréotypes de personnages rencontrés dans les romans policiers et d’espionnage. Ainsi, on retrouve en cette mystérieuse femme une grosse pincée de Fu-Manchu (et son fameux péril jaune), une louche de Fantomas, quelques soupçons de docteur Mabuse et une bonne dose du SPECTRE (ennemi juré de James Bond). Même constat concernant le decorum, très sixties, avec un ton narratif qui mêle agréablement le récit d’espionnage français (OSS 117), la science-fiction américaine et l’horreur moderne. Trois composantes qui font d'ailleurs l’originalité de cette saga, écrite entre 1964 et 1970 - soit 17 tomes - au cœur d’une collection Fleuve Noir Angoisse, plus centrée sur le roman de gare aux fragrances polars.

Tirée de l’oubli par les éditions Rivière Blanche, La saga de madame Atomos se voit présenté aux lecteurs dans une collection de cinq volumes aux couvertures illustrées par Jean-Michel Ponzio. Le premier tome, qui fait le sujet de la présente critique, regroupe les trois premiers romans, parus entre 1964 et 1965. Au fil d’une plume vintage qui se laisse très agréablement suivre (il est cependant dommage que l’œuvre souffre de nombreuses coquilles), on découvre en madame Atomos un personnage machiavélique, fortuné, doté d’un équipement scientifique avant-gardiste tenant de la pure science-fiction. On fait également la connaissance d’une créature impitoyable. En effet, contrairement à tous ces personnages mégalomanes qui habitent les histoires de la période, Mme Atomos ne vise nullement une quelconque domination du monde. Non, tout ce que désire cette japonaise apparemment traumatisée par la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki est purement et simplement l’annihilation de l’Amérique.

Cultivant cet impressionnant sadisme que les occidentaux prêtent souvent aux asiatiques, mme Atomos sème la terreur en usant des moyens les plus étonnants. Dans La sinistre madame Atomos (1964), elle se dévoile au monde (et à une Amérique terrorisée) en ranimant et contrôlant les morts grâce à un étrange dispositif atomique portatif. Des morts-vivants radioactifs et contagieux qui vont transformer la ville de New-York en une zone de chaos. Dans Madame Atomos sème la terreur (1964), André Caroff va encore plus loin et nous propose un spectacle que n’aurait pas renié Roger Corman; des araignées mutantes géantes, un immense organisme évoquant Le Blob (sorti en salles en 1959, avec Steve McQueen dans l’un des principaux rôles), et toujours ces artefacts radioactifs faisant office de fusils laser. Enfin, dans madame Atomos frappe à la tête (1965), la terroriste exploite les problèmes raciaux des Etats-Unis pour déclencher une nouvelle guerre civile. Elle met en service une machine au large rayon d’action qui plonge dans un sommeil profond tous les spécimens californiens de race caucasienne, donnant ainsi le pouvoir aux minorités noires et asiatiques.

Comme vous pouvez le constater, trois récits originaux, dotés d’une atmosphère pulp et kitch, où André Caroff laisse exprimer son imagination, fait fi des vérités scientifiques, tout en surfant sur l’actualité de la période. Le romancier étonne aussi par ses choix narratifs et le déroulement de ses intrigues, en faisant preuve d’une violence rarement rencontrée dans ce type de romans populaires. Madame Atomos massacre les populations et torture tous ceux qui se dressent devant elle, et André Caroff ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de décrire ses exactions. Par exemple, dans madame Atomos frappe à la tête, lorsqu’une explosion détruit un yacht transportant des enfants, l’auteur n’hésite pas à nous décrire le spectacle de corps d’enfants mutilés flottant au milieu des débris. Il n’épargne pas non plus les gentils qui tentent de faire échec à la cruelle japonaise. La plupart d’entre eux ne survivent pas à leur rencontre avec cette entité destructrice qui, en quelque sorte, se pose comme l’incarnation de la mauvaise conscience de l’occident.

Tous, cependant, ne tombe pas sous les coups de la redoutable madame Atomos. Deux héros, Smith Befford du FBI, Yosho Akamatsu, de la Tokkoka, et le docteur Soblen, scientifique du groupe, forme le trio qui tente de contrecarrer, avec plus ou moins de succès, les plans de la japonaise. Le premier nommé évoque d’ailleurs fortement Nayland Smith, l’ennemi intime du sinistre docteur Fu Manchu. Mais tous paieront au prix fort cette opposition parfois victorieusement, madame Atomos faisant le vide autour d’eux de la plus brutale des manières.

75

Si vous êtes amateur de littérature pulp, de romans d’espionnage et de science-fiction kitch, la saga de madame Atomos vaut certainement le détour. Vous trouverez là un bel exemple de littérature populaire, à l’écriture simple et agréable, qui tire sa force de récits aussi incroyables que mouvementés, avec un étonnant ton horrifique qui fait l’originalité de l’ensemble. Dommage que ce premier tome ne soit pas plus avare en coquilles…

Critique de publiée le 13 août 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Des récits très divertissants
  • Un aspect horrifique très affirmé
  • Des histoires surprenantes
  • Un méchant impitoyable

Que faut-il oublier ?

  • Une écriture très simple
  • Une édition aux nombreuses coquilles

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