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Critique du jeu de société : Harry Potter - Hogwarts Battle [2019], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 6 février 2020 à 09h00

C’est leviOsa, pas leviosA !

Harry Potter - Hogwarth Battle est un jeu de deck-building coopératif réunissant juqu’à 4 apprenti-sorciers autour de la table. L’objectif d’une partie consiste à faire mordre la poussière à plusieurs méchants emblématiques de la série, avant que ces derniers ne prennent le contrôle de plusieurs lieux tout aussi emblématiques :

« Harry Potter : Hogwarts Battle est un jeu coopératif dans lequel vous endosserez le rôle héroïque de Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger ou Neville Londubat pour affronter une série de menaces maléfiques. Déterminés à conquérir le monde des sorciers un Lieu après l’autre, les Ennemis vous attaqueront sans relâche. Ce jeu est conçu pour se dérouler selon sept aventures de difficulté croissante à entreprendre dans l’ordre, et dont l’ultime objectif est de vaincre Vous-Savez-Qui une bonne fois pour toutes. Dans la peau de Héros agissant en coopération, vous remportez la partie si vous terrassez les Ennemis avant qu’ils n’aient pris le contrôle de tous les Lieux – assurant ainsi la sécurité de Poudlard, du moins pour l’instant… En revanche, vous perdez la partie si les Ennemis parviennent à s’emparer de tous les Lieux ! »

Contrairement à la plupart des titres de deck-building, il ne s’agit pas d’un jeu expert. A l’inverse, Hogwarth Battle a clairement été pensé comme une boîte d’initiation au jeu de société en général et à ce type de mécanique en particulier. L’éditeur indique que le titre est accessible aux 11+, et pour une fois c’est plutôt pessimiste : vous ne devriez avoir aucun problème avec des enfants de 10 ans, voire même encore plus jeune s’ils ont déjà touché quelques jeux de plateau auparavant.

Un matériel somptueux

A l’ouverture de la boîte, on trouve un plateau très classieux destiné à accueillir les diverses cartes du jeu pendant la partie, 4 plateaux individuels, moultes tokens en carton/métal dans des sachets plastiques, un manuel et 7 boîtes scellées numérotées, sans aucune indication de ce qu’il y a à l’intérieur.

Le bon réflexe, c’est bien entendu d’ouvrir le manuel : celui-ci explique pas à pas l’univers, la mécanique du jeu et quoi faire avec tout cela. Sans trop rentrer dans les détails, disons que les boîtes 1 et 2 constituent une sorte de tutoriel à destination des débutants. Elles vont introduire progressivement les mécaniques du jeu et lisser la courbe d’apprentissage. Les choses sérieuses commencent à partir de la troisième boîte, les joueurs plus chevronnés sont d’ailleurs invités à commencer directement par celle-ci.

Chaque boîte contient un « mini-manuel » qui explique les modifications propres à chaque épisode. Chaque « mini-manuel » se présente sous la forme d’une page pliée en 4, le manuel principal contenant les réservations Kivonbien™ permettant de ranger ces feuilles volantes sans risque de les perdre.

A l’usage, ce système se révèle moyennement pratique puisque la plupart des modifications restent en place pour les épisodes suivants. A la fin, il faut donc jongler entre 8 manuels différents ! Il aurait été sympa que l’éditeur mette à disposition ces différents documents au format PDF, afin qu’on puisse les imprimer et les relier sans abîmer le matériel existant. Mais comme d’habitude chez Edge, les fichiers numériques ne sont pas mis à disposition de la communauté. Sniff…

D’un point de vue général, la clarté des règles est excellente, d’autant que l’ensemble bénéficie d’une localisation française irréprochable. Allez, les pinailleurs dont je fais partie rouspéteront contre la traduction un peu trop littérale des pouvoirs de Neville Londubat (qui peut de ce fait prêter à confusion en VF) mais c’est absolument tout ce qu’il y a à médire. On aimerait sincèrement que tous les titres soient de ce niveau !

En parallèle, je vous recommande vigoureusement de télécharger la FAQ non-officielle disponible sur le site de BGG, il vous suffit de suivre ce lien. En effet, l’ordre d’activation des différentes cartes n’est pas toujours évident, surtout lorsque vous avez débloqué l’ensemble du contenu du jeu. La FAQ clarifie les choses, et garantit une expérience de jeu optimale.

Pour ce qui est de la forme, force est de constater que l’ensemble du matériel transpire encore plus la classe qu’un Georges Clooney en costard. Tout est bluffant de qualité : la boîte conçue comme un coffre, le manuel en papier glacé 300 grammes, le plateau central, les cartes remplies d’illustrations tirées de la série mais tellement homogènes qu’on les dirait prises spécialement pour le jeu. Dans l’absolu, il n’y a pas énormément de matériel pour un titre vendu dans les 60€, mais la qualité de l’ensemble fait qu’on lui pardonne aisément.

Seul petit reproche, les cartes n’ont pas de toilage de protection. C’est toujours dommage pour un jeu de deck-building dans lequel on les manipule intensément. Mon exemplaire n’a pas bougé pendant nos parties de test, mais l’achat de sleeves de protection pour vos cartes est recommandé.

Accessibilité maximale

Niveau mécanique, pas de surprise : les auteurs ont choisi de pomper honteusement rendre hommage aux meilleures mécaniques du genre, type Clank ! Les Aventuriers du Deck-building ou Deck-Building DC Comics. Chaque sorcier incarne un des personnages emblématiques de la série (Harry Potter, Hermione Granger, Ron Weasleyou Neville) et commence la partie avec son petit deck bien à lui. Celui-ci au départ 10 cartes, 5 disposées face cachées et 5 dans sa main.

Chaque tour de jeu commence par la pioche d’une carte événement, toujours négative pour le groupe. Et contrairement à la plupart des titres du genre, celles-ci mettent une belle pression sur les joueurs dès les premiers tours. Ne prenez pas peur : les choses s’améliorent grandement en cours de jeu, une fois que tout le monde a eu le temps de s’équiper un peu.

Une fois que l’évènement a été appliqué, le joueur actif peut jouer les cartes de sa main. La majeure partie de ces cartes permettent de récupérer des pièces, ces dernières étant utilisées pour acheter de nouvelles cartes plus puissantes que l’on intègre progressivement à son deck. D’autres permettent de récupérer des éclairs : ce sont des attaques qui vont affaiblir les ennemis.

Les autres effets tournent autour de la pioche de carte supplémentaire (la technique de la « meule » que je déteste toujours autant), la protection, le support du groupe, les conditions de victoire, etc. Inutile de tous les lister tous les effets des cartes, disons simplement qu’on reste dans le simple et dans l’archi-connu. Les différentes cartes disponibles permettent de varier sa stratégie, sans non plus changer fondamentalement la physionomie des parties.

A la fin de son tour, tout ce qui n’a pas été utilisé – cartes de sa main, pièces ou éclaires – part à la benne. On pioche les 5 premières cartes de sa pile pour le prochain tour, puis on passe au joueur suivant.

Pour tuer un ennemi, c’est tout simple : chaque vilain pas beau dispose d’un total de points de vie indiqué sur la carte. Quand le total d’éclairs sur la carte atteint ledit total, le personnage est immédiatement retiré du plateau. Un effet bonus s’applique, et l’opposant suivant de la pile est immédiatement révélé.

A chaque fois qu’une carte dit « ajoutez un jeton contrôle sur le lieu en cours », on vient ajouter un jeton en métal sur le lieu en cours. Chaque lieu dispose en quelque sorte d'un « total de point de vie » : si le nombre de jetons atteint ce total, le lieu est défaussé et on dévoile le suivant dans la pile.

Hogwarth Battle est en vérité une course de vitesse entre ces deux mécaniques : si le dernier lieu est défaussé alors qu’il reste encore au moins un méchant en vie, c’est la défaite. Dans le sens inverse, c’est la victoire.

Le principe reste globalement inchangé pendant toute la durée de l’aventure, même si chaque boîte apporte son lot de nouveauté : nouveaux sortilèges, nouveaux lieux, nouveaux méchants, nouvelles forces du mal, nouveaux alliés, matériels et éléments de gameplay …

Pour les fans, mais pas que

La présence de 7 boîtes scellées contenant le matériel de jeu pourrait laisser entendre que Hogwarth Battle est un titre Legacy, c’est-à-dire un jeu dont le matériel est détruit / altéré au cours des différentes parties. En pratique, ce n’est pas du tout le cas : tout reste parfaitement en état. Au besoin, il est facile de retrier les différentes cartes et de le ranger dans les boites correspondantes car le contenu de chaque boîte est clairement identifié. Vous pouvez donc remettre complètement le jeu à neuf pour le prêter ou le revendre, au prix d’une petite dizaine de minute de rangement à deux. De plus, il n’y a pas de système d’expérience ou d’équipement que l’on conserve d’une partie sur l’autre. Il est donc tout-à-fait envisageable de jouer en parallèle avec plusieurs groupes.

Les 7 scénarios ne sont pas une fin en soi, et l’inverse aurait été un peu rude. En considérant une durée de partie oscillant entre 30 minutes (pour les premières) à 2h (pour les plus complexes), cela donne une durée totale qui tourne autour des 10 heures. Une fois que vous aurez tout débloqué, vous pourrez vous refaire à l’infini le dernier scénario qui représente le mode de difficulté maximal. Au besoin, il est également possible de panacher les différentes variantes comme on le souhaite afin de se créer une partie « à la carte ».

En tout cas le plaisir de jeu reste intact et il faut bien reconnaître que le titre est vraiment agréable à sortir, surtout si l’on est fan de la licence Harry Potter. Sur la forme et sur le fond, le titre reprend tout ce qu’on est en droit d’attendre de cet univers : les lieux, les personnages, les principales péripéties des bouquins, l’ambiance, etc. L’esthétique est directement reprise des films, et parvient à gommer totalement les différences liées aux différents réalisateurs et aux années écoulées. C’est bien simple, on dirait que les différents visuels ont été pris spécialement pour le jeu, ce qui permet à l’ensemble d’être parfaitement cohérent de bout en bout. Les vieux cons dans mon genre pourront tiquer sur les indications « trademark » et « copyrighted » apposées sur un peu près tous les éléments du jeu, des lieux aux personnages secondaires. On sent bien que les droits ont dû coûter un joli petit paquet de brousoufs…

Mais point de mauvais esprit, l’essentiel est là : Hogwarth Battle est un excellent jeu à licence, et les fans d’Harry Potter seront aux anges. Ce serait déjà suffisant en soi, mais le titre s’offre en plus le luxe d’être aussi et avant tout un excellent jeu de plateau.

On ne parle pas d’un jeu expert, attention. Ceux qui ont déjà poncé des titres comme Clank ! Les Aventuriers du Deck-building ou Deck-Building DC Comics trouveront sans nul doute que le gameplay d’Hogwarth Battle est beaucoup trop limité. En revanche, le titre est absolument parfait pour débuter sur le jeu de société en général et le deck-building en particulier.

L’accessibilité est juste extraordinaire : chaque élément est expliqué, avec un code couleur et une iconographie qui ne prête jamais à confusion. La boîte peut donc être mise entre les mains d’un gamin qui n’a pas encore vu les Harry Potter, sans que cela ne le frustre ou qu’il ne passe à coté de l’expérience. Bon, ça va quand même lui spoiler furieusement l’intrigue des films, essayer de lui montrer les deux plus ou moins en parallèle.

L’accessibilité est d’autant plus forte que la difficulté du titre semble assez faible, même si les premiers tours piquent un peu, le temps que tout le monde ne soit un minimum équipé. Mais il est rare que les joueurs ne perdent, Hogwarth Battle n’est pas un titre frustrant.

Le jeu fait même quelques efforts louables pour casser les stratégies génériques du deck-building. Plusieurs cartes événement réduisent nettement l’intérêt de la « meule » – la technique qui consiste à blinder son deck de cartes qui en font piocher d’autres. Et personnellement je valide, ayant en horreur cette technique insupportable qui alonge à l’infini le tour de certains joueurs.

Pour finir, le fait de mettre le matériel dans des boîtes fermées est juste une idée démoniaque… On a envie de savoir ce que le prochain scénario va nous apporter. Quand on y pense, c’est une belle réussite car tout a déjà été dit sur l’histoire depuis une dizaine d’année maintenant. Mais une fois qu’on commence à se plonger dans Hogwarth Battle, on n’a plus qu’une idée : finir la campagne. D’autant que la qualité générale du titre incite vraiment à aller de l’avant.

Le tour de la question en moins d’une minute

Public cible : familial / initiation du deck building
Le jeu peut être mis entre toutes les mains, dès 8 ans si votre enfant a l’habitude de jouer et 10 ans si c’est une découverte complète. Les habitués du deck-building se sentiront à l’étroit car le gameplay a été pas mal simplifié au passage, mais ils ne sont pas le public cible. Pour les autres, foncez sans hésitation aucune.

Nombre de joueur : 2 à 4
Nous l’avons essayé à deux et à quatre, et le titre tourne bien dans ces deux configurations. Dans l’absolu, rien n’empêche de jouer en solo en prenant plusieurs personnages d’un coup.

Durée de partie : 30 min à 2h
Les boîtes 1 et 2 durent environ 30 minutes, puis la durée de partie monte tout doucement jusqu’à atteindre les deux heures.

Interaction : 100% coop
Ça aurait pu être marrant – et raccord avec le thème – d’inclure un personnage jouable oscillant entre les deux camps suivants les épisodes, par exemple un Severus Rogue, mais non : le titre est 100% coopératif.

Rejouabilité : excellente
Comptez déjà 7 parties pour faire le tour du matériel, ce qui représente au bas mot une bonne dizaine d’heures de jeu qui passent comme un charme. Une fois ceci fait, vous pouvez considérer que vous avez accès au jeu dans son mode de difficulté maximal. L’aléatoire dans cette configuration suffit à assurer une bonne rejouabilité. Il est également possible de retirer tout ou partie des ajouts précédents pour se faire une partie « à la carte ».

Courbe de progression : gérée par le jeu
Hogwarth Battle est livrée avec 7 boîtes numérotées qui introduisent les mécaniques du titre les unes après les autres. De fait, on s’amuse dès la première partie bien que la complexité monte crescendo jusqu’à la fin. Celle-ci représente, attention spoiler en mousse, la bataille finale de la saga qui donne son nom au titre.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Harry Potter - Hogwarts Battle [2019]

Gaetan G.
85

Prenez un gameplay de deck-building efficace, outrageusement inspiré des licences les plus reconnues du genre. Simplifiez-le juste ce qu’il faut pour le rendre accessible aux 10+. Ajoutez là-dessus une licence ultra-fédératrice taillée pour le succès, tiens pourquoi pas l’univers d’Harry Potter. Rajoutez encore une pincée de mystère, en répartissant le matos de jeu dans plusieurs boîtes scellées à découvrir au fur-et-à-mesure des parties. Et pour finir, sublimez le tout par une direction artistique irréprochable au service d’un matos d’une qualité impressionnante. Il ne vous reste qu’à mettre un coup de baguette magique sur ces ingrédients pour obtenir Harry Potter - Hogwarth Battle.

Alors oui, on peut rager sur l’absence totale de prise de risque du bousin : on sent bien qu’on a affaire à un titre taillé avant tout pour le succès. Mais force est de reconnaître que ça fonctionne du feu de Dieu ! Les parties s’enchaînent avec plaisir et on a qu’une envie : découvrir ce qu’il y a dans la prochaine boîte. C’est une des grandes réussites du titre : réussir à créer de l’attente et du mystère avec une histoire terminée depuis une paire d’année et connue de tous les fans.

En conclusion, Harry Potter - Hogwarth Battle est un titre hautement recommandable, pour les fans du sorcier à la cicatrice bien entendu mais pas que. C’est aussi un cadeau parfait pour n’importe quel moutard d’une dizaine d’année qui n’aurait jamais pratiqué les jeux de plateau. Que dire de plus, si ce n’est que c’est sans doute la plus belle manière de l’y intéresser et de le rendre accro.

On a aimé

  • Une accessibilité fantastique
  • Un univers bien respecté
  • Un matos classieux
  • La meilleure boîte d’initiation au jeu de société en général et au deck-building en particulier
  • Une excellente localisation en français
  • Ce n’est pas un titre Legacy, le matos est simple à retrier comme au premier déballage

On a moins bien aimé

  • Manque un peu de profondeur pour les joueurs experts
  • Plutôt cher au vu du matos dans la boîte
  • Manuels pas dispos en PDF
  • La FAQ non officielle est disponible pour la VO depuis 2017. Vu qu’elle est importante, il eût été appréciable de l’inclure dans les règles

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