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Critique du jeu vidéo : Catherine [2012], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 15 septembre 2019 à 09h00

Vincent, Katherine, Catherine et les Moutons

Critique de la version PS43.

Le jeu vidéo de réflexion s'affranchit souvent de toute ambition narrative pour se concentrer sur des mécaniques de gameplay bien huilés. C'est pourquoi quand se présente un jeu de réflexion proche du visual-novel brodant autour d'un trentenaire coincé face à son refus de s'engager et des cauchemars remplis de moutons, cela avait de quoi laisser perplexe...

Catherine est l'œuvre du studio japonais Atlus qui est plus connu en Europe pour ses J-RPG aussi profonds que prenants à travers la saga des Megami Tensei (et ses séries Devil Summoner, Persona...) ou les dungeon crawler Etrian Odyssey. Le développement de ce titre fut annoncé comme novateur et ambitieux pour Atlus car le premier consacré aux consoles HD de la génération PS3-360 autour de piliers du studio : le directeur artistique et character designer Shinegori Soejima ou le compositeur Shoji Meguro dont les travaux sur la série Persona sont les plus connus. L'ambition affichée de l'équipe de développement est de sortir de la zone de confort du studio avec un titre loin des canons du RPG tout en proposant une histoire adulte et mature dans les sujets traités comme les relations amoureuses ou le véritable passage à l'âge adulte. Sans oublier un grand jeu de réflexion capable de tenir en haleine les amateurs du genre comme les néophytes. Le jeu est ainsi distribué chez nous par Deep Silver en février 2012 à l'aide d'une communication insistant beaucoup sur les formes du personnage titre laissant supposer un titre digne de la réputation des Nippons fripons. Une stratégie finalement assez étrange une fois le titre en main. A noter que le jeu vient de ressortir sur PS4 avec de nombreux ajouts...

L'histoire met en scène Vincent Brooks, 32 ans, qui mène une vie assez tranquille partagée entre le travail, les sorties quotidiennes au restaurant ou au bar avec ses amis et sa relation avec la belle Katherine qui commence à durer... Sa vie qui est plus proche de celle d'un célibataire commence à devenir incompatible avec les inspirations de sa belle qui aimerait bien qu'ils emménagent ensembles, se marient voire aient un enfant... Vincent sent sa relation amoureuse menacer son style de vie et rumine un soir au bar où il rencontre la belle Catherine au prénom proche de sa petite amie mais à l'apparence et au caractère assez différent. Un peu trop alcoolisé, Vincent tombe dans les bras de la belle jeune femme et se réveille chez lui à ses côtés le lendemain matin... Non sans avoir fait un rêve vraiment étrange pendant la nuit : il était obligé de gravir des montagnes de cubes aux côtés de moutons au comportement humain. Il devait grimper sous peine de tomber et de mourir guidé par un étrange personnage un peu trop rieur... D'autant plus que dans la réalité, une série de morts mystérieuses frappent les hommes dans leur sommeil. Vincent va avoir huit jours et huit nuits pour survivre mais aussi pour se dépêtrer de cette situation où un choix va devoir être fait : Katherine ou Catherine...

L'histoire de Catherine est effectivement assez originale et novatrice dans l'univers du jeu vidéo. On plonge en pleine crise existentielle d'une sorte d'adulescent ayant du mal à assumer sa longue relation et à parvenir à une nouvelle étape face à sa copine lasse d'attendre. Le jeu nous met aussi face aux dilemmes causés par la tromperie de Vincent, ses mensonges et le caractère possessif de Catherine. Cela fonctionne bien et les thématiques sont bien développées lors des passages au bar aux côtés de PNJ où lorsqu'on discute avec les moutons entre deux niveaux de grimpette/réflexion comprenant que eux aussi ont des problèmes relationnels. On s'attache finalement assez vite à Vincent et à son histoire qui se laisse suivre avec plaisir sans pour autant que cela soit renversant. Les situations et les enjeux sont au final assez proches de ce qu'on connaît des sitcoms et autres comédies/drame du cinéma occidental. La narration est efficace mais finalement assez classique malgré une fin un peu confuse. On peut néanmoins apprécier la traduction française et le doublage américain très propres. Là où le jeu se révèle finalement plus discutable c'est dans les choix que l'on est amené à faire faisant pencher une balance du côté positif ou négatif de manière assez moralisatrice... Les choix ont de véritables conséquences mais seulement sur la fin et les monologues internes de Vincent. Vous pouvez ainsi en faire un pauvre gars pris de remords ou un infidèle plus ou moins décomplexé. Une approche assez intéressante au final.

Le jeu est très dirigiste quand on est pas dans les cauchemars de Vincent se rapprochant ainsi du visual-novel c'est à dire des histoires interactives où l'action du joueur se limite aux choix des dialogues. Un genre de jeu qui ne peut évidemment pas plaire à tous mais qui n'est pas seulement ce que propose Catherine. Sur ces phases, le titre est plaisant à suivre grâce aux raisons évoquées plus haut même si on pourrait regretter une vitesse des dialogues un peu molle. En tout cas le jeu propose des cinématiques en animation 2D vraiment bien réalisées à l'aide par le studio d'animation japonais Studio 4°C qui officie depuis les années 1980 avec des films tels que Memories ou des adaptations de la saga Berserk sans oublier des participations dans le jeu vidéo sur Rogue Galaxy ou Asura's Wrath. Si ces séquences sont magnifiquement réalisées, la technique globale du jeu s'avère correcte sans jamais être impressionnante. La direction artistique est solide mélangeant très bien un univers réaliste avec celui glauque et dérangeant des cauchemars doté de boss assez flippants. Enfin la musique est vraiment sympathique nous mettant bien dans les différentes ambiances du jeu. Pour terminer, l'aspect érotique suggérée lors de la promotion autour des héroïnes est absent du titre. N'espérez pas voir ne serai-ce que l'ombre d'un téton ou d'une fesse dans le jeu...

Le jeu se divise donc en deux parties distinctes : la journée et la nuit. Concentrons nous d'abord sur la journée et l'aspect visual-novel du titre qui se suit donc sans déplaisir comme il a été dit précédemment avec de nombreux choix influant sur la fin du jeu. On ne contrôle Vincent qu'à la fin de la journée lorsqu'il est au bar avec ses amis. Libre à nous donc de discuter avec qui l'on veut et d’interagir autant avec ses amis que les autres clients comme le personnel de l'établissement. Ces phases font la synthèse de la journée de Vincent et le prépare à son cauchemar. Vous pouvez ainsi répondre aux SMS de vos deux petites amies à l'aide de choix multiples permettant ainsi d'orienter vos relations. Vous pouvez aussi décider de boire plus ou moins sachant que cela influence la vitesse de déplacement de Vincent lors des phases de réflexion. Les discussions que vous avez au bar ont une influence annexe sur le récit puisque des clients vont être retrouvés en tant que moutons lors des cauchemars et nos interactions avec eux peuvent avoir une influence sur leur survie. Là encore vous pouvez décider de votre attitude face aux pauvres âmes qui vivent le même cauchemar que vous. Ces phases de discussions se poursuivent aussi pendant les cauchemars sur les paliers entre les différentes tours de cubes à gravir.

Le cœur du jeu est donc ces grandes montagnes de cubes à gravir qui font de Catherine un véritable jeu de réflexion. Si on contrôle le personnage qui doit se créer un chemin pour parvenir au sommet de chaque tour, le titre n'est néanmoins pas un jeu de plates-formes puisque Vincent ne peut sauter. Concrètement, chaque nuit est divisée en plusieurs étapes où il faut gravir une tour plus ou moins haute uniquement composée de cubes que l'on peut faire bouger pour se créer un chemin. Il faut ainsi analyser la situation pour progresser sans trop traîner puisque la tour s'effondre au fur et à mesure ou que des boss vous poursuivent à la dernière étape de chaque nuit. Le tutoriel vraiment bien fait vous explique les propriétés des cubes et introduit petit à petit des cubes spécifiques comme ceux qui ne bougent pas, ceux qui sont lents à manier, ceux qui s'effritent, ceux piégés et d'autres dont on vous laisse découvrir les propriétés. Vous pouvez aussi ramasser différents objets pour vous aider (oreiller qui offre une vie ou un cube à créer quand on le souhaite...). Ce jeu de réflexion est vraiment bien fichu et assez prenant car il impose un vrai rythme avec un level-design aussi ingénieux que retors avec différentes possibilités. Vos méninges vont être triturées et la satisfaction est réelle quand vous réussissez. Catherine s'impose ici comme un excellent jeu de réflexion pour ceux aimant le genre. On peut néanmoins lui reprocher une difficulté mal dosée et parfois un manque de visibilité. Les puristes préféreront sûrement les cadors du genre qui restent quand même un cran au dessus. La dure de vie du jeu est plus qu'honnête puisque finir une fois l'histoire vous prendra environ 15 heures sachant qu'il y a différentes fins et un mode en plus où l'on peut enchaîner les ascensions périlleuses.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Catherine [2012]

Bastien L.
72

Catherine est un jeu original, surprenant et sympathique à défaut d'être complètement abouti. L'histoire est prenante et les mécaniques de jeu vraiment intéressantes avec une technique assez correcte sublimée par des cinématiques en animation 2D. Mais il manque quand même ce petit plus dans tous les compartiments du titre pour en faire un véritable must. Néanmoins, c'est une expérience à faire pour les joueurs aventureux.

On a aimé

  • Les thèmes abordés liés aux questions existensielles d'un trentenaire
  • Artistiquement très solide
  • Un jeu de réflexion bien fichu

On a moins bien aimé

  • Une narration trop clichée
  • Difficulté parfois mal dosée
  • La promotion bien trop racoleuse...

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