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Critique du jeu vidéo : Remember Me [2013], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 20 janvier 2019 à 09h00

La Mémoire dans la Peau

Testé sur PS3 en version dématérialisée.

L'Arche du Captain Blood, Flashback, Another World ou encore The Nomad Soul démontrent que la production vidéoludique française a souvent été attirée par la science-fiction. Des œuvres capables de plonger les joueurs dans des univers riches et matures dont on se souvent souvent une fois la partie terminée. Un constat qui peut s'appliquer à Remember Me, production tricolore de 2013 qui nous proposa un univers fascinant à défaut d'un gameplay mémorable...

Derrière Remember Me se cache la première production d'un studio de développement français fondé en 2008 : Dontnod Entertainment. Un studio bâti par des vétérans venus de firmes comme Ubisoft ou Quantic Dream et qui se présenta clairement comme une équipe ambitieuse voulant travailler sur des projets dignes des grands éditeurs. Ce premier projet s'intitule d'abord Adrift et devait être une exclusivité PS3 parrainée par Sony avant que les deux sociétés stoppe leur collaboration. Dontnod dû donc démarcher un nouvel éditeur pour mener à bien son projet qui eut du mal à trouver preneur du fait d'un scénario plus compliqué qu'à l'accoutumé dans l'industrie pour un AAA (les jeux les plus ambitieux et coûteux) et le fait d'avoir choisi une héroïne forte (ni demoiselle en détresse, ni bombe sexualisée) comme personnage principal. Néanmoins, Capcom fut intéressé par le projet en tant qu'éditeur et il fut décidé de la rebaptiser Remember Me comme de le développer aussi sur Xbox 360 et PC. A noter aussi que deux grands écrivains français travaillèrent sur le projet : d'abord Alain Damasio (la Horde du Contrevent...) qui laissa sa place à Stéphane Beauverger (Le Déchronologue...) en cours de route.

L'histoire du jeu nous plonge de 2084 dans la ville de Neo-Paris qui est une sorte de cité-état au milieu d'une Europe ravagée par des guerres qui ont éclatée au milieu du XXIème siècle suite à des crises provoquées en partie par les dérèglements climatiques. Dans cet havre de paix, la société est complètement transformée par une invention révolutionnaire : le Sensen (Sensation Engine) qui permet de pouvoir partager (et effacer) ses souvenirs avec tous comme un réseau social allant vraiment très loin. Au départ, invention louable (la suppression de souvenirs douloureux par exemple), la création de la société Memorize entraîne la possibilité de voler et de modifier les souvenirs ainsi qu'une utilisation militaire de l'invention. Pire, de véritables drogués aux souvenirs des autres apparaissent et perdent leur identité devenant les dangereux Leapers. Sans oublier que Neo-Paris a développé une société inégalitaire qui a des allures d'Etat policier où Memorize joue un grand rôle. Cette société est combattue par ceux appelés Erroristes dont l'héroïne Nilin fait partie. Au début de l'aventure, elle est prisonnière dans la prison de la Bastille alors que ses souvenirs sont quasiment tous effacés. Elle est sauvée in-extremis par le mystérieux Edge, leader des Erroristes qui va la guider vers ses souvenirs et la destruction de Memorize...

Le plus gros point fort de Remember Me est son univers et par extension son scénario, caractéristique assez rare pour être soulignée dans les grosses productions ces dernières années. Le cheminement de Nilin à travers cette société imparfaite où se mélangent la beauté des monuments et la noirceur de son monde souterrain est aussi passionnant à suivre que le cheminement au sein de son esprit alors que les découvertes et les révélations s'enchaînent. On contrôle une héroïne très loin des personnages monolithiques habituels car elle subit autant les événements du jeu qu'elle les provoque. On s'attache vraiment à sa quête grâce à des moments poignants, surprenants mais aussi grâce à une galerie de personnages secondaires tout aussi bien écrits et intéressants. Le mystérieux Edge dont on ne sait pas toujours s'il est vraiment notre allié, le couple Cartier-Welles qui a la charge de Memorize et qui font penser à des dieux, la dominatrice Madame reignant sur la prison de la Bastille ou encore Johnny Greenteeth, un grand Leaper aux étrangers pouvoirs... Tout fonctionne parfaitement et on est jamais perdu dans un univers pourtant riche qui propose un monde aussi fascinant que terrifiant en posant évidemment beaucoup de questions de bioéthique, de philosophie comme de sociologie avec cette idée de manipulation et d'échange de la mémoire...

Si Remember Me fait un appel du pied aux fans de science-fiction, il leur offre aussi un mélange d'anticipation et de cyberpunk, des ambiances proche d'un Human Revolution tout en restant vraiment original. Le jeu permet aussi un petit côté fantastique avec les pouvoirs liés au Sensen et les Leapers faisant penser à des goules. C'est un bonheur de parcourir un univers aussi riche tant dans son background (avec beaucoup d'informations annexes à lire) que grâce à des décors qu'on prend plaisir à parcourir. Si techniquement, le jeu n'est clairement pas une claque et reste loin de ce qui se faisait de mieux en 2013, il parvient à nous captiver grâce à une excellente direction artistique pour les extérieurs comme les intérieurs. Le jeu propose d'ailleurs de débloquer un bon nombre de magnifiques artworks. Tout en se basant sur l'image passée et présente de Paris, les développeurs ont reconstruit une capitale futuriste très impressionnante et surtout très belle. Pour les connaisseurs de Paris, on apprécie aussi les décors qui mélangent familiarité et étrangeté. Que se soit sur les toits, dans les souterrains (et l'ancien réseau de métro) ou encore la prison de la Bastille, les décors sont magnifiques et fourmillent de détails. Dontnod a vraiment proposé une direction artistique sans faille car originale et cohérente. Les personnages sont aussi bien modélisés malgré le côté répétitif des ennemis. Enfin, le travail sonore est tout aussi satisfaisant que cela soit les doublages français mais aussi la musique de Olivier Derivière qui mélange habilement symphonique et électronique.

Si l'ambiance et l'histoire sont bien maîtrisées avec assez de rebondissements pour contenter les amateurs de science-fiction qui aiment les twists bien amenés, cela a néanmoins un prix. Le jeu est ainsi très linéaire ce qui permet à l'histoire de rester sur de bons rails mais aussi à l'aspect technique de mieux sauver les meubles. Remember Me est un jeu d'action/aventure mâtiné de plates-formes qui ne vous laissera pas vraiment de grandes libertés. Ce n'est pas forcément un grand défaut si les « couloirs » du titre n'étaient pas si réduits même en extérieur avec la fâcheuse de tendance de ne pas pouvoir enjamber de simples obstacles tout simplement parce que les développeurs n'ont pas prévu qu'on puisse le faire. C'est dommage car quelques passages font un peu tâche. De même, les bandes-annonces du jeu avait quand même insisté sur l'idée de pouvoir remixer les mémoires mais encore une fois cela se fait dans un certain contexte bien balisé. On peut regretter aussi cette fâcheuse tendance à enchaîner les couloirs et les endroits plus dégagés faisant que certains niveaux font penser à un enchaînement d'arènes reliées par des moments plus calmes... Cela devient plus intéressant quand les niveaux prennent de la verticalité même si les phases de plates-formes sont malheureusement anecdotiques car trop facile à prendre en main et surtout le chemin est balisé par avance. Ces phases sont trop assistées pour qu'on y prenne un plaisir autre que le fait d'évoluer dans ces beaux décors.

Le combat est aussi au cœur du jeu car Nilin est un personnage athlétique sachant bien se défendre que se soit contre les Leapers mais aussi les soldats représentant l'autorité de Neo-Paris comme Memorize. Encore une fois, les idées de départ sont bonnes avec un système de combo, d'esquive et la possibilité d'enclencher des pouvoirs spéciaux quand on a rempli une jauge. Nilin peut même attaquer à distance grâce au spammer qui envoi des sortes d'ondes perturbant les ennemis et pouvant les rendre inconscients. Dans les faits, il faut quand même un bon temps d'adaptation pour réussir à s'en sortir avec satisfaction des combats et surtout en tirer du plaisir. Le principe des combos est loin de correspondre à du Devil May Cry ou du God Of War car la vitesse d'exécution ne vous apportera rien étant donné qu'il faut ici appuyer sur les touches dans un rythme précis. Un parti pris qui, pour ma part, est loin d'être satisfaisant pour rendre justice à l’âpreté des combats. Heureusement que les capacités spéciales viennent rendre le tout légèrement tactique puisqu'on peut avoir des bonus limités comme frapper plus fort, se rendre invisible ou bien on peut étourdir les ennemis autour de nous, implanter une sorte de grenade psychique qui fera des ravages dans les rangs comme transformer un robot ennemi en allié... A vous de bien utiliser ces pouvoirs spéciaux contre les bons ennemis au bon moment. On peut aussi choisir comment construire ses combos avec des coups permettant de recharger plus vite ses pouvoirs, regagner de la vie ou frapper plus fort. Il n'empêche que les combats sont souvent brouillons et répétitifs sur la fin. Les combats contre les boss ne resteront clairement pas dans les annales non plus...

Finalement, l'aspect aventure du titre est le plus satisfaisant car il se concentre autour de la manipulation de la mémoire. La progression par énigmes assez simple se base parfois sur de bons déverrouillage de portes ou aussi utiliser la mémoire d'un autre pour deviner comment progresser dans un lieu. Un exemple intéressant de la manière dont le scénario peut directement influencer le gameplay. Les moments les plus iconiques du jeu sont quand Nilin doit remixer (comprendre transformer) la mémoire d'autres protagonistes. Ces phases au style graphique souvent épuré nous demandent de trouver les objets à bouger ou les moments à changer afin d'obtenir le résultats escompté pour transformer les souvenirs donc l'état d'esprit de notre victime. Ces phases permettent d'expérimenter et de trouver les bons enchaînements avec le côté assez plaisant de voir les conséquences de nos changements. On regrette quand même l'aspect peu ergonomique de l'ensemble. Remember Me fait ainsi penser à beaucoup de grands jeux français des années 1980 et 1990 qui étaient connus pour leurs univers génialement mis en scène avec des directions artistiques solides mais un gameplay toujours perfectible (souvent trop difficile). Dontnod semble perpétuer cette tradition. Pour un titre de ce genre, l'aventure est assez longue, dix heures environ, mais on aura beaucoup de mal à y revenir.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Remember Me [2013]

Bastien L.
63

Remember Me fait clairement parti de ces titres qu'on a envie de défendre et qu'on aimerait tellement élevé au panthéon des jeux vidéo. Tout simplement parce que l'univers proposé est riche et que le scénario s'avère tout aussi réussi qu'intéressant. Explorer Neo-Paris, découvrir ses merveilles comme ses zones d'ombres à travers le regard d'un personnage aussi fort que Nilin est un vrai bonheur. Malheureusement, le jeu s'avère trop linéaire souffrant d'un manque d'imagination dans son level-design et les différents gameplays proposés sont loin d'être aboutis.

On a aimé

  • L'univers incroyable et la direction artistique sublime
  • Une héroïne attachante et bien travaillée
  • Le principe de remix de la mémoire

On a moins bien aimé

  • Trop linéaire
  • Un gameplay trop perfectible
  • Un jeu qu'on voudrait tellement adorer...

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