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Critique du jeu vidéo : Arc : Le Clan des Deimos [2004], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le mercredi 4 janvier 2023 à 09h00

Anges & Deimos

Critique de la version PS2

Sur les générations 32-bits et 128-bits, le JRPG semble avoir connu son apogée en termes de popularité (comme de qualité dirons certains) dans nos contrées occidentales avec de grands ténors du genre mais aussi des productions moins cotées comme Arc : Le Clan des Deimos.

La série des Arc the Lad a débuté sur la première Playstation avec une trilogie populaire de tactical-RPG produite et éditée par Sony. Les deux derniers épisodes avaient été développés par le studio japonais ARC Entertainment pour une trilogie n'ayant pas dépassé ses frontières (du moins jusqu'à la sortie ces titres en téléchargement sur PS3 mais sans avoir été localisés). Les pauvres Européens que nous sommes eurent finalement le droit de goûter à la série début 2004 sur PS2 avec la sortie de Arc : Le Clan des Deimos toujours édité par Sony. Le constructeur se dit qu'il était temps que la saga connaisse une exportation car il s'agissait d'un réel renouveau. La trame scénaristique s'éloigne des premiers épisodes (cela se déroule 1 000 ans après) et surtout il propose un gameplay JRPG plus classique avec cette fois-ci le studio Cattle Call aux manettes (dont Yoshihiro Yamamoto à la réalisation comme à la production). Cet, alors, jeune studio nippon proposait ici son second titre après un autre RPG, Tsunagai : Atonement, inédit chez nous. Bref, de quoi faire découvrir la série à tous les joueurs dans une version complètement localisée. A noter enfin, que le jeu est aussi sorti en téléchargement sur PS4 début 2016.

L'histoire du jeu a la particularité d'être double. Elle se déroule sur un monde divisé entre humains, Deimos (sorte de démons divisés en plusieurs races et organisés en sociétés) et monstres (animaux agressifs) dont la principale source d'énergie (pour les humains) et de magie sont les pierres d'esprits dont les disponibilités diminuent. Ce qui exacerbe les tensions déjà fortes entre humains et Deimos qui sont proches de se livrer de grandes guerres. D'autant plus que l'Empire humain du Dilzweld conquiert de nombreux territoires humains pour y imposer sa dictature afin d'éliminer une bonne fois pour toutes les Deimos. C'est dans ce contexte que l'on suit d'abord le jeune humain Kharg, capitaine de la garde de la paisible cité de Yewbell qui va être rattrapé par la guerre quand son amie/collègue Paulette et lui sauvent la jeune femme Lilia poursuivie par le Dilzweld. Kharg est aussi le fils de la légendaire guerrière Dame Nafia qui lui explique, avec Lilia, qu'il existe des pierres légendaires qui une fois regroupées délivrent un grand pouvoir. En parallèle, on découvre la destinée pathétique de Darc, être mi-homme mi-Deimos et fils du Deimos renégat Windolf qui lui a confié qu'il était celui qui allait sauver les Deimos avant de mourir. Il est malheureusement l'esclave d'une Deimos et est méprisé par la tribu des Orcons dans laquelle il tente de s'intégrer. Il profite de la recherche d'une créature pouvant rendre plus fort pour se lier d'amitié avec Delma, la sœur du chef des Orcons. Alors qu'il reprend confiance, il est trahi par le chef des Orcons et sa tortionnaire qu'il élimine de rage devenant ainsi le nouveau chef des Orcons. Il décide alors, accompagné de Delma puis d'un autre Deimos Wolf, d'unifier les peuples Deimos pour éliminer les humains dont le Dilzweld qui s'approche dangereusement de ses frontières. Une quête qui le mettra lui aussi sur le chemin des pierres légendaires... Enfin, Windolf et Nafia ont caché un lourd secret à Darc et Kharg dont les destins vont forcément se croiser tandis qu'une menace tapie dans l'ombre s'apprête à se révéler...

L'intérêt principal du scénario du jeu est évidemment cette double-histoire qui se développe en différents chapitres (on alterne entre Kharg et Darc à chaque chapitre) pour finalement se rejoindre en une seule grande épopée afin de sauver le(s) monde(s). Si la finalité de l'intrigue globale ainsi que les thèmes abordés ne sont pas forcément nouveaux, le déroulé s'avère assez original et les personnages attachants. Alors certes, on n'échappe pas à quelque poncifs du JRPG mais l'histoire tient la route sur le long cours. Cette rivalité entre humain et Deimos (avec sa parabole sur le racisme puis les coopérations nécessaires) fonctionne bien offrant un bel écrin dans lequel nos héros vont prendre de la grandeur et s'avérer intéressants à plus d'un titre. Il y a l'opposition nette entre la vie heureuse de Kharg et celle de paria de Darc, le rôle de Lilia en tant que révélateur, la jalousie de Paulette, la soif de vengeance de Wolf ou le pacifisme contrarié de l'ex-mercenaire Ganz... Les dialogues fonctionnent bien s'avérant parfois drôles comme touchants avec le côté épique qui va bien. Après il faut avouer que la mise en scène et le rythme des dialogues ont pris un sacré coup de vieux étant assez mous du genou. Enfin, les doublages françaises lors des quelques cinématiques sont malheureusement à la ramasse avec des acteurs manquant cruellement de conviction.

L'histoire s'avère donc agréable à suivre sur des dizaines d'heures tout en se déroulant dans un univers accrocheur. Le jeu développe bien ses thèmes du racisme comme cloisonnement entre les peuples, de la haine qui ne peut qu'engendrer une haine encore plus forte et destructrice ainsi qu'un léger message écologiste quant à l'épuisement annoncé des pierres d'esprits à l'image d'énergies fossiles que les humains surexploitent. Le tout baignant dans un univers que l'on pense d'abord medieval-fantasy avant de convoquer des éléments de science-fiction (les expériences comme la technologie du Dilzweld), de post-apocalyptique (des ruines humaines très anciennes que l'on rencontre) ou encore le steampunk (notamment les dirigeables)... L'univers reste néanmoins cohérent car les ambiances différentes sont bien délimitées entre les continents et les peuples (humains comme Deimos) que l'on rencontre au fur et à mesure de l'aventure. On peut néanmoins regretter que la direction artistique globalement solide s'autorise parfois des écarts pas toujours maîtrisés (notamment dans le character design) mais c'était le prix à se montrer aussi généreux en ce qui concerne les lieux, les ennemis comme les PNJ. Techniquement, le jeu n'est pas impressionnant mais s'avère efficace avec de beaux graphismes mais qui s'avère juste satisfaisants, même pour l'époque. Si techniquement l'ensemble tient la route, on remarque quand même des différences de soins et de qualité entre les différents lieux. Pour ce qui est de la musique, elle s'avère très efficace avec quelques thèmes marquants surtout lors des explorations. Le jeu a bénéficié d'une brochette de compositeurs qui mélangent bien les approche orchestrales (Takayuki Hattori...) et celles plus électriques (Masahiro Andoh, compositeur attitré de la série).

Arc : Le Clan des Deimos s'avère assez classique dans sa narration comme dans son gameplay. Le titre se divise donc en deux parties entre les phases d'exploration/progression (découverte du scénario, enchaînement des dialogues, marchands...) et les combats se déroulant dans des sortes d'arènes. On incarne ainsi Kharg ou Darc (sauf exceptions) dans les différents lieux que l'on parcourt avec une caméra fixe assez lointaine permettant d'apprécier comme il se doit les décors. Entre les différents lieux et les zones de combat on se déplace de point en point sur une carte du monde, un procédé déjà un peu dépassé à l'époque. A part quelques villes, ne vous attendez pas à explorer de grandes zones ce qui démontre une nouvelle fois que le jeu a vieilli. Mais cela ne lui enlève pas son charme de JRPG à l'ancienne qui s'avère toujours très efficace. Encore une fois, il faut accepter un rythme assez lent avec des dialogues surtout écrits par des personnage fixes. La progression s'avère au final assez linéaire avec une direction toujours bien balisée et il faut être patient pour enfin pouvoir aller où on vent (que cela soit avec l'équipe de Darc ou celle de Kharg) sachant qu'il y a très peu de quêtes annexes tandis que les coffres sont sporadiques. Il existe évidemment des donjons mais qui s'avèrent assez courts si ce n'est le dernier bien plus ambitieux. Il existe aussi des arènes de combat avec quelques bonus à la clés mais qui permettent aussi de faire du levelling ce qui ne sera pas de trop pour arriver au bout d'un titre qui vous demandera entre 40 et 50 heures de jeu.

Comme tout bon JRPG, le jeu mélange des combats aléatoires et combats obligatoires prévus par le scénario. Ils se déroulent dans un mélange entre tour et par tour et combats tactiques. Vous pouvez (sauf dans certains cas) choisir vos combattants qui s'affichent dans une sorte d'arène face à vos ennemis et chaque combattant a un tour de jeu pré-établi (selon son niveaux et ses caractéristiques). Vous pouvez soit utiliser une simple attaque ou alors une attaque spéciale, de la magie ou un objet. Sauf qu'il faudra être à portée des ennemis étant donné que vous avez un rayon d'action et qu'il est recommandé d'attaquer les ennemis dans le dos pour une attaque ayant une meilleure chance de réussite comme de faire plus de dégâts. Bien placer ses combattants offre ainsi un léger aspect tactique assez efficace qui se complète avec la gestion de la « magie ». Il n'y a pas de barre de mana mais vous avez une jauge de pierre des esprits (que l'on achète ou que l'on peut looter) qu'il faudra surveiller surtout si on enchaîne les combats car les compétences sont assez gourmandes. Il faudra aussi bien réfléchir au positionnement de ses personnages selon leur style de combat (de mêlée ou à distance), les situations mais aussi leurs points de vie. Pour le reste on a affaire à du combat au tour par tour aussi classique qu'efficace. Et encore une fois, le rythme s’avère très lent et il faudra parfois sacrifier des tours pour ramasser des objets (qui disparaissent à la fin du combat) ou parce qu'on veut économiser sa magie. Pour ce qui est de l'équipement, vous devez gérer les améliorations de votre arme (chaque combattant n'aura qu'une arme pendant tout le jeu) ainsi que des accessoires. Vous aurez souvent l'occasion de refaire le plein d'objets, d'équipements et de pierre d'esprits chez les marchands.

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Arc : Le Clan des Deimos [2004]

Auteur Bastien L.
70

Arc : Le Clan des Deimos se résume quasiment ainsi dans tous ses compartiments : une œuvre sympathique qui se fait toujours avec plaisir mais qui ne se transcende jamais tout en ayant pris un réel coup de vieux. Le jeu dispose de beaucoup d'idées et d'aspects originaux mais qui ne lui permettent jamais de se dinstinguer de la masse. Le sentiment d'un bon JRPG mais d'un JRPG de seconde zone...

On a aimé

  • Un univers accrocheur
  • Une double histoire avec des thématiques bien traités
  • Un système de combat efficace

On a moins bien aimé

  • Le titre a pris son coup de vieux notamment sa lenteur
  • Les errements de la direction artistique
  • Trop classique sur de nombreux points
     

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