Critique James et la pêche géante [1997]

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 21 février 2026 à 09h00

Une grosse pêche vers la Grosse Pomme

Critique de la version française

Le réalisateur Henry Selick, spécialiste de l'animation en stop-motion, est surtout connu pour deux œuvres majeures : L'étrange noël de Monsieur Jack (1993) et Coraline (2009). Mais entre les deux il réalisa le quelque peu oublié James et la pêche géante.

Le film est d'abord une adaptation d'un roman de Roald Dahl (Charlie et la Chocolaterie, Matilda...) paru en 1961 et intitulé chez nous James et la Grosse Pêche.Roman qui tapa dans l’œil du scénariste Joe Ranft qui propose à Disney d'en faire une adaptation au début des années 1980 sans succès mais en ayant néanmoins converti le futur réalisateur Henry Selick. Finalement la firme aux grandes oreilles acquit les droits du roman en 1992 pour connaître quelques confusions quant à son histoire et la manière (live, dessin animée...) de l'adapter avant que le scénario soit confié à Karey Kirkpatrick (Bernard et Bianca au pays des kangourous...) aidé par Jonathan Roberts et Steeve Bloom. Henry Selick s'assied sur la chaise de réalisateur après le succès de L'étrange noël de Monsieur Jack, grand film de stop-motion chapeauté par Tim Burton qui l'accompagne une nouvelle fois en tant que producteur, mais de manière plus éloignée. Finalement le métrage mélange prises de vue réelles (environ une trentaine de minutes sur les 80 que durent le film) et animation en stop-motion pour une sortie mondiale entre 1996 et 1997. Doté d'une budget de 38 millions de dollars, le film fut un échec commercial échouant de peu à seulement rembourser cette mise tandis que les critiques étaient plutôt positives. Dommage alors que le métrage sortait en plein dans la mode des films d'animations avec des insectes qui prit vie sur les écrans à la fin des années 1990 aux côtés de Fourmiz et 1001 Pattes.

Le film raconte les aventures du jeune britannique James (Paul Terry) qui vivait heureux avec ses parents ayant pour projet de l'emmener visiter New-York avant d'être tués par un rhinocéros. Depuis, James vit misérablement chez ses tantes Piquette (Joanna Lumley) et Eponge (Miriam Margoyles) qui s'en servent comme esclave. Toujours accroché au rêve de visiter la Grosse Pomme, James souffre mais reste une âme pure en sauvant notamment les insectes de la violence de ses tantes. Un beau jour, un étrange mage (Pete Postlethwaite) lui offre des langues de crocodile magiques qui pourront l'aider à améliorer son sort. Malheureusement, il fait tomber cette offrande prêt d'un vieil arbre qui voit pousser une pêche géante. Ses tantes en profitent pour en tirer une source d'argent. Un soir, James mange de cette pêche avalant une langue de crocodile. Alors qu'il entre dans la pêche, il se transforme et fait la rencontre d'insectes géants (un ver de terre, une araignée, un mille patte, un ver luisant, une sauterelle et une coccinelle) ayant une apparence cartoon comme lui. Néanmoins ils doivent échapper aux tantes en libérant la pêche de l'arbre atterrissant dans l'Océan Atlantique. Il est ainsi décidé de rejoindre New-York dans une aventure extraordinaire. 

Je ne sais pas comment se présente le livre mais on sent qu'il s'agit d'une œuvre assez mince proche du conte et de la fable. Ce qui fonctionne peut-être à l'écrit et qui nous fait comprendre à quel point cela a été compliqué à adapter. Le pari est globalement réussi si on accepte de se laisser porter par une intrigue qui balance sans temps mort des éléments fantastiques les uns après les autres sans réelles explications. Ce qui n'est pas forcément gênant dans l'idée mais le scénario a un peu de mal à le digérer faisant que quelques péripéties ont du mal à bien tenir avec le reste, notamment l'attaque de la pêche par un requin mécanique. Néanmoins, on assiste à un spectacle enchanteur à la Roald Dahl et à la Henry Selick avec des personnages bizarres, une direction artistique atypique comme des passages assez sombres et plus matures que le tout-venant des œuvres pour la jeunesse. A côté de ça, le film nous présente un héros positif dont l'action et les paroles vont avoir un effet révélateur pour les insectes qui l'entourent et avec qui il va enfin pouvoir se trouver une famille bien plus aimante que celle de sang constituée par ses affreuses tantes. Des thématiques classiques et correctement amenées même si en arrière-plan par rapport à l'aventure.

Au niveau de la qualité de sa production comme de sa direction artistique, James et la pêche géante souffle le chaud et le froid. Le principal problème vient de ses parties en prises de vue réelles qui font vraiment cheap avec des décors en toc ou une profusion de plans serrés un peu cache-misère durant les scènes se déroulant en extérieur. C'est bien plus convaincant quand on rentre dans la partie en stop-motion qui propose des personnages/insectes ayant un véritable cachet et surtout dotés d'une animation absolument incroyable. On aurait adoré que tout le film soit comme ça et qu'il ne tente pas une sorte de mélange des techniques que son budget semble avoir eu du mal à maîtriser. Quelques passages jurent vraiment aujourd'hui tandis que d'autres fonctionnent parfaitement. On retrouve une nouvelle fois l'attrait de Henry Selick pour dépeindre des univers qui cohabitent ayant autant leurs différences que leur points communs souvent altérés. Des approches au cœur de L'étrange noël de Monsieur Jack puis de Coraline. On est aussi un peu déçus par les chansons de Randy newman qui sont peu mémorables à l'exception d'une ou deux malgré les beaux moments de bravoure qu'elles représentent en termes d'animation.

Henry Selick s'est fait plaisir à ce niveau avec des scènes d'action assez cartoon qui se déroulent soit dans les airs ou au fond d'un océan glacial en reprenant bien à son compte les caractéristiques des différents insectes. Dans sa réalisation, il a offert à chacun de ses sympathiques personnages secondaires la place qui lui revient les rendant réellement attachants. S'il est moins convaincant dans les prises de vue réelles, il reste un maître pour donner vie à des personnages en stop-motion. Il en restitue cette magie si particulière qui captive autant les plus jeunes spectateurs que les adultes admiratifs. Pour ce qui est de sa direction d'acteurs, il dirige très bien le jeune Paul Terry très attachant en James tandis que les adultes nous offrent un cabotinage assez propre aux productions Disney à ce point destinées aux enfants. Que cela soit Miriam Margoyles et Joanna Lumley en tantes méchantes plus que méchantes ou Pete Postlethwaite en mage étrange. Cela reste néanmoins dans le ton d'une œuvre de Roald Dahl afin de renforcer le loufoque ambiant d'un étrange univers. Les doublages français sont quant à eux de grande qualité comme on savait le faire durant les années 1990. Si les insectes sont aussi attachants c'est aussi grâce aux acteurs français dont vous reconnaîtrez aisément les voix...

On vous le conseille si vous aimez Cendrillon, L'étrange noël de Monsieur Jack, Coraline...

La conclusion de à propos du Film d'animation : James et la pêche géante [1997]

Auteur Bastien L.
67

James et la pêche géante est un film agréable mais qui souffre de réels défauts. Une œuvre mineure pour Henry Selick qui réussit néanmoins à nous faire rêver avec la qualité de ses animations, son univers singulier et ses personnages attachants. Néanmoins, le film ne semble pas avoir eu les moyens de son ambition nous décevant au niveau de son scénario manquant de liant comme de sa production pas toujours des plus solides. Il y a aussi un côté trop classique comme si Disney avait eu peur de lâcher les chevaux...

On a aimé

  • La galerie de personnages dont James et les insectes
  • La qualité de l'animation en stop-motion
  • Un univers singulier

On a moins bien aimé

  • Un scénario peinant à justifier sa durée
  • Les passages en prises de vue réelles ont mal vieilli
  • Les musiques assez quelconques

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