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Critique du film : Cannibal Holocaust [1981], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 7 novembre 2005 à 11h37

Un magistral hymne de mauvais goût

Lorsqu’il apprend qu’une équipe de quatre jeunes reporters – ils enquêtaient dans la jungle amazonienne sur le cas de tribus indigènes réputées anthropophages – sont portés disparus, un professeur prend l’initiative d’organiser une expédition de secours. Accompagné par un guide et un assistant autochtone, ses recherches lui permettent de retrouver les restes à demi dévorés des journalistes puis de localiser la tribu responsable de ces assassinats odieux, au milieu de laquelle il retrouve des bobines de film. De retour en Amérique, le professeur organise une projection et la vérité se révèle devant l’assistance médusée ; déçus par un manque de sensationnel, les jeunes reporters ont organisé de théâtrales scènes de massacres au dépend des indigènes. Et ils ont finalement subi la terrible vengeance de leurs victimes.
Ah ! Ce fameux Cannibal Holocaust qui a tant défrayé les chroniques au début des années 80. Pour tous ceux qui ont la mémoire courte ou qui étaient encore trop jeunes pour s’en souvenir, il est peut-être avisé nous replonger dans ces années si fertiles en perles gerbeuses.
Cannibal Holocaust est un film réalisé par le cinéaste italien Ruggero Deodato, un habile technicien qui a eu l’occasion de faire ses preuves dans de nombreux travaux avant de se diriger vers le film à tendance horrifique. En 1976, il tourne un premier essai avec le Dernier Monde Cannibale, un film d’aventure exotique doté de scènes chocs. C’est à cette occasion que l’on voit apparaître pour la premières fois – bien qu’il y ait eu en 1978 le peu terrifiant Montagne du Dieu Cannibale - une autre alternative aux sempiternels zombis. Une solution de remplacement avantageuse dans le sens le cannibale nécessite beaucoup moins de préparation de maquillage que les morts-vivants, et qu’un simple pagne suffit largement comme panoplie.
Nous arrivons alors au début des années 1980 ; la mode est au film gore italien et les films extrêmes comme Anthropophagous, Blue Holocaust et l’ Enfer des Zombies, ont déjà, par leurs excès mais aussi par leur tentative de construire quelque chose de réaliste, marqués les esprits. Sentant le bon filon, Ruggero Deodato décide, avec son Cannibal Holocaust, de pousser la notion de réalisme à son maximum. Il bâtit donc son film comme un documentaire, avec un montage cut approximatif et des prises de vue caméra à l’épaule. Et le résultat va dépasser ses espérances, le film passant à sa sortie comme un véritable snuff movie ! Profitant de cette publicité dans un premier temps, le film connaît un succès en salle important pour ce type de films de genre – de plus classé X – et Ruggero Deodato se voit dépassé par la réputation de son œuvre. Inquiet des répercutions, le réalisateur finira même par démentir fermement cette rumeur de film ‘’réalité’’, mais il est déjà trop tard, la légende est créée.
Encore aujourd’hui, Cannibal Holocaust reste un film à part – avec Cannibal Ferox - dans la prolifique production italienne. Nauséeux, malsain, doté de certaines séquences à la limite du soutenable, le métrage a conservé toute sa puissance horrifique malgré les années qui nous sépare de sa tumultueuse sortie en salle et sa brillante carrière en VHS. Même le plus blindé des amateurs de gore connaît quelques faiblesses à la vision des scènes les plus dures. Construit à la manière d’un reportage, le film est doublement efficace par l’utilisation du plus de ‘’matériaux’’ réels possibles ; comme le sang de bœuf, les organes vitaux d’animaux, et les tueries de bétail divers.
Sur un scénario peu plausible – il faut voir avec quelle nonchalance et quel manque de prévoyance est construit l’expédition – et malgré quelques scènes un peu ridicules à la limite du film hard soft, le film est diablement efficace, dans son genre, dés le moment où l’on accède au cinéma vomitif. Cannibal Holocaust est le film qui remporte haut la main l’oscar de l’Ignominie – s’il existait un tel trophée - avec son luxe détails dégueulasses et dérangeants. Le spectateur est véritablement plongé dans un maelström de viols, de lapidations, de repas de chair fraîche peu ragoûtants, d’éviscérations, de mutilations, de dépeçages, de visions macabres et putrides. Tout un programme destiné à vous retourner l’estomac et à vous dégoûter à vie du steak tartare et du boudin aux pommes.
Au-delà de ce spectacle hallucinant, qui est le principal ‘’intérêt’’ du film, on peut y trouver aussi une critique acide des pouvoirs de manipulation des médias, et des manières jusqu’au-boutistes et malhonnêtes qu’elle peuvent employer pour accéder au sensationnel. Les premiers initiateurs de cette boucherie sordide sont les journalistes eux-mêmes, qui font preuve d’une barbarie inouïe dés lors qu’ils n’ont plus cette barrière morale de la vie civilisée avec ses lois et ses contraintes - sociales, policières et juridiques. De la civilisation à la barbarie, il n’y a qu’un pas, c’est une thèse soutenue par Deodato et confirmées par les différents évènements dramatiques de ces dernières années, en Bosnie, en Croatie et autres pays dits civilisés.
Cannibal Holocaust s’achève sur les regards à la fois terrifiés et médusés du professeur et de ses associés qui, d’un commun accord, décident de détruire ces odieuses bandes filmées. Comme si le fait de supprimer le témoignage pouvait entraîner l’annihilation de l’acte. C’est normal, il est dans la nature de l’homme de se voiler la face devant ses propres défaillances de bêtes imparfaitement domestiquées.

La conclusion de à propos du Film : Cannibal Holocaust [1981]

Nicolas L.
75

Cannibal Holocaust est Le film d’horreur évènement du début des eighties. Dégueulasse, violent, immoral, et impudique, il pousse les limites du soutenable à son maximum, et sa vision est une véritable épreuve même pour l’amateur de film gore, quelque peu masochiste ou sadique, il faut bien le dire. Bien qu’il soit un spectacle que je ne conseillerais pas à tout le monde, le film de Ruggero Deodato peut être également vu, par ceux qui veulent bien en faire l’effort, comme une critique ironique du monde voyeuriste et opportuniste qu’est le journalisme moderne.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisme des scènes.
  • Critique du journalisme.
  • Maquillages et FX efficaces.
  • Scènes chocs traumatisantes.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario basique.
  • Séquences intermédiaires peu crédibles.
  • Destiné à un public averti.

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