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Critique du Roman : Magicien
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Critique du Roman : Magicien

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 12 août 2011 à 1915

Critiques et fumbles en Midkemia

On agita des drapeaux sur le haut des tours et du donjon. Le maître d’armes baissa les bras et les puissantes machines firent feu. Sur les petites tours, des balistes, telles des arbalètes géantes, tirèrent des carreaux énormes tandis que sur le donjon d’immenses trébuchets lâchaient des seaux entiers de lourdes pierres. La pluie de pierres et de projectiles tomba en plein sur les Tsurani, écrasant têtes et membres, faisant des coupes sanglantes dans leurs lignes. Les cris des blessés montèrent jusqu’au château. Les servants d’armes rechargèrent leurs engins.

Les Tsurani étaient complètement désorganisés si bien que, lorsque le second tir de pierres et de carreaux les frappa, ils se dispersèrent et s’enfuirent….

Solide pavé de 660 pages composées d’une prose bien dense, Magicien est la première édition en langue française des deux premiers tomes des Chroniques de Krondor, condensés en un seul ouvrage et en version intégrale et corrigée. A ce sujet, les détenteurs des anciennes éditions peuvent, en toute légitimité, se demander l’intérêt d’acquérir cette nouvelle parution (belle mais assez chère). Il leur faut savoir qu’en 1982, Doubleday ayant jugé le texte trop long, avait effectué quelques coupes avant d’éditer le texte sous la forme de deux tomes. Et c’est les versions françaises de ces deux ouvrages qui forment les versions de poche intitulées Pug, l'apprenti (Magician: Apprentice) et Milamber, le mage (Magician: Master), éditées chez J'ai Lu. Ainsi, c’est cette manoeuvre purement mercantile de l’éditeur américain Doubleday qui a en grande partie contribuée à donner aux Chroniques de Krondor une réputation de littérature facile», plutôt destinée aux adolescents

L’oeuvre de Raymond E. Feist a donc pour réputation d’être infantile, de présenter une structure et une plume de facture modeste (voire simpliste) et d’abuser des stéréotypes. Si ces reproches ne sont pas totalement injustifiés, il serait vraiment injuste de considérer Magicien comme un roman bas de gamme. Alors, certes, c’est une oeuvre écrite sous influence, certes, les matériaux de base ne brillent pas par leur originalité, mais il y a une raison à cela et, de plus, ces jugements sévères ne prennent pas en compte la profonde démarche de l’auteur, qui, elle, est aussi honorable que généreuse . En 1980, date de la conception de ce livre, Raymond Elias Feist est toujours passionné par les jeux de rôle et l’heroic fantasy. Il décide alors décrire un roman se déroulant sur les mondes de Midkemia et de Kelewan, qui lui servent, depuis ses années universitaires, de supports à ses parties de Donjons & Dragons. C’est donc tout naturellement que se retrouvent projeté dans son oeuvre nombre d’archétypes évoquant le bestiaire du plus célèbre des jeux de rôle. Alors, reprocher à Feist d’être en peine d’imagination, c’est un peu comme si l’on disait à R.A. Salvatore que son elfe noir manquait d’originalité.

Magicien nous conte l’adolescence et la vie de jeune adulte de Pug, un orphelin de père et de mère évoluant au sein d’un univers de fantasy semblable à notre époque féodale. Recueilli par une famille noble, les conDoin de Crydee, Pug va traverser de nombreuses épreuves pour finalement devenir un très puissant magicien, dans son monde comme dans celui des Tsurani, peuplade d’envahisseurs venus d’une autre dimension. Personnage prédestiné, Pug va rencontrer au cours de ces quatorze années d’aventure un grand nombre de personnages qui vont se positionner bien au-delà du statut de simple décorum. En effet, si Feist, au début de l’ouvrage, se consacre presque exclusivement à nous narrer les faits et gestes de Pug, il va progressivement élargir son champ de vision, soigner ses personnages de soutien, leur consacrer des chapitres, pour nous offrir au final une belle petite fresque médiévale fantastique.

Le lecteur va ainsi faire la connaissance, entre autres, du magicien Kurgan (tuteur de Pug, il est un sorte de clone d’Elminster), du fougueux Thomas (personnage ayant une très grande importance dans le déroulement de l’intrigue et archétype du paladin), des deux frères Lyam et Arutha, de la princesse Carline (aussi charmante qu’espiègle), du taciturne ranger Martin, de l’étrange mage Marcos, du pirate Amos, du troubadour Laurie et les tsurani Kasumi et Shimone. Il va aussi rencontrer des dragons, des elfes, des nains et des gobelins, tous, bien sûr, conformes aux archétypes du jeu de rôle D&D. Les seuls êtres vraiment originaux sont les Tsurani. En encore, eux et leurs principes ne sont finalement qu’une retranscription fantaisiste des us et coutumes du Japon médiéval, avec son code samouraï (l’on a même droit à la traditionnelle guerre d’influence entre l’Empereur et le Shogun, ici nommé Seigneur de guerre). Enfin, il y a les Valherus, peuple disparu, liés aux dragons, qui ont une grande influence sur le développement de Thomas, l’ami de Pug. Toutes ces rencontres, se déroulant en des lieux très variés (mais parfois pas très bien décrits, hélas) font que le récit, même s’il n’est pas très original, est suffisamment riche pour que l’on s’attache aux différents protagonistes, et pas uniquement à Pug / Milamber.

Pour ce qui est de l’intrigue, Magicien démarre en douceur. Vraiment en douceur. Normal, car les principaux protagonistes sont encore des adolescents. Cet aspect naïf et un brin infantile perdure durant la première moitié du roman (qui coïncide avec la capture de Pug par les Tsurani et son envoi sur Kelewan), ce qui a, forcément, grandement contribué, pour ceux qui n’auraient pas prolongé l’expérience, a méconsidérer l’ensemble de l’œuvre. Pourtant, au fil des chapitres, Feist s’adapte. Il reste certes dans le domaine de la lecture populaire, mais son intrigue se complique un peu au fur et à mesure que les principaux protagonistes prennent de l’age. Il ose même, quand Pug, devenu Milamber, perfectionne son art au sien du collège de magie tsurani, user d’un brin de métaphysique pour nous conter l’histoire du monde de Kelewan - cette partie risque d’ailleurs de se révéler un peu rébarbative pour le jeune lectorat.

Enfin, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’ennuie pas à la lecture de Magicien. Il faut savoir que Feist évite toutes les situations de transition en faisant usage de nombreuses ellipses quand les événements se font moins palpitants. Ainsi privé de ces phases les plus calmes, le texte est un pur condensé d’aventures exotiques, de combats épiques et d’escarmouches. Seules quelques poses romantiques (pas très bien menées, il faut bien l’admettre) viennent apporter un peu de répit dans un récit autrement bien mouvementé. A contrario, cette abondance d’ellipses nuit à la solidité d’un univers qui finit par apparaître comme un très pratique terrain de jeu, aisément modulable et flexible à l’infini.

La conclusion de

Magicien propose une histoire et un univers qui plairont, assurément, aux fans des romans de la collection Dungeons & Dragons (Forgotten Realms, Dragonlance, etc.). A contrario, les esprits les plus critiques rejetteront l’œuvre de facto en ne prenant en considération que les faiblesses de Feist, à savoir une plume assez pauvre et un manque d’originalité. Personnellement, j’aime bien ce roman. C’est léger mais riche en personnage, accessible sans être débile, on sent que l’auteur aime ses personnages et ils en deviennent attachants. De plus, comme Feist passe sous silence les passages les moins mouvementés de l’intrigue (beaucoup d’ellipses), il se passe toujours quelque chose dans Magicien !

Que faut-il en retenir ?

  • Une saga agréable à découvrir
  • Des personnages attachants
  • Très accessible
  • Pas de temps morts

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de style et de personnalité

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