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Critique du Roman : Silverthorn
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Critique du Roman : Silverthorn

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 9 septembre 2011 à 0023

Le retour du Nécromant

Arutha chargea, gardant à grand-peine le contrôle de sa monture, tout comme ses compagnons. Il s’élança au travers des arbres en se penchant pour éviter les branches. Alors qu’il s’approchait d’un groupe de quatre ou cinq créatures à peine plus grande que des enfants, celles-ci glapirent de terreur et sautèrent de tous cotés pour l’éviter. Arutha en choisit une au hasard et la poursuivit. La créature finit par se retrouver acculée contre un tas de troncs abattus, pris dans des broussailles et empilés contre un grand rocher. Elle fit face au prince...

Le premier roman du Cycle de la guerre de la Faille, conçu à l’origine comme un texte se suffisant à lui-même, s’achevait sur une situation de statut quo politique mais aussi par l’avènement des conDoin, famille d’adoption de Pug - ou Milamber, comme on nomme désormais ce puissant magicien sur Kelewan. La fourberie du mage Macros ayant entraîné la rupture de la faille, Midkemia se retrouvait isolé du monde de Tsuranuanni, entraînant de ce fait la fin du conflit entre les Hommes et les Tsuranni. Raymond E. Feist nous proposait donc là une sorte de happy end à compromis; la plupart des personnages «bons» de l’oeuvre se voyaient récompensés de leurs efforts et de leurs souffrance mais au prix d’une rupture avec des êtres chers.

Le romancier se devait donc de repartir sur de nouvelles aventures, tout en s’appuyant sur un matériau existant et désormais fortement structuré. En fait, le principal défi à relever était d’arriver à gérer une narration sur deux mondes d’égale importance mais désormais séparés. Malin, Raymond E. Feist choisit la méthode la plus directe (l’ouverture d’une faille «contrôlée) en prenant bien soin de masquer son manque de subtilité en l’amenant très tard dans le récit. Ainsi noyé au coeur d’une foule d’événements, l’ouverture du passage se fait de manière plus naturelle, même si bon nombre de lecteurs ne manqueront pas de remarquer l’astuce.  A coté de cela, l’écrivain choisit de renouveler son cycle via le traitement des personnages.

Ainsi, si dans Magicien Feist avait choisi de concentrer le récit sur les personnages de Pug / Milamber et Thomas, cette fois-ci, il va préférer nous conter les aventures de Jimmy et Arutha, avant de revenir, dans le dernier tiers du roman, sur Pug, donnant naissance à une narration à double trames parallèles. Dans la trame principale, Jimmy et Arutha, accompagnés de leurs amis et alliés vont parcourir Midkemia pour tenter de trouver un remède capable de sauver la princesse Anita. Dans la seconde, Pug va devoir se rendre en Kelewan pour essayer de découvrir l’origine - et les faiblesses - de l’Ennemi qui menace de détruire l’humanité. Le récit reste cependant très lipide, cela pour plusieurs raisons:  l’absence de toute sous intrigue qui aurait généré de la confusion; le fait que les quêtes d’Arutha et de Pug sont les conséquences directes des mêmes évènements cosmogoniques; le phrasé très accessible de l’auteur.

Les détracteurs de Raymond E. Feist, qui lui reprochent de manquer souvent d’originalité, seront comblés d’aise de constater que Silverthorn est un ouvrage rédigé sous influence, notamment celle de J.R.R. Tolkien. Tant dans les portraits des méchants - les Noirs Tueurs évoquent les Nazguls, Murmandamus présente quelques caractéristiques de Saroumane (il est d’ailleurs au service d’un mystérieux Ennemi qui pourrait rappeler Sauron) - que dans les héros, qui découlent d’archétypes de Donjons & Dragons. Par contre, ils ne pourront pas dire que l’univers construit par le romancier manque de cohérence et de richesse. L’univers romanesque de Krondor fourmille de personnages, de races, de cités à visiter et de paysages à découvrir. Dans ce registre, il ne doit strictement aux univers fantasy les plus structurés comme Les Royaumes oubliés, Les Jeunes Royaumes ou Dragonlance.

Silverthorn est de lecture très agréable. Mieux maîtrisé par un Raymond E. Feist désormais expérimenté, il est même, du point de vue intrinsèque, de meilleure facture que Magicien, qui reste toutefois le roman le plus célèbre de l’auteur. L’intrigue est bien ficelée, très aventureuse et mouvementée, avec un petit aspect horrifique. La magie n’est pas encore décrite de manière très explicite mais elle commence à se détacher des stéréotypes pour adopter ses propres voies qui mettent en jeu des composantes asiatiques, notamment shintoïstes (on avait déjà remarqué dans Magicien que le Tsuranuanni présentaient de nombreuses analogies avec le Japon médiéval). Quand aux héros, il y en a pour tous les goûts, faisant de la compagnie d’Arutha un groupe très complémentaire (l'auteur introduit des nouveaux personnages de soutien, comme le mercenaire Ruald et le guerrier hattatin Baru). Ma préférence va vers le jeune Jimmy, garçon des rues promu écuyer qui dont la caractère mêle espièglerie infantile, l’adresse d’un voleur et les aptitudes martiales dignes des meilleurs assassins.

La conclusion de

Avec Silverthorn, Raymond E. Feist continuer de développer le monde de Krondor avec une belle habileté. Le récit reste accessible mais gagne en richesse, notamment par son intrigue, qui est plus élaborée que celle de Magicien, et joue la carte du renouvellement en se penchant sur des personnages jusqu’alors secondaires. Le retour de Pug au premier plan, dans le dernier tiers du livre, se fait de la plus agréable des manières. Un roman aventureux et épique très agréable à lire.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit très divertissant
  • Une importante galerie de personnages
  • Un univers riche
  • Une écriture très accessible

Que faut-il oublier ?

  • Un romancier encore très influencé
  • Une plume peu remarquable

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