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Critique du Jeu de cartes : 51ème Etat
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Critique du Jeu de cartes : 51ème Etat

Avis critique rédigé par Benoît F. le samedi 11 décembre 2010 à 0920

LES TEMPS MODERNES

Voici donc le dernier né de la famille Neuroshima Hex !. Ce nouveau jeu édité par Iello puise son inspiration dans le monde post-apocalyptique de son aîné tout en proposant un format le différenciant totalement du reste de la gamme. 51 ème Etat est donc un « spin off » de la série dont Michal Oracz est à l’origine mais pour cet opus, l’auteur polonais cède la place à l’un de ses confrères et compatriotes, en l’occurrence Ignacy Trzewiczek, auquel on doit Stronghold et son extension Undead chez le même éditeur.

LIVING IN AMERICA

Bienvenue dans le monde de Neuroshima Hex !, un univers idyllique dans lequel il ne fait pas bon se dorer la pilule sur une plage grouillant de palourdes mutagènes ou autre vendeur de beignets mutants. Bref, l’action se déroule trente ans après une guerre qui a transformé les Etats-Unis en une terre dévastée sur laquelle l’homme tente de retrouver sa place. Malheureusement, celui-ci n’est pas seul : les machines aux ordres de Moloch les pourchassent tandis que les mutants commandés par Borgo tentent de prendre leur place en tant que nouvelle humanité. Les cinquante états, jadis symbole d’une Amérique unie sous la même bannière étoilée, ne sont plus qu’un lointain souvenir. Certains visionnaires décident donc de fonder un 51 ème état, capable d’incarner l’espoir des survivants et de fédérer tout ce petit monde. Mais la nature humaine n’ayant pas perdu son appétit de pouvoir, quatre factions tentent de faire main basse sur cette terre promise : New York (voir Neuroshima Hex ! Babel 13) garant de l’idéal américain ; la Fédération des Appalaches, régime de type féodal spécialisé dans l’exploitation des hommes et des ressources ; la Guilde des Marchands, une diaspora mercantile sillonnant les routes ; le Syndicat des Mutants (voir Neuroshima Hex !), une bande d’humains difformes désireuse de montrer la voie vers une nouvelle race humaine.

UNE BELLE BOITE A MOITIE PLEINE

Cette belle boîte aux graphismes soignés correspond au format déjà utilisé pour les extensions de Neuroshima Hex !, sans doute dans le but de maintenir un effet de gamme. Mais c’est à l’ouverture du contenant que survient l’étonnement concernant le contenu. En effet, la boîte paraît bien grande pour ce qu’elle renferme : une centaine de cartes et autant de jetons de petite taille.

D’autant plus qu’à quatre joueurs, vous vous apercevrez bien vite que les pions ne sont pas en nombre suffisant et que certains sont même manquants comme les jetons Contact de niveau 3. Tout cela paraît quelque peu gênant au regard du prix avancé par l’éditeur. Néanmoins, le matériel reste de qualité et totalement fidèle à l’univers. Les illustrations retranscrivent parfaitement ce monde post-apocalyptique digne de la série Ken le survivant (Hokuto No Ken). On notera également la présence d’une piste de score au dos de la boîte ; un concept original permettant de réduire les coûts de production mais qui aurait pu avoir largement sa place sur un petit plateau adéquat pouvant également servir d’aide de jeu.

D’autre part, les joueurs devront se familiariser avec une iconographie certes pratique mais abondante. Plusieurs parties seront donc nécessaires pour appréhender la totalité des pictogrammes. Là aussi, la présence d’aides de jeu aurait été de bon aloi afin de faciliter l’apprentissage des règles. Cependant, l’éditeur a réagi rapidement sur ce sujet en proposant une aide de jeu téléchargeable (c’est par ici).

Venons-en au livret de règles. Le premier jeu d’Ignacy Trzewiczek (Stronghold) traduit par Iello avait déjà connu quelques déboires concernant la rédaction de ses règles ; problème qui fut résolu avec la seconde impression du jeu. Même souci avec 51 ème Etat : la présentation des règles est confuse et plutôt mal agencée, noyant de nombreux petits points de détails dans un ensemble apparaissant comme peu intuitif. Heureusement, schémas et autres exemples seront là pour vous sortir de l’embarras. Espérons seulement qu’une réécriture des règles ou une FAQ verront rapidement le jour.

AMERICAN WAY OF MINE

Le jeu se pratique de 2 à 4 participants. Une partie s’achève à la fin du tour durant lequel un joueur possède un score supérieur ou égal à 30 points de victoire. Le gagnant sera celui qui en aura cumulé le plus à l’issue de cet ultime tour.

Mise en place

Chaque joueur sélectionne une faction qu’il va représenter. Une partie se déroule en un nombre de tours indéterminé, chacun découpé en cinq phases :

- La phase de pioche durant laquelle les joueurs vont recevoir de nouvelles cartes parmi les cinq présentées face visible.

- La phase de production permettra de récolter les gains produits par votre base et vos territoires sachant qu’une carte Lieu peut être jouée de trois manières différentes : soit en tant que butin pour un gain ponctuel, en tant qu’accord pour un revenu régulier ou comme territoire assurant, non seulement une production récurrente, mais aussi la possibilité d’engranger des points de victoire à chaque tour.

- La phase d’action demeure la phase principale du tour durant laquelle les joueurs mettent en jeu de nouveaux lieux et leaders tout en envoyant leurs travailleurs accomplirent certaines tâches au sein des territoires déjà en jeu.

- La phase de points de victoire se caractérise par la mise à jour des scores, le cumul ne s’effectuant pas d’un tour sur l’autre. Seront comptabilisés : les territoires et leaders posés ainsi que les lieux et personnages produisant des points de victoire.

- Enfin la cinquième phase clôt le tour par la défausse des jetons Ressource, Contact, Travailleur et Reconstruction non utilisés. Puis c’est à celui situé à gauche du premier joueur qu’échoue ce rôle.

Exemple de carte Lieu

RACE FOR THE SUPREMACY

En premier lieu, il est nécessaire de mentionner que 51 ème Etat est un jeu réservé à un public très averti et au fait des jeux d’optimisation sollicitant des calculs de tous les instants. Un public néophyte n’y trouvera pas son compte en plus d’être dépité par un livret de règles manquant de clarté. Dans le même ordre d’idées, la relative longueur des parties aura tendance a confirmé ce sentiment. Néanmoins, les joueurs assidus trouveront dans 51 ème Etat un jeu riche et aux stratégies multiples. Une fois l’obstacle posé par les règles franchi, les amateurs du genre se délecteront de ce jeu aux mécanismes novateurs s’inspirant tout de même du très réputé Race for the Galaxy. Le système de triple choix proposé par les cartes Lieu, tout comme le principe d’acquisition de celles-ci, sont réellement stimulants et garantiront une richesse et un renouvellement considérables des parties. Grâce à cela, il vous sera difficile de faire le tour de ce jeu en quelques sessions. Les stratégies sont toujours à court terme, demandant ainsi aux joueurs de s’adapter constamment tout en optimisant leurs gains pour le tour. Un territoire ne pouvant accumuler plus de trois points de victoire (cinq pour un leader), le lieu deviendra obsolète dès lors qu’il aura atteint son maximum obligeant ainsi son propriétaire à anticiper sur de nouvelles solutions de production de points de victoire. Les tours s’enchaîneront rapidement, sans temps mort, les joueurs tentant d’élaborer leur plan pour le tour à venir alors que celui de leur adversaire se déroule.

La Guilde des marchands et ses contacts

Concernant l’interactivité entre joueurs, celle-ci paraîtra morne lors des premières parties mais se dévoilera peu à peu au fil de la pratique, discrète mais fine, reposant principalement sur le choix judicieux des cartes lors de la première phase du tour et sur les territoires posés impliquant une production ouverte à tous. D’autre part, le jeu se pratique avec autant de plaisir quelque soit le nombre de joueurs autour de la table.

Enfin, les quatre factions présentées impliquent des façons de jouer réellement différentes, étoffant ainsi le renouvellement des parties. Les adeptes de Neuroshima Hex ! retrouveront leurs marques dans cet univers post-apocalyptique, certains personnages et factions devenant récurrents au fil des jeux traitant du thème.

La conclusion de

51 ème Etat est un jeu bourré de qualités, portant fièrement les couleurs de la gamme Neuroshima Hex !. Quel plaisir de retrouver ce monde sous un tout autre format et ce, malgré la déception engendrée par un matériel sommaire et des règles mal agencées. Il serait dommage de laisser ces défauts prendre le pas sur votre curiosité ludique tant ce nouveau jeu proposé par Iello mérite qu’on s’y intéresse.

Que faut-il en retenir ?

  • Un jeu riche et stimulant
  • Le renouvellement des parties
  • Satisfaisant dans toutes les configurations de joueurs
  • Un univers bien retranscrit

Que faut-il oublier ?

  • Des règles mal organisées
  • Un matériel un peu juste pour le prix

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