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Critique du Film : Avatar : Le dernier maître de l'air
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Critique du Film : Avatar : Le dernier maître de l'air

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 28 juillet 2010 à 1333

La déchéance d'un ancien roi d'Hollywood...

M. Night Shyamalan avait-il atteint le fond avec le très pénible Phénomènes ? Au gré d'une filmographie partie de très haut (Sixième Sens, Incassable) pour terminer à un niveau qualitatif très médiocre (Le Village, La jeune fille de l'eau), cet ancien roi d'Hollywood a réussi, en seulement quelques années, à se mettre à dos les pontes des grands studios qui, autrefois, lui offraient toute la liberté voulue, ainsi que le grand public jadis adepte de ses films classieux et de ses twists finaux parfois délicieux. Aujourd'hui, Shyamalan n'est plus rien, son nom étant désormais associé à ses peu glorieux derniers long-métrages, et aux échecs artistiques et commerciaux y étant liés. Le dernier maître de l'air, blockbuster estival au budget plus que conséquent, semblait être sa dernière chance de reconquérir un public perdu, et de retrouver un fragment de sa gloire perdue. Malheureusement, au vu la piètre qualité du résultat final, on ne peut que se dire que l'ère Shyamalan est désormais totalement révolue.

Pourtant, l'échec artistique du film reste en tout point surprenant tant celui-ci s'appuyait au départ sur un matériau de grande qualité. Série familiale produite par les studios Nickelodeon (également producteurs du film), Avatar, le dernier maître de l'air est une oeuvre scénaristiquement riche possédant une identité visuelle forte. Eclaté en trois saisons, Avatar suit le schéma narratif classique de toute bonne trilogie (avec une première saison servant à exposer personnages, motivations et univers, un second volet plus sombre se terminant sur une défaite des héros, et une troisième partie désespérée se concluant tout de même sur la victoire des protagonistes), mais en y injectant énormément d'inventivité, un souffle épique réel, une bonne dose d'humour et en y mettant en scène des personnages attachants. Bien entendu, Avatar reste une série animée familiale à destination de tous, mais demeure malgré tout un spectacle intelligent pouvant être suivi des enfants comme des adultes.

En somme, M. Night Shyamalan adaptait une série possédant tous les ingrédient d'un gros succès estival : trilogie en puissance, monde imaginaire permettant un déferlement d'effets spéciaux spectaculaire, héros adolescents (pour surfer sur la mode Harry Potter), spectacle ouvertement familial. Mais l'erreur de Shyamalan, dès l'écriture, a été de simplifier une série à la base pas très complexe (probablement pour compresser les sept heures de la série en un film d'une heure-quarante cinq). Résultat : d'un scénario possédant suffisamment de niveaux de lecture pour plaire à tous, quelque soit l'âge, il a transformé Avatar en un spectacle ouvertement enfantin et particulièrement niais. La comparaison avec le dessin animé est donc peu flatteuse pour le long-métrage : moins intelligent, moins émouvant, moins épique, moins drôle, et, de manière générale, sur l'ensemble de ses aspects, moins réussi. Les fans de la série animée risquent donc de se lamenter au vu du résultat final. Quant aux autres...

Les autres ne verront ce long-métrage que pour ce qu'il est réellement, à savoir une oeuvre bancale sans grand intérêt. Le scénario n'est ainsi qu'une compression de la première saison en un long-métrage de moins de deux heures, autant dire que la fluidité narrative y est particulièrement pénible. Accompagné par une voix-off absolument atroce (technique usuelle pour masquer un manque de construction narrative), le film tente de raccrocher un maximum aux divers éléments mis en place dans le dessin-animé, mais en les expédiant et en les plaçant plus ou moins maladroitement dans la storyline ; les parties relatives à l'Esprit Bleu ou à la liberation des maîtres de la Terre emprisonnés, si elles trouvent un intérêt dans un découpage en épisode, ne font ici qu'alourdir le déroulement du film. Le dernier maître de l'air, en s'eparpillant ainsi, ne sait donc jamais se focaliser sur le coeur de son scénario, et ne parvient jamais à développer les points réellement importants de l'histoire qu'il raconte.

La série fonctionnant autour du capital sympathie des personnages, il est de plus étonnant de s'apercevoir que Shyamalan n'a pas donné plus d'importance au trio de héros, qui, ici, souffrent d'une réelle fadeur empêchant que l'on puisse les trouver attachant (les dialogues pauvres offerts par le script n'aident pas non plus à ce niveau). L'autre erreur de Shyamalan a été de changer la personnalité des divers protagonistes, mais tout en en conservant leurs actes ; pour quiconque n'a pas suivi la série, le film souffre donc d'une impression constante d'incohérence dans les agissements des divers personnages (de souverain égocentrique complètement fou, Ozai devient ici un petit comploteur posé et intelligent, et Iroh, de petit vieux jovial un peu syphoné, devient ici un ancien général charismatique très dark). On a ainsi du mal à saisir les tenants et aboutissants liés au comportement de nombreux protagonistes, mais en réalité, on s'en fiche royalement tant ce qui est raconté n'a pas énormément d'intérêt.

En effet, en plus d'une structure narrative catastrophique et de comportements incohérents de la part des personnages, le scénario souffre d'une grande prévisiblité quant au déroulement de l'histoire. En effet, la série se déroulant en épisodes de vingt minutes, il était impossible d'imposer une histoire trop dense qui aurait empêché les spectateurs de pouvoir raccrocher à n'importe quel moment ; l'aspect feuilletonesque n'arrivant qu'à partir du livre de la Terre, la première saison était essentiellement caractérisée par des redondances scénaristiques. Résultat, pris dans sa globalité, le livre de l'Eau souffre d'un aspect simpliste et prévisible qui, s'il est caché par les péripéties des divers épisodes, éclate au grand jour dans Le dernier maître de l'air. Exception faite des passages inutiles, l'histoire du long-métrage est donc désespérante de prévisiblité, le spectateur, même sans avoir vu la série, ayant toujours plusieurs coup d'avance par rapport au scénario pénible que nous inflige ici Shyamalan.

Bon, avouons cependant que le tout aurait pu être plus ou moins habilement caché par une mise en scène efficace. Mais c'est là que le bas blesse sérieusement, car la réalisation de M. Night Shyamalan est juste une catastrophe à tous les niveaux. Jamais ce réalisateur n'avait atteint ce niveau de nullité à peine digne d'un tacheron de série Z. Shyamalan rate tout dans son film, aucune émotion, aucun souffle épique, aucun suspens, mais, pire que cela, il n'insuffle dans son film aucun rythme. L'ennui est donc présent au détour de chaque plan de caméra, et les choses s'empirent dès que Le dernier maître de l'air se met à bouger. Les scènes d'action sont ainsi d'une mollesse incroyable (même les séquences de bataille de Donjons & dragons étaient plus rythmées, c'est dire !) quand ce n'est d'un ridicule affligeant (voir la scène ou Aang se bat en scrolling unidirectionnel), et la bataille finale, avec sa vingtaine de figurants, donne l'impression constante qu'il ne se passe strictement rien à l'écran.

On s'ennuie donc beaucoup devant Le dernier maître de l'air, et ce n'est malheureusement pas la débauche d'effets spéciaux qui fait la différence. En effet, en dépit d'une photographie très réussie d'Andrew Lesnie, et de nombreux décors plutôt plaisants, les effets numériques sont très médiocres. En deux dimensions, le film souffre d'un grand nombre de flous assez pénibles preuve d'une conversion ratée entre les deux formats, ainsi que de plans de caméra insupportables qui rendent pénible la vision de certaines scènes (voir la scène avec le feu au premier plan, ou certains cadrages trop serrés). Le film ayant été conçu en trois dimensions, cela aura pu être pardonnable, si la 3d avait été réussie (voir la critique de David pour cet aspect). De plus, les effets des éléments ne font pas preuve d'une grande originalité. Pour tout ce qui ressort des incrustations, enfin, tout est raté, l'image donnant souvent l'impression que les acteurs jouent devant un écran vert (ce qui, d'ailleurs, doit être le cas).

Terminons sur un petit mot concernant le casting du film. Passons sur le fait que tous les acteurs du film soient catastrophiques (la palme revenant à l'insupportable Nicola Peltz), pour s'intéresser au fait que Shyamalan ait brisé l'univers asiatique de la série pour y intégrer un casting majoritairement constitué de blancs, mais sans en changer le contexte visuel. Les Inuits du peuple de l'eau sont remplacés par des blancs, les moines bouddhistes des nomades de l'air sont remplacés par des blancs, mais tous gardent le même code vestimentaire et la même écriture par idéogrammes caractéristiques des langues asiatiques. Cela donne au film un côté ridicule, de cet aspect colonialiste qui caractérisait déjà Prince of Persia, avec cette volonté des grands studios de vouloir placer des acteurs de type européen dans des rôles relevant d'autres ethnies. Quant aux méchants, et bien, ils ne sont ici plus asiatiques, mais sont désormais indiens, et tendent à donner au film une image du gentil blanc combattant la menace colorée...

La conclusion de

Le dernier maître de l'air est très clairement ce que M. Night Shyamalan aura offert de pire au septième art. Très mal écrit, réalisé de manière catastrophique, mal interprété, sans aucun rythme, ne possédant ni souffle épique, ni humour, l'adaptation ciné d'Avatar est un long-métrage d'une nullité presque affligeante. En voulant coller au plus près à la série animée (dont la durée est au moins six fois supérieure), Shyamalan a mis en boite un film sans intérêt, aussi bien pour les afficionados du matériau d'origine que pour celles et ceux qui ne connaissent absolument rien à cet univers. On aurait donc préféré qu'il sache s'en éloigner pour proposer un spectacle plus adapté aux format et aux contraintes cinématographiques ; tel quel, il n'en est rien, Le Dernier maître de l'air n'a juste aucun intérêt, et ce d'autant plus que les quelques rares bons éléments ne sont qu'un copié-collé de la série télé, et ne font donc preuve d'aucune véritable forme de créativité.

Que faut-il en retenir ?

  • Une photographie sophistiquée,
  • Quelques beaux décors.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation catastrophique,
  • De gros soucis de rythme,
  • Scénario bâclé,
  • Aucune fluidité narrative,
  • Dialogues pauvres,
  • Acteurs calamiteux,
  • Effets spéciaux très moyens,
  • De gros problèmes en 2d.

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