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Critique du Film : Halloween 2
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Critique du Film : Halloween 2

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 31 mars 2010 à 2119

Une suite en demi-teinte...

Sortie il y a maintenant trois ans, la relecture d'Halloween, la nuit des masques par Rob Zombie était loin d'avoir fait l'unanimité, auprès des fans comme aux yeux des non-initiés à cette saga devenue, au fil des décennie, véritablement culte. En s'emparant du mythe de Michael Myers pour le réinterpréter, le transformer et l'assaisonner à sa propre sauce, Zombie avait tourné le dos à l'angoissante silhouette désincarnée du film de John Carpenter, pour créer un tueur en série bien ancré dans notre réalité. Bien que pas totalement abouti, ce traitement ambitieux éloignait pourtant le film de la vague de remakes réalisés par des exécutants sans grand talent, et imposait, même si assez maladroitement, une vision bien particulière qui avait le mérite de rechercher une certaine originalité.

Succès au box-office oblige, il ne fallut pas longtemps pour qu'une séquelle soit envisagée, et encore moins longtemps pour que sa production soit lancée ; et bien qu'il ait à l'époque juré qu'on ne l'y reprendrait plus - le tournage s'était, selon ses dires, assez mal passé - Rob Zombie accepta d'enfiler une seconde fois les caquettes de réalisateur et de scénariste pour se lancer dans la création de cet H2. Pourquoi ce revirement ? Peut-être parce qu'on a toujours plus de liberté avec la suite d'un remake qu'avec le remake proprement dit, et qu'il est communément admis que l'on puisse réaliser une suite qui ne soit pas un remake de la suite d'origine. Excellente nouvelle, dans le cas présent, car si le film de Carpenter est assez unanimement perçu comme un chef d'oeuvre, la suite signée Rosenthal est, au mieux, considérée comme un film très moyen.

C'est ainsi cette possibilité de totalement se libérer du film d'origine qui a probablement séduit Rob Zombie dans cette entreprise. En effet, en oubliant totalement à trame scénaristique du premier Halloween 2, ce dernier a pu concrétiser totalement sa vision du personnage, et ce sans être arrêté par de quelconques références et passages obligés, à l'instar de ce qui avait pu se passer dans le premier opus. Assez visiblement, Zombie a jouit d'une liberté totale, détachant définitivement son Michael Myers des clichés posés par les huit films précédents pour l'imposer comme un personnage à part entière ; sans aller jusqu'à chipotter, on peut même affirmer qu'il est allé jusqu'à renoncer à toute notion cohérence entre cet H2 et le remake réalisé il y a trois ans, que ce soit en ressucitant des personnages morts ou en transformant son tueur, ici devenu beaucoup plus impulsif, brutal, et visiblement esclave d'une colère nettement plus incontrôlable.

Le résultat final divisera donc, encore plus que n'avait déjà pu le faire le remake. En effet, Zombie a ici totalement assumé son propos et propose d'aller encore plus loin que dans son premier opus. Là où ce dernier permettait de comprendre la psychologie de Myers via une première partie centrée sur son enfance et sur le début de sa thérapie, H2 ne propose rien de moins que d'entrer dans son esprit, de voir le monde par ses yeux, et pousse la "trahison" de l'oeuvre d'origine à son paroxisme - ce qui sera sans nul doute considéré comme un sacrilège par beaucoup - en lui donnant pour la première fois la parole. Pourtant, il s'avère au final que c'est cette rélecture du personnage qui s'avère être le point le plus intéressant de cette séquelle, Rob Zombie réussissant presque un coup de maître en rendant cette exploration de la psyché de Myers intéressante, que ce soit au niveau des visions comme au fait de lui avoir donné la parole.

Malgré cet impeccable coup de génie, et bien qu'il dispose assez visiblement d'une véritable liberté créatrice, Rob Zombie rate pourtant une nouvelle fois son coup. A l'instar de son remake d'Halloween, il ne réussit jamais à trouver le juste milieu entre sa volonté d'offrir au cinéma un Michael Myers fondamentalement différent et le fait qu'il réalise avant tout un film d'horreur. Là où la silhouette du film de Carpenter n'avait pas ses motivations réellement dévoilées, Zombie renforce les tenants et aboutissants des actes de son tueur, le transformant pour la première fois en personnage à part entière. Alors lorsque ce dernier tue sans la moindre raison quiconque se met en travers de son chemin - allant jusqu'à faire un détour gratuit pour se faire une strip-teaseuse et son mac - le film retombe dans le slasher basique, genre duquel Zombie essaie pourtant de le tirer lors de moments scénaristiquement plus contruits.

La scène finale du film est à l'image de cette dichotomie, potentiellement brillante mais totalement incohérente, permettant de nombreuses interprétations tout en les limitant paradoxalement en les poussant à la limite de toute logique physique et psychologique. On voit ainsi assez clairement le film que Rob Zombie devait avoir en tête, mais qu'il n'a réussi, pour on ne sait quelle raison, à concrétiser ; le sévère échec du film dans les salles américaine - entraînant sa sortie directement en dvd chez nous malgré un premier opus aux chiffres honorables - s'explique par le fait que cet H2 ne soit finalement à destination d'aucun public : quiconque ne voulant voir qu'un slasher sera pris au dépourvu par cet espèce de film hybride, alors que les fans du remake d'Halloween se demanderont si Zombie n'a pas tout simplement baclé cette suite.

La chose passe d'autant plus difficilement que le film avait de toute façon perdu la majeure partie de son intérêt formel au bout de vingt-cinq minutes. Ainsi, fort d'un début impeccable - un grand moment du slasher, à mi-chemin entre suspens et violence graphique - où Rob Zombie, inspiré, donne une suite directe au remake, le film subit un saut temporel d'un an qui fait redescendre le rythme - et l'intérêt des spectateurs - à zéro. Suivant un écueil assez semblable à celui du récent Vendredi 13, le film recommence purement et simplement au bout de vingt-cinq minutes, subissant, de fait, une sévère chute de rythme dont il ne se relèvera pas. Ajouté à cela certains ajouts scénaristiques très discutables - notamment quant à l'intérêt de la résurrection de Loomis - et cette impression constante d'incohérence dans les actes et les évolutions psychologique des divers personnages, et un constat s'impose : le film est en constante chute qualitative sur l'ensemble de sa durée.

Techniquement, en revanche, le film est remarquable sur nombre d'aspects, à commencer par une photographie tout simplement superbe. Zombie livre un film formellement de toute beauté, offrant aux visions de Michael Myers de superbes séquences oniriques dans lesquelles Sheri Moon Zombie se trouve particulièrement bien mise en valeur. Malheureusement, devant la caméra, les choses sont loin de tourner aussi rond. Alors qu'une des forces du remake était de jouir d'un casting impeccable, cette suite souffre de comédiens en demi-teinte, que ce soit ceux qui font du cachetonnage peu inspiré - Malcolm McDowell, Brad Dourif - ou à celles qui se contentent d'une interprétation fadasse - tous les rôles féminins, et notamment Scout Taylor-Compton. Dans le rôle de Michael Myers, si Tyler Mane s'en sort nettement mieux que dans le premier opus grâce à un jeu physique convaincant, Chase Wright Vanek souffre de ne jamais parvenir à égaler, voire à faire oublier, l'interprétation marquante de Daeg Faerch.

La conclusion de

Avec cette suite très décriée, Rob Zombie persiste - et signe ! - dans sa volonté de réinventer la franchise Halloween. Se détachant totalement du film de Rick Rosenthal, et des éléments posés par Carpenter, il met en scène un long-métrage tendant à totalement humaniser son personnage de meurtrier froid et mécanique. Cependant, d'une manière très similaire à ce qui s'était passé dans le précédent film, Zombie ne sait jamais correctement positionner son tueur entre les nombreuses idées qu'il met à l'intérieur et les volontés du public et des producteurs. Résultat : Michael Myers devient un individu à la personnalité réellement fouillée, mais qui agit comme dans un stupide slasher : en massacrant sans raisons quiconque croise son chemin. Un paradoxe d'autant plus difficile à oublier que le film est par ailleurs en constante baisse qualitative tout au long de son avancée, et qu'il se termine sur un final à la pertinence très discutable.

Que faut-il en retenir ?

  • Les vingt-cinq premières minutes,
  • Les représentations de la psyché de Michael,
  • Esthétiquement de toute beauté,
  • Une volonté de réinventer la franchise.

Que faut-il oublier ?

  • L'intérêt du film va en diminuant,
  • De très nombreuses incohérences,
  • Un casting très fade,
  • Un potentiel vraiment bien gaché.

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