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Critique : Le Jour des Triffides

Ecrit par Manu B. le jeudi 1 février 2007 à 13:31

Le jour des triffides

"Lorsqu'un jour que vous savez être un mercredi débute comme s'il s'agissait d'un dimanche, c'est que quelque chose ne tourne pas rond quelque part..."
Bill Masen est un biologiste spécialisé dans un domaine particulier: l'élevage des triffides. Ces triffides -des plantes qui se déplacent!- sont apparus assez mystérieusement et ont été domestiquées dans bon nombre de villes. Et puis est venue cette nuit où une pluie de météores brillants a changé la face du monde. Ceux qui ont assisté à la scène n'ont plus rien vu depuis, ils sont devenus aveugles. Seuls quelques uns ont échappé au fléau, dont Bill...
John Wyndham est un auteur de l'âge d'or. Assez peu connu du public français, il a surtout été traduit pour le jour des triffides, un roman post-apocalyptique.
Ainsi, tout se joue au lendemain de la catastrophe: et si le monde perdait la vue du jour au lendemain ? Là est l'idée de départ, on ne peut plus originale. D'autant que la présence de ces plantes, les triffides, va donner du fil à retordre aux miraculés de la tragédie. Sauf que, ce thème des triffides n'est qu'un background, un danger supplémentaire pour les hommes et les femmes qui vont essayer de reconstruire la civilisation. Le véritable thème est cette reconstruction du monde, sa réorganisation autour de quelques noyaux durs. La question est de savoir dans un premier temps si les voyants vont aider les aveugles pour survivre. Comment manger, boire, se chauffer, dormir quand tout à coup le monde est plongé dans le noir absolu ? Certains voudront aider les non-voyants, d'autres au contraire se regrouperont du mieux qu'ils pourront. Mais dans ces conditions, beaucoup périront. Les fondations d'une nouvelle société sont à imaginer pour dans un premier temps survivre, et à plus long terme pérenniser la race humaine. Et entre ces deux approches, le fossé est énorme, les décisions sont incroyablement difficiles à prendre. C'est cette réflexion qu'évoque le roman de John Wyndham nous entraîne, c'est dans cette atmosphère qu'il nous traîne dans l'Angleterre d'hier.
On pourra rapprocher ce roman d'autre oeuvres beaucoup plus pessimistes comme ravage de René Barjavel, dont l'esprit est tout autre (la méfiance envers la technologie), génocides de Thomas Disch (plus dramatique), dont le point commun est cette apocalypse inexpliquée et inexplicable. La différence tient dans le ton du roman, avec une pointe d'humour dans ce malheur ambiant, et surtout dans cette écriture très agréable.
Voilà un roman post-apocalyptique qui ne vous mine pas le moral pendant les semaines suivantes !

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