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Critique du Téléfilm : Le jour des Triffides
Le jour des Triffides >

Critique du Téléfilm : Le jour des Triffides

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 4 août 2011 à 1837

Le retour des monstroplantes

Suite aux effets d’une éruption solaire majeure, une grande partie de l’humanité a perdu la vue. Dans la panique qui s’en est suivie, les structures civiles et militaires se sont effondrées, remplacées par l’anarchie. Dans les rues encombres de foules aveugles, les prophètes de tout poil crient à la punition divine. Dans l’ombre, des tyrans locaux s’élèvent. On s’affronte sur des questions morales, politiques et religieuses. Comment reconstruire? Et avec qui? Peut-on ignorer le désespoir de millions de personnes, au nom de la survie d’une minorité? Ainsi, tous à leurs préoccupations existentielles, les responsables londoniens négligent - ils ignorent même les avertissements du professeur William Masen, un spécialiste de la question - un nouveau danger; les Triffides, de redoutables plantes carnivores autonomes, se sont échappés de leurs enclos et se dirigent vers les villes et leurs population sans défense...

Seconde adaptation du célèbre roman de John Wyndham, ce téléfilm en deux parties (diffusé en Grande-Bretagne sous la forme d'une mini-série) est encore plus éloigné du texte original que La révolte des Triffides, un film britannique sorti en salle en 1962. En effet, si Nick Copus reprend ici les principaux personnages du roman pour les replacer dans des fonctions à peu près équivalentes, il introduit de nombreux nouveaux éléments, tout en gommant les nombreux aspects spéculatifs du texte de John Wyndham, notamment darwinien (doit-on, pour s’adapter, sacrifier sur l’autel de la survie, des principes moraux comme ceux liés à la sexualité) pour en faire un récit moins hermétique. Ici, William Masen (Dougray Scott) se voit confier une responsabilité nettement plus grande puisqu’il est le fils de Dennis Masen (Brian Cox), le concepteur des Triffides (personnage créé pour l’occasion) et est lui-même un spécialiste de la question. Les deux hommes, en froid depuis longtemps, vont devoir oublier leurs différents pour tenter de trouver un moyen d’enrayer la pollinisation de ces monstruosités végétales. Evidemment, avec l’introduction de ces éléments, l’intrigue s’en trouve grandement changée... pour le pire. Hélas.

En effet, passe encore que, par le plus grand des hasards, les deux seuls hommes capables de sauver l’humanité aient échappé à la cécité (William était hospitalisé suite à une attaque de Triffides, le second pour une raison inconnue). L’artifice est grossier mais, étant donné que le traitement suit les codes établies (et assimilés) du TV Show, on parvient à en faire son affaire (ainsi que des autres sacrées coïncidences rencontrées dans le film). Mais que dire de ce dénouement qui fait sombrer le film dans le grotesque. Une dernière demi-heure ridicule avec une histoire de cérémonie vaudou et de rêve récurrent, le tout s’achevant par une séquence de camouflage olfactif absolument pas crédible et l’extermination totale des méchants (qui, oubliant de fuir, passent pour des crétins absolus). A l’époque de la sortie du premier film, les amateurs du roman s’étaient offusqués de voir les héros, réfugiés à Gibaltrar, trouver en l’eau de mer un poison mortel pour les Triffides. Ici, c’est encore plus nul, même si, au final, les personnages du film rejoignent ceux du roman sur l’île de Wright et que les Triffides ne sont pas vaincus.

A coté de cela, Le jour des Triffides est un film post-apocalyptique pas foncièrement désagréable à suivre. On peut regretter un manque de fraicheur dans l’écriture de certains personnages rencontrés par William Masen au cours de son périple londonien (Torrence, le grand méchant du film, incarné par Eddie Izzard, évoque fortement Randall Flagg, personnalisation du Mal chez Stephen King), mais l’ensemble ne présente pas de gros défauts. Ainsi, l’on prend plaisir à observer la progressive mise en place d’un petit état despotique au cœur de Londres comme on s’amuse à voir la grande Vanessa Redgrave sous la robe d’une mère supérieure illuminée qui offre en sacrifice aux Triffides les bouches inutiles de sa communauté. Même la romance entre le héros et la journaliste Jo Playton, en évitant la mièvrerie, ne manque pas d’intérêt (le jeu naturel de Joely Richardson, disons-le, y contribue grandement). Enfin, Le jour des Triffides laisse apparaitre aussi quelques petits aspects critiques, qui portent principalement sur l’usage des médias comme arme de manipulation des masses. Et, bien entendu, on y cause aussi écologie et de scientifiques apprenti-sorciers.

Du coté de la réalisation, Nick Copus ne disposant pas de moyen colossaux, on peut juger son travail comme étant satisfaisant. Les décors sont assez travaillés, ce qui rend crédible la vue de ce Londres post-apocalyptique où se déroule pratiquement toute l’intrigue, et l’on est agréablement surpris de voir que la foule paniquée n’est pas composée que d’une poignée de figurants. Par contre, fans de 28 jours plus tard ou de The Invasion, sachez qu’avec son rythme de téléfilm, Le jour des Triffides est loin d’être un spectacle trépidant, et encore moins terrifiant (objectif prime time oblige). Le réalisateur s’est plus attardé sur le traitement des conflits humains que sur la mise en place des scènes d’action, faisant de son œuvre une sorte de drama SF entrecoupé de séquences horrifiques assez sobres mais correctement réalisées. Ce qui n’est déjà pas si mal, me direz-vous.

Reste à parler des Triffides. Force est de dire que de rendre crédible une plante qui se meut de manière autonome n’est pas chose aisée. Ainsi, il est difficile de ne pas sourire à la vision de ces espèces de gros agaves usant de leurs racines-tentacules pour se déplacer. En décidant de coller assez fidèlement à la description donnée par John Wyndham, Nick Copus a joué la carte du kitch. Chacun va réagir différemment, en fonction de sa sensibilité, de son humeur du moment et de sa culture cinéphilique. Il est certains que nombre de spectateurs, hilares, décrocheront définitivement de l’intrigue (comme ce fut le cas avec mes voisins de canapé) dés la vision de ces choses aux formes grotesques. Personnellement, j’ai apprécié la démarche (même si j’admets que ces plantes ne sont absolument pas terrifiantes), principalement parce qu’elle amène quelques plans à l’imagerie SF assez remarquable, comme l’envahissement des rues londoniennes encombrées de gravats et d’épaves de voiture par une multitude de Triffides grinçant et cliquetants. Un régal pour le fan de SF pulp.

La conclusion de

Bien que présentant un récit s’éloignant assez fortement du texte originel (un pur chef d’œuvre), Le jour des Triffides est un spectacle tout à fait visionnable. Il est dommage que cela soit les évènements propres à ce film qui soient les moins réussis, et qui entrainent un final absolument débile. A la réalisation, Nick Copus, avec des moyens limités s’en sort plutôt bien. Tout en privilégiant l’aspect drama du récit, il parvient à nous offrir quelques scènes SF assez sympathiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit divertissant
  • Une réalisation correcte
  • Un casting de qualité
  • Un aspect kitch sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Une fin débile
  • Peu spectaculaire
  • Moins pertinent que le roman

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