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Critique du film : La révolte des Triffides [1962], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 22 octobre 2009 à 00h35

L'invasion des Monstroplantes

Si l’écrivain britannique John Wyndham est bien connu des amateurs de science-fiction français pour son célèbre roman Les coucous de Midwitch, une oeuvre (adaptée deux fois à l’écran, en 1960 et en 1995, par Wolf Rilla puis John Carpenter) qui conte l’histoire d’un village plongé dans la terreur lorsqu’un groupe d’enfants se trouve être une unité d’envahisseurs extra-terrestres, cela serait lui faire injustement tort que de résumer sa contribution au genre qu’à cet unique, et remarquable, ouvrage de terror fiction.

John Wyndham était en effet un auteur prolixe, notamment dans le domaine de la nouvelle avec des textes qui firent les beaux jours des revues Amazing Stories et Wonder Stories. Puis, en 1951, parait Le Jour des Triffides, qui connaît un énorme succès public et critique et lance véritablement la carrière de John Wyndham, alors âgé de près de cinquante ans.

Ecrit donc bien avant Les coucous de Midwitch (1957), Le jour des Triffides est une captivante histoire dans laquelle une pluie de débris de comète rend aveugle une grande partie de la population mondiale, mais réveille également la croissance des triffides, des plantes carnivores d’origine stellaire. Plus proche de la réflexion psychologique sur la réaction de l’individu face à l’écroulement de la civilisation que du simple divertissement de gare, Le jour des Triffides est considéré aujourd’hui comme une œuvre majeure de la littérature anglaise.

En 1962, le producteur George Pitcher est donc bien conscient que le texte de John Wyndham possède un fort potentiel exploitable. Le nom de l’auteur, de plus, est synonyme de qualité depuis l’époustouflant succès au box office international, deux ans plus tôt, du Village des damnés, adaptation cinématographique des Coucous de Midwitch. Il confie donc au scénariste Philip Yordan l’écriture du script.

Aujourd’hui, il est difficile de dire si l’initiative de Philip Yordan de changer grandement la trame du récit fut une bonne idée. Le fait est que, mis à part durant son entame -  au cours de laquelle le héros, hospitalisé dans le cadre d’une intervention oculaire, se retrouve le seul voyant au milieu d’une foule d’aveugles -, le film est assez éloigné de l’œuvre littéraire, la production ayant optée pour une ambiance plus «hollywoodienne », une intrigue plus directe, et un happy end aux consonances religieuses.

Ainsi, l’histoire ne se déroule plus uniquement en Angleterre mais aussi en France et en Espagne, puisque le héros, accompagné d’une enfant perdue, quitte la Grande-Bretagne à la recherche d’un centre d’accueil. La partie londonienne, très longue dans le roman et forte en dissertations sociologiques, est donc fortement édulcorée. Ne restent que quelques séquences, parfois très belles, comme cet homme qui reprend conscience et erre, hagard, dans un Londres dévasté, rempli d’aveugles aux attitudes « zombiesques » menaçantes. Des scènes qui ont certainement influencées Danny Boyle pour la conception de son 28 jours plus tard.

Ces absences sont compensées par l’introduction d’une intrigue secondaire : un couple de biologistes marins, isolé sur un phare et assiégé par des triffides, les véritables stars du métrage. Car, sachez-le, dans le film, c’est bien ces plantes géantes autonomes et carnivores qui sont au centre de l’intrigue alors que dans le roman, elle n’étaient que les figures allégoriques et théâtrales de la menace extérieure, Wyndham préférant se concentrer sur les tentatives de reconstruction d’une société mixte composée d’aveugles et de leaders voyants servant de guides (oui, Le jour des triffides débat aussi de religion et de dogme). On se dit « pourquoi pas ? », mais le problème reste que ces immenses marionnettes aux branches articulées ne sont guère effrayantes (aujourd’hui, elles sont même ridicules) et que le spectateur a l’impression parfois d’assister à l’invasion des cousines d’Audrey, la plante carnivore de La petite boutique des horreurs. Reste l’aspect kitch, assez divertissant.

La réalisation de Steve Sekely (assisté de Freddie Francis) est calquée sur les séries B SF américaines des années 50, l’Eastmancolor en sus. Le rythme est donc lent, le ton sentencieux, le second degré totalement absent. Sans être exceptionnels, les matte painting sont assez jolis - la séquence où le héros et la petite fille arrive dans la rade de Toulon ravagée par les flammes est même mémorable. On peut juste regretter un manque de vivacité dans la mise en scène. Certaines séquences, comme lorsque les détenus en cavale investissent la propriété, en paient le prix fort et perdent toute crédibilité.

En ce concerne le casting, c’est Howard Keel (qui deviendra une star quelques années plus sous les traits de Clayton Farlow, dans la série TV Dallas) et le solide Kieron Moore qui se partagent le haut de l’affiche. Si le premier est convaincant dans la rôle d’un bon samaritain, marin de son métier, le second, plus habitué aux prestations musclées, est plus que caricatural en biologiste aigri et alcoolique. Dans les rôles féminins, la jolie Janette Scott joue la potiche de service en femme scientifique soumise (seule performance: le cri absolument hallucinant qu’elle pousse à un moment, lors d’une attaque de triffides) alors que la starlette française Nicole Maurey interprète, de manière convaincante, la femme forte du film, guidée par sa foi en la bonté de la nature humaine.

 

La conclusion de à propos du Film : La révolte des Triffides [1962]

Nicolas L.
60

Un peu trop aseptisé dans sa thématique et un peu trop kitch dans ses effets spéciaux, Le jour des Triffides est loin d’être une œuvre mémorable et ne fait pas vraiment honneur au petit bijou qu’est le roman de John Wyndham. Cependant, si l’on fait abstraction du fait que le film de Steve Sekely peut apparaître comme un festival d’occasions gâchées, on peut le considérer comme un honnête divertissement, doté de quelques bonnes séquences et ne présentant pas de réels temps morts.

Que faut-il en retenir ?

  • Un aspect kitch parfois élégant
  • Quelques petits passages assez forts
  • Une histoire qui se laisse suivre sans ennui

Que faut-il oublier ?

  • Très inférieur au roman
  • Une fin un peu trop sentencieuse
  • Les triffides, quand même un peu ratés

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