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Le Tsar d'acier >

Critique du Roman : Le Tsar d'acier

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 7 décembre 2006 à 22:56

Un Tsar d’acier trop rapidement forgé

Cependant le spectacle plus étrange était offert par l’homme assis au bout de la salle, à la place habituelle du professeur. Il était affalé sur le bureau, le visage entièrement recouvert par un casque revêtant l’apparence d’une face humaine au masque féroce barré d’une moustache. Seuls ses yeux paraissaient vivants et je crus y lire autant de folie que de cruauté. Sans être grand, l’homme semblait pourtant volumineux ; il était vêtu d’une simple chemise grise de moujik et d’un pantalon gris bouffant dont les jambes s’enfonçaient dans des bottes noires. (… / …) Je devinai que nous étions en présence du chef rebelle Djougatchvili : le tsar d’acier en personne…
Le Tsar d’Acier est le troisième et dernier volet des aventures uchroniques d’Oswald Bastable. Ecrit en 1982, soit près de dix années après la sortie du Leviathan des Terres, cet opus émane une atmosphère bien différente des deux premiers tomes. Dans ce livre, Oswald Bastable a définitivement accepté sa condition de Voyageur Temporel, se déplaçant aléatoirement – ou dirigé par une force inconnue - de dimension espace-temps à une autre. Endurci par de multiples expériences non divulguées, le personnage principal apparaît donc comme un individu plus fataliste et stoïque qu’auparavant et il appréhende de manière plus naturelle les incroyables coïncidences historiques dont il est le témoin privilégié.
Le ton du roman est également très sombre, presque nihiliste, comme si l’écrivain laissait transpirer dans son écriture un moment de découragement qui s’obstine à perdurer. Sa dédicace d’introduction, ironiquement signée « A mes créanciers, intarissable source d’inspiration » en dit long sur son état d’esprit en ce début des années 80. Mettant de coté les déboires de sa vie privée, il expose plutôt des points de vue déformés sur le socialisme, le communisme, l’autodétermination des peuples, le fanatisme et l’idolâtrie.
Pour illustrer ses doutes, Michael Moorcock choisit d’envoyer son avatar Oswald Bastable dans un monde utopique et uchronique de 1941, un monde dans lequel la bombe atomique de Hiroshima est le déclencheur d’un conflit sanglant et non pas sa conclusion. Une astuce de romancier utilisée également – au-delà du pur effet de style - pour démontrer que le chamboulement historique ne change en rien le cours de choses : les hommes continuerons à s’entretuer pour diverses raisons, et pour l’éternité. Apparemment dégoûté des idéologies politiques et des religions, l’écrivain britannique met à mal des philosophies aussi différentes que l’impérialisme britannique et japonais, ou le socialisme rouge de l’Union des Républiques Slaves. Il va même pousser son jeu jusqu’à faire naître un conflit anachronique dans lequel les extrêmes anarchistes et les Bolcheviques s’unissent face au socialisme étatisé pour créer une nouvelle sorte de socialisme scientifique sous la férule d’un Staline au masque de fer.
Pour faire passer ses messages, l’auteur persiste à utiliser un style qui lui va bien : l’aventure épique. Et c’est, paradoxalement, à ce niveau que l’ouvrage pêche un peu. Le roman est divisé de la même façon que les précédents tomes, au moyen de chapitres théâtraux (livre I et livre II) bien définis au niveau géographique et idéologique. Mais cette fois ci, vue le nombre d’enjeux et de péripéties, ainsi que le grand nombre de personnages impliqués, les 217 pages de ce Tsar d’Acier paraissent bien maigres pour permettre un développement et une véritable narration romanesque. Les images sont donc brièvement décrites, les échanges d’idées et les débats semblent parfois précipités, de la même manière que le cours des évènements. On reste souvent sur notre faim, et l’impression de superficialité se prolonge durant une grande partie du livre.
Heureusement, le final, qui réunit une fois encore Oswald Bastable et Una Persson, est nettement supérieur et Michael Moorcock démontre une fois encore qu’il est passé maître en manière de construction cosmologique, et qu’il possède l’art de cultiver les coups de théâtre spectaculaires et les rebondissements biscornus. Un don qui lui vient sûrement de sa culture pulp et qui relève nettement le niveau autrement moyen de ce roman.

75

En 1982, Michael Moorcock a finit par construire sa Guilde des Aventuriers Temporels à travers la géniale saga des Danseurs de la Fin des Temps. Cette nouvelle conception prend le pas sur la plus ancienne cosmologie bâtie pour le thème des Champions Eternels qui vit naître des héros comme Elric, Hawkmoon ou Erekösë. Comme eux, personnage d’ancienne génération, Oswald Bastable se retrouve ballotté dans un univers plus excentrique et ironique décliné de Jerry Cornelius et, selon toutes évidences, il ne s’y sent guère à l’aise. Le récit de ses aventures est donc moins épique tout en étant plus guerrier (on est plus dans l’esprit Danrit que Burroughs), et un peu trop précipité tant le désir d’en décrire le plus possible est fort. Bon, ceci mis à part, il reste que le Tsar d’Acier, même si je le trouve inférieur au Seigneur des Airs et surtout au Leviathan des Terres, est un bon roman de SF spéculative avec un excellent final.

Critique de publiée le 7 décembre 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Un personnage central attachant
  • Une cosmologie solide
  • Une uchronie bien délirante

Que faut-il oublier ?

  • Une narration un peu précipitée
  • Une traduction approximative

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