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Critique du roman : Le Seigneur des airs #1 [1976], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 14 novembre 2006 à 08h42

Le voyageur uchronique

Le Loch Elive ressemblait au premier dirigeable à usage commercial à bord duquel j’avais volé, le Light of Dresden ; mais, maintenant que je m’étais familiarisé avec les particularités des dirigeables, je pouvais pleinement apprécier ses merveilles. Il mesurait mille pieds de long et était pourvu de huit moteurs Diesel – quatre de chaque coté – et d’hélices. Sa capacité en hélium était de douze millions de pieds cubes contenus dans vingt-quatre enveloppes séparées à l’intérieur de la coque. Son fuselage était en « duralumin » et il pouvait transporter au maximum quatre cents passagers et une cargaison de cinquante tonnes...
Ecrit en 1971 (l’auteur est alors âgé de 27 ans), le Seigneur des Airs est le premier tome de la saga uchronique d’Oswald Bastable, qui en compte trois. Dans ce livre qui sert lieu d’introduction au personnage principal, Michael Moorcock nous présente son héros, un jeune officier britannique servant la couronne dans les Indes du tout début du 20ème siècle, avant de le plonger dans un aventure délirante surfant sur les vagues du temps et ses dimensions alternative.
En effet, suite à un accident, Oswald Bastable reprend conscience dans un monde qui n’est pas le sien, dans une tout autre époque que celle qu’il a laissé derrière lui – ou devant lui – lors de sa chute (le clin d’œil au cycle de Mars de Burroughs est sympathique). Avec toujours son agréable style très pulp qui épouse parfaitement ce type de récit qui emprunte autant à Edgar Rice Burroughs qu’à Jules Verne ou H.G. Wells, l’auteur nous emmène vagabonder dans une rafraîchissante uchronie aux légères senteurs steampunk. Dans ce « futur » alternatif dominé par le plus léger que l’air, Oswald Bastable va découvrir une société qui s’est développée suivant les canons et les idéaux de la société Victorienne, pour aboutir à une hégémonie impérialiste et conservatrice des nations américaines et européennes sur le reste du monde. L’écrivain britannique joue même le jeu identitaire à fond, puisqu’il n’hésite pas à s’impliquer dans le récit, ainsi que son aïeul, et à utiliser une forme narrative directe – à la première personne – pour orienter son histoire sous la forme d’un mémoire.
Même si le mythe du Champion Eternel - que l’auteur s’acharne à développer depuis maintenant un demi-siècle – n’apparaît pas comme une évidence dans ce premier tome, le Seigneur des Airs conserve les éléments habituellement rencontrés dans les autres romans de Michael Moorcock. Ainsi, le ton reste habilement ironique et la notion de prédestinée est omniprésente. Au final, comme Elric, Erekosë ou Hawkmoon, ses alter egos de fantasy, ou encore plus Jerry Cornelius – le héros pop culture -, Oswald Bastable n’est que l’instrument d’une toute puissance cosmique dotée d’insondables objectifs.
Mais au-delà de tous autres considérations, le Seigneur des Airs est avant tout un récit d’aventure qui fleure bon la littérature anglaise de la fin du 19ème siècle, avec ses exotismes et ses actes héroïques. Oubliant quelque peu sa culture hippie, cet auteur pourtant fortement ancré à gauche parvient avec talent à faire renaître les écrits de ses grands auteurs classiques qui croyaient dur comme fer que l’Empire Britannique durerait mille ans et éclairerait de toutes ces lumières la civilisation « new age ».

La conclusion de à propos du Roman : Le Seigneur des airs #1 [1976]

Nicolas L.
85

Le cycle d’Oswald Bastable est la seule œuvre steampunk de Michael Moorcock, qui est surtout connu pour ses romans et nouvelles de fantasy. Et cet unique essai est pourtant l’une de ces plus belles réussites. Fan de culture pulp et de littérature victorienne, il parvient avec élégance à mélanger ces deux aspects pour aboutir à une œuvre très critique mais paradoxalement rafraîchissante et romanesque grâce à une bonne dose d’ironie et de second degré. Et au bout du compte, lire les tribulations de ce capitaine Bastable, symbole vivant de l’impérialisme occidental, ballotté dans ces incroyables aventures révolutionnaires et exotiques, est un véritable régal.

Que faut-il en retenir ?

  • Le début d’une grande aventure
  • Un mélange de genre très réussi
  • Excellent rythme
  • Un héros intéressant et humain

Que faut-il oublier ?

  • Un sens de l’écriture encore un peu tendre
  • Un œuvre qui ne se suffit pas à elle-même.

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