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Critique du Film : Battle Royale
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Critique du Film : Battle Royale

Avis critique rédigé par Christophe B. le jeudi 3 août 2006 à 0448

Violences Niponnes

Au début du troisième millénaires, des élèves déportés sur une île sont contraints de participer à un jeu dans lequel ils doivent s'entretuer jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un...

L'heureuse classe participante au jeu

Ce type de scénario a souvent été développé dans la littérature ou le cinéma de science-fiction et ce n'est pas la première fois que les protagonistes sont des jeunes ou des adolescents.
Les oeuvres du genre ont souvent été mises en scène dans le seul but d'aligner les séquences choc. Mais Battle Royale n'est pas qu'une succession de scènes de massacre, c'est avant tout une occasion de réfléchir sur le vie, l'amour, l'amitié et les relations humaines. Une occasion un peu pataude et lourde, c'est vrai... Mais ce film doit avant tout être regardé comme un véritable brûlot contestataire cynique et nihiliste.
Souvent le choix d'opposer la société adulte à la jeunesse est symptomatique du malaise généré par le choc de générations qui ne se comprennent plus, qui sont incapables de communiquer. Cet état de fait est notamment très développé au Pays du soleil Levant, société basée sur l'ultra compétitivité, qui voit depuis les années 90 sa jeunesse s'enliser dans une forme de rébellion qui dans le meilleur des cas se traduit pas la contestation culturelle, mais qui hélas dégénère parfois dans la délinquance la plus radicale ou pire : la multiplication des suicides chez les mois de 20 ans. La norme étant plutôt la totale apathie, le détachement et l'enfermement intellectuel voire physique. Les jeunes ne croient plus au système éducatif basé sur la compétition qui les obligent littéralement à se battre.
Battle Royale et sa violence graphique est bien évidemment métaphorique et ne doit pas être regardé au premier degré. Le réalisateur aurait pu parler de ce sujet brûlant au Japon, dans un film de société, un film d'auteur intellectuel. Mais il choisi la violence, l'impudeur et l'outrance de ce « survival » cru et choquant. Pire, en sous main, il s'adresse à la jeunesse et il prône l'insoumission à l'autorité et l'insurrection. Il fustige l'apathie de la jeunesse et l'attentisme criminel de l'état face à une société où ne peuvent survivre que les plus forts. Car Battle Royale montre des jeunes, ni plus ni moins violents que les autres, contraints à devenir des meurtriers en puissance, poussés par l'instinct de survie et les règles édictées par la société.
Les supplications n'y feront rien, il ne doit en rester qu'un...

Réalisé par Kenji Fukasaku (Vieux routard du polar japonais, auquel de nombreux réalisateurs, dont Quentin Tarantino, vouent un véritable culte) Battle Royale bénéficie d'un esthétisme graphique et de constructions de plans superbes comme seuls savent le faire les asiatiques. Certaines séquences sont véritablement saisissantes (Je pense, entre autres, au massacre de cinq jeunes filles en jupettes d'écolières dans une cuisine via un gunfight monstrueux...) Le réalisateur à un sens du rythme, du découpage, du cadrage et du plan véritablement génial. La violence et les émotions sont décuplées par la force de la construction des images.
« Mon centre d'intérêt principal est la violence des hommes. Il y a donc toujours eu dans mes films des gens qui meurent ou qui tentent de survivre dans des époques fortement troublées. » Kenji Fukasaku
Une fois de plus, la question doit être posée : Un film peut-il dénoncer la violence alors qu'il la glorifie à travers les images ? Il n'y a pas de réponse toute faite. La violence n'a pas besoin du cinéma pour s'exprimer dans la réalité, et les films sont moins un incitateur qu'un reflet de la société. Mais j'ai bien envie de répondre dans le cas précis de Battle Royale, que Kenji Fukasaku se tape royalement de tout cela. Il ne cherche nullement à donner des leçons et ne conçoit pas en recevoir. Outre l'appel à la rébellion, il délivre un simple message : Une société qui se déshumanise ne peut blâmer qu'elle-même pour les monstres qu'elle fabrique !
Il faut ensuite relativiser le propos. Le réalisateur le fait lui-même dans la construction du scénario, emprunt d'un humour ironique qui transparaît dans l'excessif de la violence, des situations poussées à l'extrême, des dialogues dignes d'une série pour ados ou règne une omniprésente tension sexuelle qui sous-tend l'ensemble du film.
Petite galerie des horreurs...

La conclusion de

Battle Royale est un film qui doit être appréhendé avec un point de vue asiatique si on veut y voir autre-chose qu'une longue tuerie diablement bien filmée. La violence graphique, l'humour ironique, et le propos sous-jacent font de ce film un brûlot contestataire, cynique et nihiliste face à une société japonaise incapable de communiquer avec sa jeunesse. Et nos modèles sociaux occidentaux n'en sont pas loin non plus...

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