Deux ans (!) après « L’Ainé », Paolini se décide enfin à livrer le troisième tome de sa trilo… euh… quadrilogie « L’Héritage » ! Disponible en anglais depuis le 20 septembre, ce nouvel opus a pour titre Brisingr, et il a su se faire attendre le bougre ! Pour pas grand-chose au final, découvrez pourquoi…
Critique sans spoilers
"Malgré une victoire sur l'Empire dans les Plaines Brûlantes, les Vardens doivent poursuivre leur résistance contre le tyran Galbatorix et ses armées. Plus que jamais déterminé à délivrer Katrina, Roran, accompagné d'Eragon encore sous le coup des terribles révélations de Murtagh (à présent Dragonnier au service de Galbatorix) va à Dras-Leona, au cœur même du repaire des Ra'zacs."
Troisième épisode d’une trilogie finalement devenue quadrilogie,
Brisingr est un livre difficile à lire. Difficile à lire dans le sens ou l’intrigue principale, prend très peu de place sur les 784 pages composant le livre. Ainsi, on se retrouve devant des multitudes de situations n’ayant aucun rapport avec la quête d’Eragon, et qui sont là pour un seul et unique but, remplir le néant autour d’une aventure qui en devient pour le même coup, peu passionnante. C’était déjà un défaut des deux premiers tomes, mais il atteint son paroxysme avec celui-ci. Serait-ce pour éviter d’en dire trop, et ainsi rallonger la durée de vie du scénario fil-rouge pour profiter au maximum du succès de la licence via un tome 4 ? Surement, mais soyons clair, ça nuit réellement au livre qui n’était de toute façon pas très bon au départ.
En fait,
L’Héritage Tome 3 est un peu comme un collage de plusieurs histoires n’ayant (presque) aucun rapport entre elles, elles font perdre le fil de l’épopée et n’apportent strictement rien au lecteur.
Brisingr est un peu comme un meuble, sauf qu’il est vendu en kit ! Chaque planche de bois équivaut à une aventure différente pour donner à la fin un bouquin commercial. Prenons un exemple, alors que l’on suit les péripéties d’Eragon, le jeune dragonnier rencontre un magicien dans une clairière abandonnée, on s’attend alors à un rebondissement de taille, mais rien. Il ne se passe absolument rien, il aide ce dernier à préparer le repas, s’en suit une longue conversation pas très intéressante
(et des explications durant plusieurs pages) jusqu’au moment ou Eragon fugue. Ce sont des moments comme ça où le lecteur se demande l’intérêt d’un tel encart scénaristique. On se demande même si le scénario d’origine a véritablement une fin…
Autre défaut, les évènements ne sont pas aléatoires, on s’attend à tous les rebondissements que nous propose l’auteur, pas de surprises de tailles. Le problème ne vient pas du récit qui est ma foi fort intéressant quand on reste dans le sujet principal, mais il vient surtout de l’auteur qui ne sait visiblement pas écrire un roman d’Heroic-Fantasy. Ou tout du moins il sait le faire, mais pour des enfants de moins de 10 ans ne comprenant pas trop ce qui se passe. Pourtant, le jeune écrivain a eu du temps pour parfaire son écriture, mais il utilise encore une fois les vieux rouages datant du tome 1, et
se permet même de faire du mauvais Tolkien. Le pire reste son inlassable
« don » à décrire les personnages, soyons honnête une seconde, pourquoi consacrer des tonnes et des tonnes de pages à des personnages déjà connus dans les précédents opus ? On peut le tolérer pour des protagonistes inédits, mais pas dans le cas où l’on connait déjà les héros/méchants de l’histoire. Ce défaut était facile à comprendre lors de la parution d’
Eragon, il s’agissait du premier livre, mais nous en sommes tout de même au troisième tome !