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Critique du Roman : l'Homme des jeux
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Critique du Roman : l'Homme des jeux

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 28 décembre 2005 à 1215

Le jeu de la Culture

« Voici l’histoire d’un homme qui partir très loin et très longtemps dans le seul but de jouer à un jeu. Cet homme est un joueur-de-jeux nommé « Gurgeh ». Son histoire débute par une bataille qui n’en est pas une et s’achève sur un jeu qui n’en est pas un. Moi ? Je vous parlerai de moi plus tard. Ainsi commence l’histoire… »
La Culture est une société galactique idéale, idyllique. C’est une société où les hommes n’ont pas à se soucier de travailler pour soutirer les ressources d’une planète, les drones s’en chargent pour eux. Ils n’ont pas à s’ennuyer avec la politique générale de la société, les IA s’en chargent pour eux. Alors ils vivent leurs passions tout leur loisir, ils vivent leurs loisirs avec passion. Jernau Gurgeh est un membre bien spécial de cette société oisive, car c’est un grand joueur. Le meilleur à ce qu’on dit. Or il se voit confier une mission bien particulière par la section Contact : défier l’empereur de l’empire Azad. En effet, si Gurgeh gagne cet immense jeu, il se verra couronné car tel est le prix du jeu d’Azad…
La culture comme miroir de la société. Iain Banks fait partie de ces auteurs doués qui ne font pas les choses comme tout le monde. Son premier roman, le seigneur des guêpes est un thriller tendance horreur, dans lequel on devine déjà une écriture soignée et un sens inné des rebondissements de dernières minutes. Ce qui caractérise ses romans est la présence de personnages souvent gravement pervertis par la vie, une vie qu’ils n’ont souvent pas choisie, et pourtant les événements, les gens ou les organisations vont les manipuler à outrance. Ils ne sont finalement que des pions. La Culture est ce genre d’organisation qui manipule, pervertit des hommes ou des femmes afin d’accéder à un idéal, leur idéal. Certains ont voulu se rebeller, mais la Culture est une société tellement vaste, tellement ancienne que ceux qui ont voulu protesté ne sont que des grains de poussière qui ne sauraient entraver les rouages et les engrenages de la belle mécanique huilée de cette société. Le temps fera sont œuvre et plutôt que de combattre la Culture, on finit toujours par baisser les bras et se rallier à sa cause. C’est une société idéale dans laquelle il fait bon vivre, alors pourquoi s’en soucier ? C’est comme cela que la Culture procède : elle évalue la société à l’aide de sa section Contact, puis envoie ses émissaires pour la pervertir ou la convertir à sa cause et elle l’absorbe. Voilà comment la Culture s’étend inlassablement, pour le bien de tous, dit-elle. Ainsi, des sociétés type médiéval ont été chamboulées par toutes ces manipulations et se sont parfois écroulées, au grand damne de la Culture. Le génie de Banks est toujours montrer la Culture du côté de la société qui doit être absorbée, ce qui est souvent tragique.
Le jeu. A l’image d’une écriture ironique, voire cynique, le thème de ce roman est le jeu, un jeu qui, comme en préfigure les premières phrases du roman, n’en est pas un. A l’instar d’un échiquier du mal, d’une loterie solaire ou d’un monde du non A, Iain Banks imagine une société brutale ou le meilleur joueur deviendrait le maître des lieux. Mais contrairement à Loterie solaire où le jeu ne devient réalité qu’une fois au pouvoir, ici c’est pour parvenir au pouvoir que l’on doit jouer, mettant en place à la tête de l’état un fin stratège. Le drame est la nature de ces jeux, ce qu’ils impliquent vraiment…

La conclusion de

Voici donc un roman qui a un peu de mal à démarrer, le temps que la société de la Culture se mette en place et puis on se prend vite au jeu, la préparation de Gurgeh, pour finir en beauté tragique. Un magnifique roman.

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