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Critique du Roman : Trames

Avis critique rédigé par Manu B. le mercredi 31 décembre 2008 à 14:50

Strates (import)

Il y a longtemps dans une lointaine galaxie, bien avant que la société de la Culture ne soit un embryon ou une idée, d'autres civilisations galactiques ont régné sur l'ensemble de l'univers, connu et méconnu. Parmi ceux-ci, les Involucra (ou Veil) ont, avant de disparaître presque totalement, construit d'immenses espaces habitables en forme de planétoïdes, formés de strates: les Shellworlds. Au sein chacune de ces strates peuvent habiter des races, qui sont censées n'avoir aucune interaction les unes avec les autres. Suramen est l'un de ces artefacts. Il est régi par la civilisation des Morthanveld, une société équivalente à la Culture. Cette race est le mentor des Octs, qui eux-mêmes sont les mentors des Sarls. C'est une organisation très pyramidale qui empêche une civilisation comme les Sarls d'évoluer trop vite au contact de l'univers technologiquement beaucoup plus développé. Les Sarls sont encore à se battre avec des épées. Au huitième niveau donc, qui en compte une quinzaine, se trouve les Sarls, en pleine guerre dans son niveau pour acquérir enfin une unité qu'elle cherche depuis des siècles. Hausk est le roi et compte sur l'aide de son fidèle lieutenant Tyl Loesp et de son fils aîné Elime pour l'assister dans l'une des dernières batailles qui scellera sa réussite. Son second fils, Ferbin, lui aussi sur le lieu de la bataille, n'est pas très doué pour l'art de la guerre et ne fait figure que de spectateur. Au palais reste le troisième fils, Oramen, le plus jeune. Hausk a aussi une fille, Djan Seryi Anaplian, qui a quitté Suramen pour intégrer la Culture, et son excellent parcours l'a menée jusqu'aux Circonstances Spéciales. Elle est en mission sur une planète éloignée, lorsqu'elle apprend que durant la bataille, son père et son frère Elime ont été tués et que Ferbin est porté disparu. Elle décide de se rendre sur Sursamen, quittant sa mission. Au huitième niveau, Tyl Loesp gouverne pendant que le dernier fils Oramen devient prince régent...
On ne présente plus la saga de la Culture qui a placé Iain M. Banks parmi les plus innovants auteurs du "new space opera". On compte dans ce cycle: l'homme des jeux, une forme de guerre, l'usage des armes, l'état des arts, excession, inversions et le sens du vent. Il met une pierre de plus à son édifice avec Trames, un roman qui décevra tout autant qu'il ravira. Cela dépend comment on se place.
Trames n'est pas un space opera dans le même genre que ce que Banks avait eu l'habitude d'écrire. La quasi totalité du roman se situe sur le shellworld de Sursamen, un concept planétaire qui n'est pas nouveau mais qui est intelligemment exploité. L'auteur écossais a, en plus d'ériger des strates physiques, ajouté des strates technologiques. Plus on est dans les couches proches de la surface, plus on est évolué technologiquement ou bien plus on est une vieille race. Pour ces derniers, le contact avec la civilisation de la Culture ou des Mothanveld n'aura pas d'impact réel. D'autant que l'accès aux niveaux est contrôlé par des races patronnes. Ainsi, Banks renoue avec les concepts que David Brin avait pourtant usés jusqu'à la corde dans ses cycle de l'élévation et rédemption, à savoir que la sapience ou la connaissance technologique ne pouvait être donnée que par une race supérieure. Dans Trames, ce n'est qu'un des thèmes parmi d'autres, mais qui est judicieusement utilisé. Cette idée de strates, on le retrouve aussi au sein même de Contact/Circonstances Spéciales où quelques pauvres âmes croient détenir pouvoir illusoire. Une scène particulièrement marquante relate l'un de ces personnages dont la paranoïa le plonge petit à petit dans la folie. On le savait déjà, mais cette section a des ramifications mystérieuses dont le chef d'orchestre est impossible à déterminer.
Les trames de ce roman se retrouvent aussi dans l'intrigue que Ferbin, Oramen et Anaplian, les trois enfants rescapés, suivant trois parcours différents, vont devoir comprendre, analyser et surtout devoir résoudre. Iain M. Banks est très fort à ce petit jeu et peu de lecteurs ne peuvent réellement s'attendre à un tel dénouement. Ce qui est intéressant, c'est aussi, pendant ces enquêtes simultanées, la différence d'approche et du point de vue d'une Culturienne, et de deux membres "moins évolués", le point de vue extérieur et celui de l'intérieur qui occulte tout ou une partie de la vérité. C'est le recouvrement des ces zones d'ombre qui nous permet de distinguer les contours de ce qui se passe vraiment. Sur la forme, c'est une grosse déception. Même si on peut comprendre que la description d'un tel système prend des pages et des pages, le roman souffre de terribles longueurs, avec des dizaines de pages inutiles. L'écrivain qui avait hissé le procédé de flashback au rang d'art, s'est, cette fois-ci, planté. Les souvenirs n'apportent pas grand chose à l'intrigue, juste quelques impressions fugitives. Plus grâve encore: peut-on se poser la question de savoir si Banks n'a pas atteint ses limites, que ses chef d'oeuvre sont derrière lui ?
Une chose reste, malgré tout, indéniable: l'écrivain reste un maître lorsqu'il s'agit de décrire des scènes de batailles, des scènes d'action immensément dramatiques. Avec Trames, certaines images persisteront certainement longtemps. Les cent dernières pages valent la peine des cinq cent premières. Et ça, c'est le signe qu'il s'agit d'un grand bouquin.

85

Pour conclure, Trames n'est pas le meilleur roman de la Culture, et pourtant c'est celui qui nous plonge le plus dans les rouages de l'une de ses plus mystérieuses sections, Contact, dont Circonstances Spéciales est l'élément le plus critique. C'est aussi le plus complexe et le plus riche, malheureusement au détriment du rythme. Ce livre est un paradoxe et me laisse perplexe.

Critique de publiée le 31 décembre 2008.

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