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Critique du roman : Semiosis [2019], par Nathalie Z.

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le mercredi 4 mars 2020 à 09h00

Utopie SF à ne pas manquer !

Semiosis est un des titres SF de la collection Imaginaire chez Albin Michel. Quel plaisir de les voir se mettre à ce genre que nous adorons sur SFU ! Semiosis est le premier roman de Sue Burke et il est plutôt ambitieux car il suit sur plusieurs générations une colonie humaine installée sur une lointaine planète dans l’espoir de fonder une civilisation saine. L’utopie voulue sur Pax, nom donnée à la planète, est censée s’opposer à la dystopie terrienne, violente et polluée que les cinquante colons ont abandonnée. Loin des dystopies qu’on nous survend actuellement en littérature, Semiosis nous vend une utopie qui, dure à atteindre sera sombre et cruelle en dépit des valeurs de départ si parfaites sur le papier.

Superbe couverture de Manchu

An 1. Octavo le botaniste nous dépeint l’arrivée des colons et les premières difficultés. Il y eut des soucis au réveil des colons dans le vaisseau puis deux des six capsules d’atterrissage se crashèrent. Les premiers temps, la gravité étant plus forte que sur Terre, il y eut des accidents. Arrivèrent ensuite les difficultés face à la nature : maladies, alimentation… Dès lors, le botaniste fait une découverte vitale : les plantes de Pax ont eu bien plus de temps pour évoluer que les végétaux terriens, elles ont développées une intelligence et s’adaptent face aux dangers divers dont les nouveaux arrivants.

An 34. Sylvia la bâtisseuse raconte les difficultés à s’entendre entre générations. La vision de ce que doit être la vie sur Pax est très différente entre ceux qui sont arrivés de la Terre et ceux qui sont nés sur place. Le fossé se creuse entre la jeune femme de 18 ans et la responsable du groupe, l’inflexible Vera. Sylvia pose trop de questions, remet en cause trop d’acquis. Le conflit entre parents et enfants s’enveniment lorsque Sylvia et son ami Julian découvre après une expédition secrète une cité. Cette ville a été abandonnée par une espèce intelligente, que les visiteurs nomment les verriers. Il y pousse de plus un bambou arc-en-ciel dont les fruits sont divins et comestibles. En revenant avec cette nouvelle extraordinaire, Sylvia se heurte à un mur…

Ces deux chapitres donnent le ton : même si Pax pouvait être un nouvel Eden, il faudrait le mériter. L’intrigue se poursuit avec des tranches de vies axées sur chaque génération et les enjeux de son époque. Les choix ont des conséquences sur les vies futures. Dès la troisième époque centrée sur le dresseur Higgins et le bambou (qui aura plus tard un nom), le point de vue de la plante est inclus et la communication inter-espèces devient centrale. De la plante dépend la survie du groupe d’humains et le bambou a besoin des humains pour se développer comme il le souhaite. Mais la communication est d’abord balbutiante jusqu’à l’an 107 où Tatiana se retrouve à collaborer avec le bambou sur une affaire de meurtre…

La sémiose désigne la signification en fonction du contexte. Semiosis est un titre qui évoque le langage, la communication. Et effectivement, la complexité des rapports inter-espèces est bien au centre de cette saga sur plusieurs générations écrite par Sue Burke.

Si le pitch de départ semble peu original : des colons quittent la Terre pour un avenir meilleur (au passage mais oups, ce n’est pas forcément la planète prévue). On a lu ça récemment dans l’excellent Dans la toile du temps et le cinématographique Outsphere dont la suite sort très prochainement, Semiosis a un ton différent moins complexe que le premier, moins léger que le second, plus positif que les deux réunis. 

Semiosis dépeint l’évolution d’une micro société, ses valeurs, son adaptation au milieu de vie, son rejet de la Terre mère, les conséquences des choix d’une génération pour l’autre, l’héritage qu’elle en tire… Semiosis brosse le portrait complexe d’une multitude de personnages y compris du bambou. La psychologie est travaillée, utilisée et cela donne une profondeur au roman. Le propos nous touche, les personnages sont émouvants et palpables.

Les intrigues séparées pourront dérouter au début mais un fil rouge à travers le vécu de cette colonie et de ses règles les relie. Un ou plusieurs membres de la génération précédente seront présents dans la suivante, comme aide (Octavo pour Sylvia) ou comme passé à dépasser. Plus on avance, plus les chapitres s’allongent pour une intrigue qui se densifie. La communication avec le bambou n’est plus le seul problème des humains lorsqu’ils font la rencontre, enfin, des Verriers et qu’ils veulent absolument éviter un conflit. Pax, paix, idéal atteignable ?! L’histoire globale est facile à appréhender, le style est fluide et accessible (bravo à Florence Bury pour la traduction) sans rien enlever à la qualité du propos. Un excellent premier roman et une autrice à suivre !

La conclusion de à propos du Roman : Semiosis [2019]

Nathalie Z.
91

Sue Burke offre avec Semiosis un premier roman réussi, une utopie SF pleine d'espoir et qui ne ménage pas ses personnages. Avec un thème central de la communication et la gestion de plusieurs générations, cette saga se veut ambitieuse. Le personnage du bambou va vous séduire et Pax deviendra l'espace d'une lecture votre foyer. 

On a aimé

  • Rythme doux sur plusieurs générations
  • Pose des questions sur plusieurs aspects sociétaux
  • Drame SF utopique dense et profond

On a moins bien aimé

  • Pitch de départ peu original, c’est le traitement qui l’est

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