75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°4 : Au secours ! Un Publi-killer se ballade dans le coin. Une seule solution, le désactiver pour de bon.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"

Critique du film : Ad Astra [2019], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 29 septembre 2019 à 09h00

Astra Boy

Le cinéma de science-fiction mélangeant la conquête spatiale avec des thèmes sur la place de l'être humain dans l'univers souvent via une approche intimiste des personnages doit se coltiner l'incroyable stature de2001, l'odyssée de l'espace. Une aura telle qui rend humble chaque nouveau projet de ce style mais qui continue à émerveiller notre imaginaire que cela soit Interstellar il y a peu ou Ad Astra aujourd'hui.

Nul n'est prophète en son pays, un adage que James Gray ne connaît que trop bien puisque le cinéaste New-yorkais est bien plus plébiscité en Europe (étant souvent invité au festival de Cannes) tandis que chez l'Oncle Sam, l'homme est souvent poliment ignoré. James Gray s'est d'abord surtout concentré sur son New-York avec des polars comme The Yards ou La nuit nous appartient (peut-être son film le plus connu) mais aussi un film d'amour pessimiste (le grandiose Two Lovers) ou un drame historique (The Immigrant). Le cinéaste quitte finalement sa zone de confort en s'éloignant de la Grosse Pomme pour mettre en scène le film d'aventure historique The Lost City of Z (un échec financier) avant de se tourner vers les étoiles et la science-fiction avec Ad Astra. James Gray écrit, produit et réalise ce film grâce à l'appui de la star Brad Pitt (aussi producteur via sa firme Plan B qui accompagne Regency et la Fox/Disney). L'ambition affichée du cinéaste était de se rapprocher du roman Au Coeur des Ténèbres de Joseph Conrad (ayant inspiré Apocalypse Now, autre classique difficile à éclipser) tout en montrant à quel point l'espace est hostile aux hommes. La production fut par ailleurs assez compliquée entraînant des premiers accueils négatifs et de nombreux reshoots faisant grimper le budget du film à 100 millions de dollars pour qu'on puisse enfin l'avoir devant nos yeux.

Situé dans un futur proche, le film met en scène l'astronaute et ingénieur Roy McBride (Brad Pitt) se blessant alors qu'il travaille sur une station frappée par d'étranges surcharges venant de l'espace. La Terre est ainsi en proie à ces surcharges de plus en plus violentes menaçant l'humanité. Après sa convalescence, McBride est convoqué par l'armée qui lui apprend que les surcharges pourraient être liées au Projet Lima initié par son père (Tommy Lee Jones) il y a une trentaine d'année. Officiellement disparue, la mission avait pour but d'envoyer une équipe d'êtres humains à la frontière de notre système solaire pour tenter de contacter une autre forme de vie. La mission serait toujours opérationnelle avec McBride senior à sa tête quand bien même les contacts ont été rompus. L'armée demande à Roy de voyager jusqu'à Mars afin de pouvoir contacter son père dans les meilleures conditions. La mission périlleuse entraîne une remise en question pour Roy qui a mal vécu la disparition d'un père dont l'héritage fut lourd à porter alors qu'il vit isolé s'étant séparer de sa femme (Liv Tyler) en s'enfermant dans ses missions. Pour aller sur Mars, il sera accompagné d'une vieille connaissance de son père, le colonel Pruitt (Donald Sutherland), qui commence à lui expliquer que son père serait peut-être devenu ingérable s'isolant volontairement du reste de l'humanité pour sa grande quête... Les doutes germent dans l'esprit de Roy McBride alors qu'il se dirige vers la première étape d'un long voyage : la Lune.

Le long-métrage de James Gray mélange véritablement la science-fiction, l'aventure et le drame quasi intimiste en réussissant admirablement à bien doser ces trois éléments du début à la fin. L'histoire est assez prenante nous faisant voyager à travers des fusées de la Terre à Lune puis jusqu'à Mars et d'autres destinations dont on vous laisse le plaisir de la découverte. Le film est ainsi plaisant à suivre car on va de surprise en surprise notamment grâce à un scénario qui sait ménager nos attentes tout en se montrant satisfaisant sur de nombreux points. Il est intéressant car il dépeint comme il faut une humanité tournée vers les étoiles tout en offrant une mission au long cours riche en péripétie sans imposer un rythme rapide inutile. Le tout en faisant vivre comme il faut les personnages notamment le personnage principal dont la complexité se dévoile petit à petit. Il y a malheureusement quelques points noirs ici et là comme l'histoire des surcharges assez confuse et une fin qui ne satisfera pas tout le monde tant elle n'évite pas les clichés. Mais on ne peut enlever au travail de James Gray son aspect unique nous offrant enfin un nouveau film de science-fiction sérieux capable autant de nous émerveiller que de nous faire réfléchir. Et à titre purement personnel, je ne comprend absolument pas les nombreuses critiques que j'ai lu comme quoi le film serait lent voire ennuyeux.

Les thèmes abordés par le film sont de prime abord assez classiques pour de la science-fiction présentant l'exploration spatiale. Notamment en ce qui concerne l'immensité de l'espace étant un lieu bien trop dangereux pour l'humanité et de la folie que peut provoquer la solitude des astronautes enfermés dans du métal comme entourés par le vide. Le film est en revanche bien plus intéressant quand il s'intéresse au rapport qu'entretient l'humanité avec les autres corps célestes de notre système évoquant rapidement ce que planifient actuellement des Elon Musk et autres Jeff Bezos. La Lune est ainsi décrite comme un nouveau Far-West où le capitalisme s'installe aux côtés de la violence tant les ressources minières de notre satellite sont convoitées. Les corporations spatiales et l'armée ont même des attitudes orwelliennes avec les astronautes notamment via d'incessants examens psychologiques... Une conquête spatiale loin d'être glamour démontrant que l'humanité ne peut se départir de ses mauvais démons (l’orgueil, l'autoritarisme, l'avarice, la curiosité malsaine...) peu importe où elle va. Si on se concentre sur le personnage principal, le film est finalement un récit assez poignant sur le deuil tant McBride part à la recherche d'un père avec qui il a des comptes à régler et dont l'absence le plonge dans un état quasi-dépressif. Le film explore ainsi les relations parfois tendues entre un père et son fils avec les questions de l'héritage parfois lourd à porter et de l'absence de corps comme de certitudes face à la disparation d'un proche. Cela fonctionne grâce à une émotion toute en retenue même si certains pourront reprocher au film, via sa fin toujours problématique, d'être une grosse séance de psychanalyse à travers l'espace pour le personnage principal.

Là où tout le monde devrait néanmoins s'accorder c'est sur la beauté du film. On savait James Gray doué pour offrir des ambiances lourdes dans lesquelles on aime plonger avec autant de fascination que de répugnance (La nuit nous appartient et son labo clandestin ou encore les toits d'un immeuble dans Two Lovers). Puisque le film joue sur le plaisir de la découverte de nouveaux environnements, on est ici servi avec de magnifiques séquences toujours bien amenées qui apportent beaucoup de diversité au film. Que cela soit les vols commerciaux vers la Lune dans une ambiance ouatée, les immensités dangereuses du sol lunaire ou encore les dominances de rouge sur Mars où les décors au dénuement certain confinent à l'abstrait. La colorimétrie et la lumière du film sont de véritables travail d'orfèvres offrant une maestria visuelle qui va imprimer nos rétines pour longtemps. En plus de cela, on s'intéresse beaucoup à la manière dont l'humanité gère des espaces qu'elle a colonisé renvoyant aux grands récits de science-fiction avec des indices toujours mis en arrière-plan de l'intrigue mais qui sont assez présents pour nous permettre de créer un univers cohérent. Le film tente une approche assez réaliste scientifiquement parlant (au niveau des équipements, des fusées, de la présence de l'apesanteur et de la manière dont sont construites les colonies humaines) sans pour autant nous assommer d'explications. Je n'ai aucune compétence pour savoir ce qui de l'ordre du possible comme de l'impossible mais on y croit réellement dans un film qui retranscrit admirablement l'admiration comme l'effroi que l'on a en contemplant les étoiles. La musique souvent sublime et les effets spéciaux de haute tenue achèvent de nous fasciner.

On savait que James Gray était loin d'être manchot quand il s'agissait de tenir une caméra, et le cinéaste américain ne nous déçoit pas. Sa mise en scène embrasse parfaitement la dichotomie danger/émerveillement de l'exploration spatiale. Le montage entre les plans larges pour faire vivre les environnements et les plans serrés pour démontrer le tourment intérieur de son personnage principal sont intéressants. Cette approche permet aussi de rendre compte admirablement de l'immensité du vide spatial comme de la claustrophobie qui peut régner dans une fusée. James Gray utilise aussi à merveille les artifices (mouvements de caméra, montage lancinant et musique à propos) pour poser des ambiances parfois proche du thriller pour ne pas dire de l'épouvante avec une grande efficacité. On aura aussi longtemps en tête ses scènes d'affrontement notamment une course-poursuite sur la Lune assez incroyable réussissant à faire de l'absence de son un atout cinématographique très puissant. Bref, James Gray tisse des images sublimes pour rendre justice à son scénario. Pour ce qui est des acteurs, citons rapidement les seconds rôles avec Ruth Negga (Misfits, Warcraft : Le commencement...), Donald Sutherland (MASH, L'invasion des profanateurs...) et Tommy Lee Jones (Men in black, No country for old men...) qui confirment tout le bien que l'on pense d'eux pour se concentrer sur la star du film. Brad Pitt (L'Etrange histoire de Benjamin Button, The Tree of Life...) est tout bonnement excellent quand il s'agit notamment d’interpréter le héros classique américain désintéressé dont la solide carapace commence à craquer au fur et à mesure du film. Une interprétation faite de nuances et de mesures impressionnante à regarder.

La conclusion de à propos du Film : Ad Astra [2019]

Bastien L.
80

Ad Astra est une œuvre sublime au scénario aussi passionnant que profond qui retranscrit à merveille le rapport complexe que l'humanité entretient avec l'espace. Un film qui parvient à jongler sans fausse note entre le gigantisme et l'intimiste, entre le divertissement et la réflexion grâce à une mise en scène captivante de James Gray et une interprétation remarquable de Brad Pitt. Un superbe récit finalement entaché par une fin qui a vraiment du mal à convaincre...

On a aimé

  • Un univers fort sublimement mis en valeur
  • Une mise en scène grandiose
  • Un Brad Pitt 4 étoiles

On a moins bien aimé

  • L'histoire des surcharges confuse
  • Une fin accompagnée d'un léger syndrome du "tout ça pour ça"
  • Le film porte encore les stigmates de sa production compliquée

Acheter le Film Ad Astra [2019] en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Ad Astra [2019] sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+