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Critique du film : Tale of Vampire [1992], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 3 décembre 2009 à 17h33

Vampire intime

En pleine vague bit-lit, ce genre populaire qui fait découvrir au grand public le mythe vampirique sous son aspect le plus mièvre... euh, pardon, fleur bleue, et le plus innofensif, j'ai décidé il y a peu de marcher à contrecourant et d'orienter mes choix vers des oeuvres dans lesquels Dracula et Nosferatu n'auraient pas été relookés par la descendance "gothique" de Barbara Cartland et Danielle Steel. Mes yeux se sont alors posés sur Tale of a Vampire, un DVD datant de 1992 qui dormait depuis des éons dans les linéaires de ma vidéothèque. La jaquette, repoussante, m'avait, jusqu'à ce jour, empéché de pratiquer toute tentative de visionnage mais un rapide survol du programme télé du soir, au vide abyssal, a fini par me décider à tenter l'expérience.

Tourné essentiellement à Londres, Tale of a Vampire est un film de Shimako Sato, le futur réalisateur des Eko Eko Azarak, série de films bien connus des amateurs d'horreur à base de japanese schoolgirls. Sa principale particularité est de nous proposer la vision d'une créature de la nuit dépourvue de longs crocs, une curiosité conceptuelle qui fait que, pendant une petite partie du métrage, l'on en vient à douter de la véritable nature vampirique d'Alex, interprété par le mystique Julian Sands. D'ailleurs, pour en revenir à cette histoire de castration (priver un vampire de ses canines surdimensionnées, ou de ses incisives, c'est un peu comme priver tout un chacun de son organe viril, non?), j'ai trouvé l'éternel dandy assez doué pour parvenir, avec une grande précision, à pratiquer sur ses victimes de discrètes incisions alors qu'il mord leur cou à pleines dents. Curieux, j'ai essayé la technique sur une cuisse de poulet, ce fut un massacre. Il doit avoir une technique très élaboré, c'est sûr.

Bref, si au début du métrage, l'on peut prendre le timide Alex pour un simple psychopathe fan de l'œuvre de Bram Stoker, le doute est ensuite levé par l'introduction d'une série de flashbacks, se déroulant en pleine période victorienne, qui nous conte l'amour du même Alex pour la belle Virginia. Une Virginia qu'Alex, toujours aussi fringuant un siècle plus tard, croit revoir aujourd'hui sous les traits d'Anna, sa collègue de travail à la bibliothèque. Commence alors une intrigue amoureuse faite d’atermoiements, de désir et de crainte entre les deux personnages principaux, arbitrée par un mystérieux personnage qui semble en connaître beaucoup sur les us et coutumes vampiriques.

Au niveau narratif et esthétique, Tale of a Vampire est une intéressante expérience alchimique visant l’improbable fusion entre gothisme contemplatif classieux et expressionnisme à l’allemande. Avec sa photographie pastel, son rythme cotonneux, ses dialogues à voix basse, ses jeux d'ombres forcés, sa mise en scène calculée et son économie gestuelle dans le jeu des comédiens, le film de Shimako Sato apparait un peu comme un rêve éveillé, une sorte de songe romantique feutré où seul l'écarlate, fruit des morsures amoureuses ou nourricières d'Alex, tranche par moment. Visuellement, c'est vraiment superbe et ciselé à l'extrême. Le seul problème, et pas des moindres, est que, contrairement à ce que l'on aurait été en droit de s'attendre, le résultat n'est ni sensuel, ni érotique... juste tiède et distant. A la manière d'un beau tableau sans âme. On est bien loin, par exemple, de la force émotionnelle des films de Werner Herzog.

La faute (puisqu'il faut bien chercher une raison) en revient peut-être au scénario, absolument vide de substance (le comble pour un film de vampire). En effet, en dehors du jeu de séduction entre Alex et Anna et les intrigues du mystérieux Edgar, tout n'est que monotonie et redondance avec une intrigue qui à force de s'étaler sur la durée, dévoile tristement ses limites dramatiques. On assiste ainsi à plusieurs séquences de rendez-vous au restaurant (ou dans un salon de thé), aux déroulements quasi identiques, si mous que de contemplatif le film finit par tourner à insipide (pas tout le monde n'a le talent de Terrence Malick).

Reste que dans le rôle d''Alex Warlock, vampire poète romantique, Julian Sands est absolument parfait. Suzanne Hamilton, dans le double rôle Virginia/Anna, s'en sort également très bien. Ces deux éléments, importants puisqu'ils consistent le centre de gravité du récit, ajoutés à la beauté visuelle de l'ensemble, font qu'au final Tale of a Vampire réussit à attirer notre attention durant 90 minutes.

La conclusion de à propos du Film : Tale of Vampire [1992]

Nicolas L.
50

Marquant visuellement, assez intéressant conceptuellement, bien interprété par un couple de comédiens talentueux et atypiques, Tale of a Vampire est un spectacle intéressant qui pèche par un manque de matière dans son intrigue et un déficit émotionnel. La flamme du récit finit par faire long feu, laissant seul le spectateur devant de jolies images.

Que faut-il en retenir ?

  • Visuellement réussi
  • Une réalisation personnelle
  • Bonne interprétation

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue ténue
  • Un récit qui finit par perdre en intérêt

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