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Critique du film : Répulsion [1965], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 17 mars 2011 à 19h35

Loft Psycho

Carol, une timide et ravissante jeune femme,  occupe ses journées avec son emploi de manucure et des heures de solitude dans l'appartement qu'elle partage avec Helen, sa soeur aînée, y observant souvent des nonnes jouant dans la cour du couvent voisin. Cultivant un véritable dégoût du contact charnel, terrifié par les hommes, cette femme à l'équilibre psychologique fragile va voir son sécuritaire quotidien contrarié quand Helen entame une liaison avec un homme marié...

Répulsion est considéré par les cinéphiles comme le premier film de la "trilogie des appartements" de Roman Polanski (suivront Rosemary's Baby et Le locataire). Réalisé en 1965, dans un noir et blanc quasi documentaire, il se pose comme un film d'horreur psychologique ayant pour thème la descente aux enfers d'une jeune schizophrène qui va la conduire à la démence et au meurtre. Le récit peut être découpé en deux actes bien différents par leurs styles narratifs. Le premier, extrêmement statique (jugé même par beaucoup comme ennuyant), nous invite à suivre le quotidien de cette belle jeune femme qui attire le regard des hommes mais qui, loin d'en tirer bénéfice, n'éprouve à ces attentions qu'une répulsion maladive (elle va même jusqu'à jeter aux ordures les affaires personnelles de l'amant de sa soeur, comme s'il s'agissait d'objets répugnants). Durant cette première partie, on découvre le quotidien terriblement monotone et dépressif de Carol,  femme dont l'introversion se situe aux frontières de l'autisme. Puis, dans la deuxième partie, quand Carol sombre dans la démence, le film bascule dans l'horreur pure, avec son lot d'hallucinations et de cauchemars éveillés, comme lorsque Carol revit toutes les nuits une imaginaire scène de viol. L'élément charnière qui effectuent la transition entre ces deux parties bien distinctes est sa rencontre avec deux hommes: Colin, un aimable jeune homme qui tente de la séduire, et Michael, l'amant de sa soeur (entendre le couple faire l'amour dans la chambre voisine à la sienne est pour elle un véritable supplice). Deux facteurs sociaux qui vont stimuler sa sexophobie et son dégoût du masculin jusqu'à la faire définitivement basculer dans la folie hystérique.

Afin de bien nous faire ressentir le caractère très particulier de l'état psychologique de Carol (sans toutefois nous en expliquer son origine), Roman Polanski s'est penché à construire un film au rythme pesant et quasi contemplationniste, fort de nombreux plans serrés portant sur le regard absent (mort?) du personnage. De longs plans fixes d'exposition sur un individu étrange, ou une caméra épaule suivant lentement ses déplacements dans les rues londoniennes, qui contribuent à générer et entretenir une sensation de malaise (avec une pertinente utilisation d'une BO jazz composée par Chico Hamilton et Gabor Szabo). Difficile d'oublier ces enchaînements de plans cadrant Carol, assisse sur un banc de jardin public, le regard fixe posé sur le sol et ceux où on la voit, recluse dans son appartement, recroquevillée en état cataleptique près d'une table sur laquelle sont posés les restes d'un lapin (dont le progressif processus de putréfaction marque les étapes de effondrement psychique de Carol). Le tournage en noir et blanc, qui joue sans cesse des ombres et des lumières, achève de donner à l'ensemble une esthétique privée de toute joie de vivre. Très habile dans sa mise en scène, le cinéaste nous surprend alors par de brusques changements dans l'environnement sonore (excellemment bien calibré, et étalonné sur les ressentis de Carol) et nous abreuve de symboles, comme les terrifiantes fissures dans le mur, hallucinations qui représentent bien sur le délabrement de la santé mentale du personnage.

Force, toutefois, est de reconnaître que l'efficacité horrifique de Répulsion est inférieure à celle de Psychose, film auquel l'oeuvre de Polanski a été inévitablement comparée (mais qui finalement se trouve être quand même bien différente, notamment pas son aspect moins subjectif).  Les raisons sont facilement identifiables.  Le scénario, tout d'abord, qui présente une intrigue somme toute assez simple et qui, par conséquent, ne surprend guère - d'autant plus que le récit est dépourvu d'enjeu. Ensuite, comme précisé plus haut, par sa lenteur et son manque de matériaux narratifs, la première partie, si elle est très utile pour bien appréhender la détresse psychique de Carol, ne pourra captiver que les amateurs de techniques cinématographiques élaborées (le magnifique zoom arrière du plan d'ouverture), laissant les autres dans l'ennui. En fait, on pourrait même dire que le film aurait été un spectacle sans grand intérêt... s'il n'y avait eu Catherine Deneuve!

Loin du rôle de froide séductrice qu'elle interprétera souvent par la suite, la future star incarne ici un étre asexuel avec une impressionnante maîtrise, en usant d'un langage gestuel absolument époustouflant. Il serait certes injuste de totalement négliger l'influence de la mise en scène de Roman Polanski sur la réussite de sa performance mais il est aussi difficile d'imaginer qu'une autre actrice puisse prendre le rôle de Carol sans que l'efficacité du film s'en voie amoindrie. Faire croire que l'on est irremplaçable, pour une comédienne de son age (elle a juste 22 ans à l'époque) est un extraordinaire exploit! Aujourd'hui encore, lorsque l'on se penche à analyser son jeu, l'on est totalement subjugué par la justesse de ses regards et la portée de ses moindres gestes. Les détracteurs en accord avec ce fait argumenteront également que c'est heureusement, tant les rôles secondaires, interprétés par des comédiens de qualité (Yvonne Furneaux, Ian Hendry, John Fraser) manquent de profondeur et de relief. Ils n'auraient pas vraiment tort car Roman Polanski les a un peu négligé, probablement trop attaché à mettre en relief les souffrances de son personnage principal. On ne lui en voudra pas.

La conclusion de à propos du Film : Répulsion [1965]

Nicolas L.
75

Porté par l'extraordinaire performance d'acteur de Catherine Deneuve, Répulsion est un captivant thriller psychologique à fortes tendances horrifiques dans sa deuxième partie. Certes, le film n'est pas dénué de quelques défauts, comme une première partie très lente, un scénario assez basique et des seconds rôles trop négligés, mais Roman Polanski, en faisant preuve d'une grand maîtrise dans la mise en scène et dans la gestion de l'environnement musical et sonore, parvient à créer ici une véritable et très efficace atmosphère angoissante.

Que faut-il en retenir ?

  • Maîtrise et précision de la mise en scène
  • Environnement sonore et musical très efficace
  • Catherine Deneuve, extraordinaire.
  • L'entretien d'une ambiance oppressante

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario assez basique
  • Des rôles secondaires négligés
  • Une première partie peu passionnante

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