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Critique du film : Splice [2010], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 1 juillet 2010 à 14h01

Bancal, mais malgré tout intéressant...

Après un Nothing aussi inabouti que vraiment pas drôle - le comble pour une comédie ! - Vincenzo Natali revient finalement au genre dans lequel il excelle : le thriller sf. Avec sa filmgraphie classieuse - Cube et Cypher - le réalisateur canadien s'est désormais imposé dans la catégorie des réalisateurs à suivre ; et, reconnaissons le, que l'on aime ou pas ses oeuvres, on ne peut qu'admettre que ce dernier possède le truc pour optimiser au maximum un budget et lui tirer le maximum de ce qui peut être visible à l'écran. C'est ainsi une nouvelle fois la cas avec son quatrième long-métrage, Splice, qui, malgré la présence en tête d'affiche de l'oscarisé Adrien Brody et le crédit en tant que producteur exécutif de Guillermo Del Toro, n'est finalement qu'une petite coproduction canadienne. Splice n'est donc pas un gros blockbuster, et ne pouvait matériellement pas prétendre à être un film de monstre traditionnel, avec déferlante d'effets spéciaux et jets d'hémoglobine.

Mais peu importe, car Vincenzo Natali a d'ores est déjà prouvé qu'il sait comment optimiser un scénario afin qu'il entre parfaitement dans des cases budgétaires étroites. Au final, Splice tire donc ses plus grande forces de toutes les faiblesses inhérentes à son petit budget : ce qu'il perd en spectaculaire, il le gagne en originalité, et, ce faisant, tout ce qui peut l'éloigner des stéréotypes de films de monstres traditionnels ne font que renforcer l'intelligence de son scénario et de ses thématiques. Bien sur, on pourra toujours légitimement pester contre une bande-annonce viciée qui donne une fausse idée du rythme du film - très lent, un paradoxe quand on voit le trailer épileptique - risquant, de fait, de ne pas réussir à attirer dans les salles obscures le bon public. Splice n'est ainsi pas un Alien-like, il ne ressemble pas non plus à la Mutante (ouf) et ne possède pas le visuel crade et les séquences gores de La Mouche. En réalité, Splice est d'ailleurs un drame, et ce bien plus qu'un thriller.

Ainsi, en prenant comme base un pitch éculé au possible (les expériences génétiques avec de l'ADN humain), et en jouant dans un premier temps sur les archétypes et les effets faciles (l'apparition de la créature et son agressivité première), Vincenzo Natali pose consciencieusement, presque scolairement, toutes les bases du film de monstre. En emmenant dans un premier temps le spectateur dans cet univers connu aux ficelles scénaristiques grossières, il prépare astucieusement le revirement de situation que va subir le film passé son premier quart : inversant tout d'abord les rôles (la créature devient une victime des humains), il réussit tout doucement à placer le monstre en plein milieu du couple de scientifique l'ayant créé. A ce moment, Splice n'a définitivement plus rien de spectaculaire, et le film entier se focalise sur les effets de cet apport au sein du couple, mettant au second plan l'aspect déontologique et tout ce qui peut tourner autours de attributs dangereux de la créature.

Les thématiques émaillant Splice sont très nombreuses, chaque fois finement traitées et amenant naturellement à d'autres sujets de réfléxion tout aussi riches. Le scénario se sert de l'évolution de la créature et les changements de perception que celle-ci subit tout au long du long-métrage pour poser ses principaux questionnements. De sa forme animale (légitimité de ces expériences), la créature évolue pour s'apparenter à une enfant (faisant passer les deux personnages principaux du statut de scientifiques à celui de parents), avant de définitivement se personnifier en acquérant un prénom (Dren), puis grandir jusqu'à sa taille adulte et se sexualiser petit à petit. C'est d'ailleurs dans cette dernière phase que le film pousse les choses le plus loin, de manière aussi dérangeante que fondamentalement intéressante, Dren se retrouvant coincée entre le personnage de Sarah Polley, avec qui elle a une relation filiale, et celui d'Adrien Brody, qui, au contraire, ne la considère pas comme son enfant.

Splice s'avère donc sur le fond totalement passionnant, Vincenzo Natali ayant réussi à ne pas tomber dans le travers de questionnements scientifiques aussi clichés que sans intérêts. Sur la forme, cependant, le script souffre de deux grosses lacunes plus ou moins handicapantes. La première se trouve dans un début poussif qui peine à lancer l'histoire de manière convaincante ; peut-être parce que Natali s'y plait à jouer avec les clichés, cette introduction peine à réellement bien fonctionner. Beaucoup plus génant est l'épilogue raté qui sert de conclusion au film. Un peu comme si personne n'avait su comment finir le long-métrage - désormais totalement enfoncé dans le drame - Splice ne bénéficie pas d'un climax à la hauteur des enjeux développés pendant le film ; en lieu et place se trouve un final grotesque qui n'est pas sans rappeler le retournement de situation qui avait plombé la réussite de Jeepers Creepers (vous savez, quand le Creepers sort sa hache et se met à faire du kung-fu)

Derrière la caméra, Vincenzo Natali confirme tout le bien que l'on pouvait penser de lui, mais tout en devenant de plus en plus prisonnier des faiblesses déjà présentes dans ses autres long-métrages. Ainsi, il réussit une nouvelle fois à instaurer une excellente ambiance dans son film, sans pour autant se reposer sur ses acquis (rien à voir avec l'ambiance claustro de Cube ou celle aseptisée de Cypher) ; formellement, d'ailleurs, sa réalisation reste aussi discrète qu'efficace. Seulement à côté de ça, Natali peine sérieusement à faire naître de l'émotion lorsque le film vire au drame. Cette absence de puissance émotionnelle et le manque d'empathie pour les personnages étaient d'ailleurs déjà présentes dans ses trois précédentes oeuvres, mais ne jouaient pas contre l'efficacité d'un scénario dont l'intérêt se trouvait ailleurs ; Splice, malheureusement, aurait beaucoup mieux fonctionné si l'on avait pu ressentir quoique ce soit vis à vis de ce qui était montré à l'écran, ce qui n'est ici malheureusement pas le cas.

A la décharge du réalisateur, reconnaissons que l'interprétation n'est pas le point fort de Splice. Capable du meilleur (Oxygen) comme du pire (Giallo), Adrien Brody est ici juste moyen ; non pas que son interprétation soit désastreuse, mais son jeu sous prosac rend son personnage aussi mou que profondément agaçant. A ses côtés, Sarah Polley déçoit, elle qui avait réussi à imposer un vrai personnage de femme forte dans L'Armée des morts de Zack Snyder, n'arrive pas à réitérer l'exploit et livre un personnage effacé qui, elle aussi, manque cruellement d'énergie. Outre la traditionnelle prestation de David Hewlett (qui, malheureusement, n'a le droit qu'à un personnage sans intérêt), c'est Delphine Chaneac qui, dans le rôle de Dren, livre l'interprétation la plus convaincante, et ce sous un maquillage pas vraiment évident ; quelque part, elle fait beaucoup penser à ce qu'avait fait Helena Bonham Carter dans la la Planète des Singes, dans cette façon de rendre la monstruosité vraiment belle.

Reste, enfin, à dire que techniquement, et compte tenu dans son faible budget, Splice est loin d'être honteux. Certes, le film ne s'apparente pas à un déballage d'effets numériques de toute beauté, et les décors utilisés sont parfois très cheap, mais le manque d'argent ne fait jamais défaut au scénario. En étant un minimum tolérant avec quelques inscrustations malfroites, le long-métrage peut s'apparenter à un beau succès, notamment dans les designs de la créature. En concentrant l'action dans deux lieux uniques (un laboratoire et une grange), Natali s'est autorisé quelques coquetteries fort sympathique, notamment en jouant avec les filtres de la photographie. Tetsuo Nagata a ainsi mise en place deux ambiances : l'une très bleutée, et très froide, dans la partie laboratoire, l'autre plus chaude, tirant sur des teinte de vert et de jaune, dans la partie habitations. A noter également, pour les fans du réalisateurs, une cohérence formelle appréciable avec ses autres longs-métrages (fondus au blanc, quelques plans type, etc.).

La conclusion de à propos du Film : Splice [2010]

Vincent L.
70

En dépit d'un début quelque peu poussif, et malgré un épilogue vraiment raté, Splice demeure tout de même un film réellement remarquable, grâce à l'intelligence de son propos, mais également dans sa manière de sortir des sentiers battus inhérents au genre hyper-balisé du "film de monstre". Le résultat final s'avère donc formellement très bancal, mais demeure pourtant suffisamment riche et prenant pour faire passer au second plan ses nombreuses imperfections.

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire qui sort des sentiers battu,
  • Un scénario surprenant,
  • Des thématiques intelligentes,
  • Une excellente ambiance,
  • Techniquement pas honteux,
  • Le générique de début (pour les fans de générique).

Que faut-il oublier ?

  • Un début poussif,
  • Un épilogue raté,
  • Peine à faire naitre de l'émotion,
  • Casting un brin décevant.

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