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Critique du film (direct to vidéo) : Demon-Terror [2001], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 22 décembre 2007 à 15h37

Terreur sur Z Island

A bord d’un navire de guerre modélisé sur un antique Atari ST, un vieux loup de mer se bourre la gueule en traquant des rats, une femme se tripote dans un sauna de 3 mètres de plafond et un couple se relaxe dans sa cabine – monsieur traçant invariablement les mêmes coordonnées sur une carte marine. En même temps, sur le continent, un trio de gangsters attaque une banque à Vérone dont l’intérieur n’est pas plus grand que mon placard à balais et fuit en prenant en otage une blonde qui exprime sa frayeur au rythme d’un cri d’horreur préenregistré. Puis, enfin, dans une chambre, un couple fait l’amour quand soudainement une croix fixée au mur se retourne, une perceuse traverse le matelas - et la poitrine du type par la même occasion - et un tentacule visqueux se pointe pour investir les orifices désormais disponible de la jeune fille.
Ah oui, du tentacule, parlons-en tiens ! Bien évidemment, vous l’avez compris, Andreas Bethmann nous propose là une symbolique phallique tout ce qu’il y a de plus commun… sauf que ce machin ressemble plus à un interminable étron qu’à l’outil démesurée d’un hardeur mutant. Ce tentacule va d’ailleurs faire aussi un tour du coté du navire, en étranglant le vieux marin tout en le défigurant à grand renfort d’éjaculation acide (à ce propos, vous remarquerez que si le visage fond sous l’effet de l’acide, le bandeau qu’il porte sur l’œil ne subit aucun dommage…) puis en interrompant de manière définitive l’onanisme de la femme du sauna. Puis, le bateau de guerre coule…

Fais pas le malin, p’tit, t’as compris?

Vous allez me dire : quel rapport y-a-t-il entre tous ces personnages, hormis le fait qu’ils sont attaqués par le même caca-phallus géant ? Ben… en fait, je n’ai pas tout pigé (le réalisateur non plus, j’en suis presque certains). Tout ce que l’on arrive à comprendre, c’est que tout ce beau (bof) monde se retrouve sur une île inhabitée et occupée par un démon. Si la démarche est assez compréhensible pour ce qui est des naufragés (qui arrivent en ce lieu soit par une ellipse inexplicable soit sur un bateau pneumatique pour plagiste) et des gangsters en cavale (qui arrivent par hors-bord), on ne pige pas comment le couple de la chambre puisse s’y trouver étant donné que l’île se veut complètement abandonnée.
Une fois sur l’île, les personnages vont se transformer en démons-zombis. Des créatures horribles équipés de râteliers en plastique un peu tordu en guise de crocs et au corps affreusement barbouillé de rouge. Ces monstres vont alors attaquer les humains qui passent à leur portée. Leur méthode est simple et efficace. On commence par envoyer aux futures victimes des images spirituelles du monde des démons, dans lequel un méli-mélo de visages grognants, de tentacules lubriques et de mèches de perceuse s’amusent avec des intimités féminines. Ces quelques plans à l’érotisme poussé (une scène de pénétration sera le seul élément « hard » du film, le reste étant des simples expositions de sexes féminins) suffisent à ébranler le stoïcisme du personnage qui se voit ensuite croqué (enfin, Andreas Bethmann veut nous le faire croire mais les comédiens démons sont très gênés par la présence des dents en plastique) dans des gerbes de jus de to… euh… de sang.
47, 48, 49, 50… ça y est, tu es cache?

Andreas Bethmann a la fâcheuse habitude de prendre les amateurs de gore (et parfois de porno-gore, mais ce n’est pas le cas dans ce film) pour des crétins. Cet homme est assurément plutôt doué dans la tenue d’une caméra et les choix de prise de vue, mais tout le reste de ses performances cinématographiques relève de la fumisterie la plus odieuse. Dans Demon Terror, il ne prend même pas la peine, par exemple, d’écrire un scénario, ou, s’il a bien été écrit (sur une boîte d’allumettes probablement), de le respecter. Conséquence ? La narration est bourrée d’incohérences, les personnages arrivent sur les lieux comme un cheveu dans la soupe, on ne connaît rien de leur motivation, bref, c’est un n’importe quoi à peine supérieur aux hésitations potaches d’un film d’ados shooté à l’arrache en mini-DV. Cette impression de je-m’en-foutisme est de plus appuyée par les tonnes de faux-raccords qui donnent au film un air de quizz pour apprenti-cinéaste… la script-girl (si il y avait, ce dont je doute) devait soit être complètement bourrée durant toute la durée du tournage, soit dyslexique.
Mais le pire ne vient pas de ces carences, pourtant criantes ! Cela peut paraître incroyable, je sais, mais c’est finalement le montage qui prive le spectateur de toute envie, notamment celle de tenir jusqu’à la fin du film. Un montage qui accumule en moins de 90 minutes tout ce qu’il ne faut pas faire pour éviter de casser un fil narratif et mettre en l’air un rythme. Les plans sont soit trop longs (notamment dans l’exposition d’effets spéciaux ratés !) soit trop courts (surtout quand il s’agit d’un panoramique inachevé !), les champs contre champs s’enfilent de manière chaotique, entrecoupés de zooms interminables à la Jess Franco des mauvais jours, les superpositions d’images piquent les yeux et sèment le trouble. Bref, c’est la catastrophe…
Maman! Je n’ai rien aux dents!!

Au niveau des effets spéciaux, au regard du budget extrêmement restreint, il n’y a presque rien de honteux. Seuls les effets numériques du début avec ce navire (de guerre ?!) grossièrement modélisé (il aurait mieux fallu filmer n’importe quel bateau à l’occasion d’une balade en mer que ce truc vraiment nul) et une exécution de poupon en plastique (lors de la séquence du braquage de banque) sont totalement ridicules. Les maquillages ne sont pas terribles mais s’ils avaient été mieux introduits dans le film par un montage plus judicieux, la pilule serait mieux passée. Mais bon, de ce point de vue technique, il n’y a rien de scandaleux. Autre satisfaction, le choix d’accompagner le film d’une musique death metal bien appropriée. Cette initiative apparaît d’ailleurs comme étant la seule bonne idée de ce Demon Terror.
Enfin, pour ce qui est de la prestation des comédiens, vous vous doutez bien que cela n’est guère la panacée. En effet, de tout ce casting, seule Katja Bienert semble être une professionnelle. Mais, en dehors de ce fait, toutes les actrices ont un point commun : elles sont soit très moches, soit pas du tout mises en valeur - soit les deux réunis bien entendu. L’exemple flagrant est celui de Katja - qui un pris pas mal de poids depuis Eugénie (c’était en 1980) - qui se voit affublé d’un bikini une taille trop petite, ce qui ne manque pas de faire ressortir ses disgracieux bourrelets. Et cet « inesthétisme », en fait, ne correspond pas du tout au style recherché par Andreas Bethmann, qui voudrait nous plonger dans l’univers des scream-queen érotiques - d’autant plus que ces filles apparaissent très souvent complètement à poil. Navrant. Franchement, herr Bethmann, ce n’est pas parce que l’on désire faire apparaître à l’écran des filles à la « beauté » naturelle qu’il faut verser vers la gérontophilie !
Y’a pas à tortiller, chez les demons on mange bien…

La conclusion de à propos du Film (Direct to Vidéo) : Demon-Terror [2001]

Nicolas L.
15

Andreas Bethmann est l’un des rares cinéastes indépendants européens à considérer très sérieusement son cinéma. C’est cet aspect qui fait sa force mais surtout sa faiblesse. En effet, dans un registre comique, son Demon Terror aurait peut-être pu passer, et même plonger dans le catalogue Troma, mais là, pour le coup, avec cette approche dramatique du sujet et son traitement lamentable techniquement et artistiquement, le film devient carrément insupportable. Personnellement, malgré toute mon endurance, j’ai eu un mal fou à tenir jusqu’au bout…

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques plans sympas
  • Vive le cinéma indépendant européen (sic)
  • Une musique death metal appropriée

Que faut-il oublier ?

  • Scénario rachitique et incohérent
  • Festival de faux raccords et d’erreur de script
  • Montage catastrophique
  • Effets speciaux médiocres
  • Filles moches et érotisme foireux.

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