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Critique du film : The Woods [2007], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 19 janvier 2007 à 15h21

L’Appel de la forêt…

Heather est une adolescente à problèmes qui se retrouve placée par sa famille dans une luxueuse institution de jeunes filles. Etablie dans cette région retirée, entourée par les bois, ce pensionnat est dirigé par une équipe de professeurs essentiellement composée de femmes acariâtres et vindicatives….
Réalisé par l’américain Lucky McKee, The Woods est à la fois un éblouissant patchwork référentiel et un film personnel. Dés les débuts de cette aventure magique et dramatique, initiée sous le signe du feu purificateur, une petite musique bien rétro nous amène au cœur des années 60, dans un coin perdu de l’Amérique qui sent à plein nez le puritanisme, l’hypocrisie et la mascarade . Cette ouverture, résolument destructrice, annonce la couleur : The Woods sera une œuvre noire, noire comme les sang des sorcières…

Histoire de filles, fantasme de mec...

A partir de ce moment, le feu d’artifice commence… avec des tirs plus ou moins réussis. C’est normal. Lorsque l’on expérimente une nouvelle chorégraphie, certains pétards peuvent faire long feu. On passe donc un peu de Charybde en Scylla, de la superbe séquence de la pendaison à la trop convenue dispute de cantine, ou de l’intime mais terrifiant entretien psychologique (face à face entre miss Traverse et Heather) à l’haletante course dans des bois hantés. Rien de bien révolutionnaire en soi, me direz-vous. C’est vrai, dans le fond, vous avez raison. Mais, une fois plongé dans l’intrigue, le cinéphile, constamment secoué émotionnellement par ce va et vient rythmique et narratif, finit par se moquer comme de sa première chaussette de retrouver au gré des scènes des références à Suspiria, Phenomena, Evil Dead, Les Yeux de la Forêt ou bien Carrie. Bien au contraire, il finit par s’en délecter, tant la liaison alchimique entre ces différents éléments est réussie.
D’autant plus, que la « McKee Touch », celle de May et de son épisode de Masters of Horror(Sick Girl), est bien présente. Que cela soit du point de vue symbolique, avec un réalisateur toujours aussi intrigué par l’homosexualité féminine, que purement technique, avec la mise en forme de cet incroyable don de cadrage que possède le cinéaste. Car The Woods dresse une véritable galerie de portraits tous aussi passionnants les uns que les autres. Les mouvements de caméra, calculés au millimètre, accroche soit un regard, soit un tic ou un froissement de jupe, avec la même attention, la même passion maniaque. On en vient presque à sentir le souffle de vie, la respiration, des protagonistes.
Simple complicité?

L’émotivité de Lucky McKee, sa sensibilité, se retrouve notamment dans l’évolution des personnages féminins et le choix des comédiennes. L’actrice principale, Agnes Bruckner, qui incarne la jeune Heather est tout bonnement excellente, aussi convaincante que l’avait été dans May la géniale Angela Bettis (d’ailleurs, elle bénéficie un peu de la même morphologie, qui émane une grande fragilité et un sensibilité exacerbée). Mais le reste de la distribution féminine n’est pas en reste et mérite des éloges, notamment la très douée Patricia Clarkson dans le rôle difficile de miss Traverse, la directrice de l’école, et une redoutable manipulatrice.
Bruce Campbell, quand a lui, occupe quasiment le seul rôle masculin d’envergure du film. Il est présenté de manière nettement plus nonchalante, avec une importance dénigrée durant la majeure partie du métrage, et il fait plus office de chauffeur de taxi que de chef de famille. Avec son attitude goguenarde, l’acteur joue le jeu et va même s’amuser à nous sortir des clins d’oeil à Evil Dead, hache à la main. Son importance va augmenter de façon exponentielle lorsque le film va tirer sur la fin, véritable point faible du film. La fin… Il faut hélas en parler.
Quand y'en a marre...

Bâclé. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit. Car c’est de cela dont il s’agit lorsque l’on assiste à cette véritable débauche de plans horrifiques mal initiés. Peut-être victime d’un montage assassin ou de désaccords entre le réalisateur et la production, le film s’oriente dans son dernier quart dans un mitraillage de révélations suivi d’un expéditif nettoyage à la hache qui laisse le spectateur sur sa faim. Le problème majeur ne vient pas du changement de rythme – il est légitime de vouloir augmenter le climax dans les moments forts – mais plutôt la façon précipitée, voire bordélique, de le faire. On se demande même si le réalisateur était encore sur le plateau. La magie s’envole, le Buffy arrive… Vraiment dommage, on est passé à coté d’un chef d’œuvre.

La conclusion de à propos du Film : The Woods [2007]

Nicolas L.
75

Lucky McKee connaît ses classiques. Et non seulement il les connaît, mais de plus il les apprécie, en maîtrise les subtilités, et en tant qu’esthète, il a le don pour les magnifier. C’est ce qu’il a fait en partie avec The Woods, véritable épreuve pour un réalisateur qui a du affronter pour la première fois les dures exigences des studios. On sait aujourd’hui que le tournage a lourdement éprouvé l’honnêteté de ce jeune cinéaste idéaliste. Un dépucelage hollywoodien traumatisant qui a mis précocement un terme à une grande carrière. Une fin que j’espère provisoire tant le talent de Lucky McKee est criant de vérité et de spontanéité passionnée.

Que faut-il en retenir ?

  • Un grand sens du cadrage
  • Interprétation de grande qualité
  • Mine d’or référentielle
  • Atmosphère fantasmagorique perceptible

Que faut-il oublier ?

  • Une fin bâclée

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